JANVIER
L'espèce doit avoir plusieurs générations comme la L. Boideffrei; les deux chenilles ont les mêmes mœurs,
Je croyais la chenille de L. stolida suffisamment connue et décrite depuis longtemps, mais je m’apercois qu'elle ne paraît pas avoirété décrite autrement que par Lederer en trois lignes : « Die Raupe an Paliurus aculectus, schlank, 14-fussig, mit stark abgeschnürten Gelenken, leberbraun mit rothlichen Längsriefern, wenn die Farbe nicht etwa durch das Ausblasen verändert wurde,» (Wiener Monat., I, 63.)
Absent de chez moi au moment où je rédige cette note, je n'ai pas la chenille sous les yeux et ne puis en donner une description plus détaillée.
Catocala elocata, var. Oberthuri, Austaut. — J'ai trouvé en mai, sur Populus alba, une chenille de Catocala semblable à nos elocata de France; c'était sans doute celle dela Var. Oberthuri. ;
Apopestes (Spintherops) limbata, Star. — L’Acanthyllistragacanthoides, dont j'ai parlé récemment, à propos de la Pristoceranigrigranella, Rgt, nourrit une chenille d’Apopestes offrant une ressemblance frappante avec celle de l’Apopestes cataphanes. À cause de cette ressemblance, j'étais surle pointde la négliger, lorsque, réfléchissant qu'on ne doit pas toujours se fier aux apparencces, surtout dansune localité qu'on ne connait pas encore bien et parmi des espèces qu’on rencontre souvent pour la première fois, je recueillis plusieurs de ces chenilles en mars et avril et J'en obtins le papillon qui est, comme on sait, une espèce différente de Cataphanes.
Chênille mesurant 38 millimètres à peau tendue. Subcylindrique, peu atténuée aux extrémités, un peu reuflée aux segments 7-9, moniliforme, à divisions segmentaires, accentuées aux segments 4-9; arquées du segment &à 7; 11e un peu proéminent; couleur gris verdâtre, avec de nombreuses mouchetures et des lignes mal définies, maculaires brunes ; dorsale fine très interrompue, élargie au milieu des segments; sous-dorsales larges ou bandes inscrivant les trapézoïidaux ; stigmatales larges également, bordées inférieurement par une bandelette blanchâtre, partagée en son milieu par une ligne maculaire brune ; ventrale fine, assez nette et continue; verruqueux très petits, noirs, entourés de clair; les trapézoïdaux postérieurs accompagnés d'une grande tache blanc jaunâtre, anguleuse, surtout sur les segments 4-8 et le ile, poils noirs ; tête un peu plus petite que le premier segment, arrondie au sommet, faiblement aplatie en avant, gris clair, réticulé de brun, ocelles brun foncé, organes buccaux gris clair; écusson gris, avec des lignes brunes correspondant à celles du corps; clapet de même ; pattes écailleuses corné clair, membraneuses gris clair, à crochets brun roux, les deux premières paires de ventrales plus courtes.
Elle vit d’abord dans son jeune âge parmi les folioles de la plante; puis elle se cache au bas des tiges; sa présence se reconnait, quand on regarde le sommet des tiges et des feuilles vertes. Celles-ci sont dégarnies de leurs folioles et il ne leur reste plus que le rachis épineux. La chenille ne mange pas les petites pousses qui sont à l'aisselle des vieux rachis jaunes, mais les pousses terminales avec les folioles des rachis déjà développés.
Pour se métamorphoser elle se tisse au pied de la plante un léger cocon à claire-voie et entouré de débris de la plante nourricière. Il est cependant difficile à détacher, surtout lorsqu'il adhère à une tige.
Chrysalide brun rougeñtre; surface un peu pruineuse, à peine chagrinée sur le thorax et l’'andomen, lisse plutôt sur les ptérothèques, à nervures peu distinctes ; stigmates petits, brun foncé ; mucron court, arrondi, obtus, sillonné longitudinalement, brun noirâtre, terminé par quatre soies raides à crochets, rousses et convergentes.
Le papillon éclôt en mai.
La chenille avait déjà été élevée par Staudinger, sur l’Astragalus echinus, en mai.
Apopestes (Spintherops) rosea, Stgr. — Chenille mesurant 35-36 millimètres à peau tendue.Corpssubcylindrique, un peu aplati en dessous, arqué aux segments 4-7, très faiblement atténué à l'extrémité postérieure ; moniliforne, à divisions segmentaires assez profondes du 3e au 10e segment; couleur gris rougeâtre, avec une très fine ligne dorsale brune; bandes sous-dorsales brunes inscrivant les trapézoïdaux, sinuées, dentées et bordées de jaunâtre clair; bandes stigmatales semblables ; une fine ligne sous-stigmatale jaunâtre clair et une ventrale fine brun rougeâtre ; verruqueux saillants, comme tuberculés, gris rougeâtre, avec un très petit point brun au centre et poil blond roux; tête un peu plus petite que le premier segment, gris clair, légèrement rougeâtre et réticulée de brun, ocelles bruns ; écusson gris rougeñtre avec le commencement des bandes sous-dorsales et stigmatales brunes ; clapet brun; pattes écailleuses fortes, corné clair, rembruni aux extrémités des articles ; membraneuses fortes, gris clair, les deux premières paires de ventrales plus courtes, crochets brun rougeñtre; stigmates elliptiques, cerclés de noir, entourés de clair.
Elle vit en mars et avril sur des Salsolacées basses, Traganum nudatum, Delile, entre autres. Elle se fait un cocon à la base de la plante parmi les détritus.
Chrysalide brun cannelle; surface un peu pruineuse, lisse; nervures faiblement distinctés sur les ptérotheques ; stigmates étroits, non saillants, à peine plus foncés que la couleur du fond; mucron court, un peu en bec, sillonné longitudinalement, brun noirâtre et terminé par quatre soies rousses, alignées, convergentes ou contournées, et courbées en hamecon à leur extrémité.
Le papillon éclôt en mai.
Eucrostes halimaria, n.sp.—Envergure11-22 millimètres. Ailes supérieures courtes, triangulaires, un peu prolongées et aiguës à l’angle apical, très rarement arrondies chez quelques © © ; couleur vert très pâle, un peu bleuâtre généralement, avec la côte ocracé pâle ; lignes extrabasilaire, courbe et coudée sinuée très obsolètes, blanchâtres, le plus généralement tout à fait indistinctes, surtout chez les @ ©, bordées intérieurement par une ligne ou fine bande d’un vert plus foncé que le fond, parfois olivâtre ; point disco-cellulaire d’un vert également plus foncé et presque toujours visible; franges de la couleur des ailes et blanchâtres à l'extrémité.
Ailes inférieures de la couleur des supérieures, un peu blanchâtres à la base, avec la ligne faisant suite à la coudée, sa bordure et le point disco-cellulaire semblables à ceux des ailes supérieures.
Dessous des ailes soyeux luisant, d'un verdâtre plus pâle encore qu’en dessus et blanchâtre vers la base et le bord interne.
Tête blanc jaunâtre ou ocracé verdâtre pâle ; thorax de la couleur des ailes supérieures ; antennes du © pectinées ocracé rosàtre; palpes ocracé rosâtre; abdomen
blanc verdâtre; pattes antérieures ocracé rosàâtre aux cuisses; pattes postérieures blanc verdâtre.
L'œuf d'Eucr. halimaria est un ellipsoïde irrégulier, rétréci et comme tronqué au sommet, élargi à la base, très comprimé sur les côtés, avec une grande dépression centrale elliptique sur un côté; surface présentant de petites dépressions polygonales à peine creusées, formant facettes; couleur blanc légèrement verdâtre.
La petite chenille éclôt une douzaine de jours après la ponte. Elle est courte, de grosseur égale, un peu aplatie en dessous, à divisions segmentaires bien marquées; peau rugueuse; tête légèrement bifide, à lobes arrondis : premier segment ne paraissant pas avoir de pointes; couleur jaunâtre, plus clair -à la région stigmatale ; verruqueux indistincts; poils très courts, mutiques ou terminés en boutons; tête concolore, ocelles noirûtres, organes buccaux ferrugineux.
Adulte, elle est de taille très variable, 25 millimètres en moyenne, atténuée antérieurement, renflée et épaissie aux trois derniers segments; incisions des segments bien accentuées, segments un peu trapézoides, mais renflés en leur milieu ; peau rugueuse, granuleuse ; couleur variable : dessus vert cendré ‘ou rouge ou taché de rouge; le plus souvent marqué de traits obliques latéraux partant d'un assez gros point brun rougeñtre situé près de la dorsale vers la partie antérieure des segments et descendant jusqu'au-dessous de la stigmatale vers la partie inférieure du segment, formant ainsi sur les segments 3-10 des sortes de chevrons dorsaux ou de taches obliques et latérales également terminées en pointe inférieurement ; dessous blanc verdâtre clair; ligne dorsale très fine, bien visible seulement sur les quatre premiers et les trois derniers segments, interrompue sur les segments intermédiaires, n'apparaissant que vers les incisions sous forme de points ou de stries rouges ou rougeâtres; verruqueux très petits, noirs, entourés de brun ou de rougeûtre, avec poil blond; tête plus petite que le premier segment, cordiforme, un peu aplatie en avant, bifide, à sommet des calottes élevé et conique, ocracé rougeâtre ou rouge ou verdâtre ; ocelles noirs; épistome toujours plus clair; premier segment présentant quatre petites proéminences aux hords externes de l’écusson, les deux antérieures sont les plus grosses et arrondies ; pattes écailleuses et membraneuses toujours rouges ou roses, crochets des dernières gris brunâtre ; stigmates très petits, indistincts souvent.
Elle vit sur l’Atripleæ halimus, L.,une grande partie de l’année, surtout l’hiver etle printemps.
Chrysalide courte, un peu renflée au milieu, atténuée postérieurement ; gris. jaunâtre, plus foncé. sur les ptérothèques; surface très finement chagrinée ; nervures saillantes sur les ptérothèques; ligne noire sur la carène dorsale depuis le thorax jusqu’au pénultième segment; trapézoidaux marqués par un point noir très visible, les antérieurs plus gros, les postérieurs souvent obsolètes; stigmates très grands, noirs, accompagnés
des verruqueux supra- et infra-stigmataux très visibles ; mucron terminé par un bec ocracé jaunâtre, assez large, portant quelques soies raides, courbées en petit crochet à leur extrémité.
La nouvelle Eucrostes est voisine d’Eucr. herbaria, Hb.; 2Ille en diffère par sa teinte d’un vert bleuâtre qui rappelle celle de pulmentaria plutôt que celle d’herbaria;
mais cette teinte est très fugace et en peu de temps les , papillons pâlissent fortement; elle s'en distingue sur-
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tout par ses lignes transverses à peine indiquées, très fines, ombrées de vert foncé.
La chenille d'Eucr. halimaria offre également des différences avec celle d'Eucr. herbaria. Elle est plus robuste de beaucoup; sa granulation plus régulière; sa couleur d’un vert plus blanchâtre, cendré; sa dorsale, fine surtout sur les premiers segments, au lieu d’une bande étroite chez herbaria; ses stigmates sont d'une teinte claire bien nette au centre; enfin, elle est très souvent très coloréeen rouge; tête, pattes, ligne dorsale, région stigmatale, traits obliques latéraux formant chevrons, sont rouges ou roses, les verruqueux, le clapet, de même. Chez certaines herbaria, colorées à la tête, il n’y a que le sommet des calottes de rose; chez l’halimaria, tout est rose, sauf l’épistome.
L'Eucrostes halimaria doit avoir plusieurs générations successives. J'ai trouvé en effet chenilles et papillons de mars à juin.
(A suivre.) P. CHRÉTIEN.