‹ Le NaturalisteChapitre 14 sur 304 · DIVERS COLÉOPTÈRES EXOTIQUES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

DIVERS COLÉOPTÈRES EXOTIQUES NOUVEAUX

Cantharis (Telephorus) trimaculatus, n.sp.— Etroit, subparallèle, brillant, pubescent de gris, noir avec le devant de la tête, le dessous des premiers articles des antennes,

-la majeure partie basale des cuisses et partie des tibias

antérieurs d’un testacé pâle; prothorax testacé pâle, orné d’une bande médiane complète et, de chaque côté, d'une macule latérale, celles-ci noires ; dessous du corps foncé avec l’ahdomen bordé de pâle. Longueur 7 à 8 millimètres, Pérou : Callanga (coll. Pic).

Espèce facile à reconnaitre par son prothorax particulièrement marqué de foncé et pouvant prendre place près de sinuatus, Germ.

Pseudolycas uni[ormis, Pic, var.nigriceps. — Entièrement roux testacé, à l'exception de la tête en arrière et de la majeure partie du dessous du corps qui sont noirs. Chine : Yunnan (coll. Pic).

Atlecula (1) cinctipennis, n. sp. — Petit, assez allongé, diminué aux deux extrémités, brillant, pubescent de jaunâtre, densément ponctué sur l’avant-corps qui est roux, parties buccales et membres d’un testacé pâle, dessous du corps roux; élytres à stries nettes, ponctuées de points forts, largement, d’un roux obscur sur la suture cette bande suturale allant en diminuant postérieurement) et étroitement de même coloration sur les côtés, disque des élytres testacé pâle. Longueur 5 à 6 millimètres. Chine : Yunnan (coll. Pic).

Espèce des plus distinctes par son système de coloration ; peut se placer près de acicularis, Mars. :

Cistelomorpha obscuriceps, n.sp.—Modérément allongé, atténué aux deux extrémités, un peu brillant, jaune, avec la tête, les palpes, les antennes, les tibias avec les tarses et l’extrémité de l’abdomen noirs. Tête longue, prothorax assez court, un peu rétréci en avant, densément ponctué; élytres fortement strié-ponctués avec les intervalles plus ou moins convexes. Longueur 41 millimètres. Chine : Yunnan (coll. Pic).

Ressemble un peu à Potanini Heyd., mais coloration du dessous différente, élytres autrement ponctués, pattes bicolores, etc.

MAURICE Pic.

(1) Je profite de l’occasion offerte par la description d'une ‘espèce d’Allecula pour proposer un nom nouveau, celui de Cardoni, pour Allecula tennis Fairm (1894) primé par Allecula tennis, Mars (1876).

FAUNE MALACOLOGIQUE ARMORICAINE

La Notice très suggestive que notre distingué collègue, M. H. Coupin, vient de consacrer à la Faune malucolo= gique armoricaine dans le dernier n° du Naturaliste (n° 523, p.288),me remet en mémoire quelques Souvenirslointains qu'il n’est peut-être pas sans intérêt de rapporter ici.

Sans aucun doute, le massif des Coëvrons mériterait d’être étudié très attentivement sous tous les rapports; je l'ai exploré bien souvent daas ma jeunesse, et je me souviens d'y avoir observé une multitude de choses que je regrette aujourd’hui bien vivement den’avoir pas notées avec plus de soin.

Dans le petit bassin de dolomies cambriennes qui se développe notamment à Voutré, Assé-le-Bérenger et Saint- Georges-sur-Erve, les Clausilies sont très communes, il yen a au moins quatre espèces; il en est de même des Pupa.

À Voutré, l'Helix pomatia n’est pas rare ; mais il abonde réellement à Neau, Châtres, Saint-Christophe-du-Luat ; là, dans les anciennes carrières des fours à chaux, il m'est souvent arrivé d'en récolter plusieurs centaines dans l’espace de quelques heures. C’est là aussi qu'onpeut rencontrer Cyclostoma elegans.

Helix lapacida se trouve sur les vieux murs des fortifications, à Sainte-Suzanne; et il me semble bien avoir observé aussi cà et là Helix cornea.

La faune des cours d’eau, celle de l’Erve principalement, entre Voutré et Sainte-Suzanne, est certainement d’une très grande richesse; c'est là que Bourguignat à découvert l’Unio crassus. Aux déversoirs des moulins, c’est par milliers qu'on peut recueillir les Paludinés, les Cyclas, etc. ; je signale aussi, à Mézangers, dans l'étang de Gué-de-Selle, Anodonta cygnea de taille géante.

A une certaine époque, de 1855 à 1870, la faune malacologique de la Mayenne a été étudiée avec beaucoup de soin par le savant abbé F. Davoust, curé-doyen de Brulon (Sarthe); j'ai passé bien des beures dans la merveilleuse collection du presbytère de Brulon, et je me souviens d'y avoir vu, indiquées, un certain nombre de localités mayennaises.

L'abbé Davoust avait d'ailleurs dressé, pour les Moltusquesterrestres et fluvialiles de la Mayenne, un Catalogue qui ne fut jamais publié. Je possède une copie de ce Catalogue, où 102 espèces sont notées avec leur synonymie. Je vais demander à la nouvelle Société : Mayenne Science, de Laval, de vouloir bien accueillir ce Catalogue dansson Bulletin : les malacologistes régionaux trouveront là quelques faits précis qui pourront servir de guides pour les régions avoisinantes. J'ajoute qu'à la mort de l'abbé Davoust, sa précieuse collection passa à l'Université libre d'Angers; c’estlà qu’elle doit être encore, et qu’il est probablement toujours possible de la consulter.

M. le DJ. Goupil, du Mans, a également publié vers 1850 (?) une Histoire des Moltusques du département de la Sarthe, dans laquelle — si mes souvenirs ne me trompentpas — quelques localités mayennaises limitrophes sont également citées. Cet opuscule, déjà très rare il y a 30 ans, serait certainement utile à consulter, puisque la bordure orientale du massif armoricain vient buter contre les calcaires jurassiques du bassin de Paris, un peu au delà des limites administratives de la Mayenne.

A ce propos, je me permettrai d'apporter une très légère

rectification à la note de M. Coupin; jusqu'ici, que je |

sache, — sauf tout à fait à la bordure méridionale, où un bras de la mer liasique a pénétré dans une étroite échancrure des phyllades vendéennes, — on n’a rencontré aucun autre dépôt secondaire dans lemassif armoricain; mais Ce point de vue n’a presque pas d'importance pour le sujet qui nous occupe, et je n’en suis pas moins convaincu, avec mon honorable collègue, que la faune malacologique armoricaine réserve de nombreuses et intéressantes surprises à ceux qui voudront bien en entreprendre l’étude méthodique.

Page 1