‹ Le NaturalisteChapitre 130 sur 304 · punctata, Linné. Lac. loc. cit., 1, p · texte numérisé non relu

punctata, Linné. Lac. loc. cit., 1, p

Ponte. — Xambeu, 9° mémoire, 1898, p. 6.

En août, a lieu sur l’asperge sauvage qui buissonne si bien sur nos coteaux bien insolés ; le rapprochement des deux sexes, l’accouplenient, se fait par superposition, le mâle dessus; toute une journée y est consacrée ; une fois fécondée, la femelle procède au dépôt de sa ponte, elle gagne à cet effet le grain d’asperge le plus voisin, dépose un premier œuf, passe à un autre grain, pond un autre œuf, la ponte se continuant ainsi fruit par fruit, jusqu’à épuisement de l'ovaire : le point d'impact du dépôt de l’œuf est facile à reconnaître par sa teinte blanchâtre tranchant bien avec le vert tendre de la baie; il éclôt en peu de temps.

Œuf. — Longueur 1 millimètre, diamètre 0 mill, 2.

Allongé, fusiforme, jaunâtre, lisse et luisant, très finement pointillé, ridé, à pôles arrondis, plus atténué à l’un des deux bouts qu’à l’autre, à coquille résistante.

Quatre à cinq jours après le dépôt de la ponte, a lieu l’éclosion; la larve gagne aussitôt l’intérieur de la pulpe, s’installe dans ce milieu nourricier, où elle sera ainsi à l'abri et où elle se développe jusqu’à sa complète croissance.

Larve. — Longueur 10 millimètres, largeur 4 millimètres.

Corps en ovale allongé, mou, charnu, brunâtre, lisse et luisant, fortement ponctué, couvert de courts cils roux et de plaques noires, fortement convexe en dessus, dé-

(1) Voir Le Naturaliste, n°° 533 et 534.

primé en dessous, à région antérieure arrondie, la postérieure subatténuée et bimamelonnée.

: Tête petite, hémisphérique, cornée, jaune d’ocre, lisse ‘et luisante, finement ponctuée, avec courts ciis roux épars et taches sous-cutanées brunes, ligne médiane bifurquée en deux traits flaves; deux fovéoles en arrière de la lisière frontale qui est échancrée; ép stome large, noirâtre, labre large, échancré, biiacisé, faiblement frangé; mandibules courtes, rougeâtres, à bout noirâtre quadridenté, les deux dents latérales les plus courtes; mâchoire à lobe petit, noirâtre, faiblement frangé, palpes de quatre courts articles brunâtres annelés de testacé, languette charnue; antennes courtes de trois articles ‘coniques testacés, annelés de brunâtre, le terminal avec cil au bout et court article supplémentaire à la base; ocelles brunâtres, quatre grands en carré derrière la base antennaire, deux au-dessous.

… Segments thoraciques larges, brunâtres, convexes, finement ponctués, le premier couvert d’une double plaque noirâtre luisante et d’un demi-bourrelet antérieur, deuxième et troisième ponctués de noir, à flancs dilatés et demi-hourrelet ponctué de noir.

Segments abdominaux brunâtres, fortement convexes, finement ponctués, à flancs dilatés, les sept premiers en travers incisés et garnis de deux rangées de taches noires relevées par un cil, huitième sans incision, neuvième petit avec deux taches géminées et deux mamelons pseudopodes.

Dessous déprimé, quatre plaques noires dans l’intervalle des pattes; segments abdominaux incisés, les huit premiers avec double mamelon susceptible de se tuméfier etsur lequel s'appuie la larve durant sa marche, neuvième bimamelonné avec fente en long; un fort bourrelet latéral longe les flancs.

Pattes assez longues, noïirâtres, à base biponctuée de noir, garnies de courts cils épars; trochanters courts, cuisses et jambes comprimées, tarses courts, noirâtres, -acérés, à base revêtue d’un lobe membraneux sur lequel repose le crochet tarsal.

Stigmates petits, flaves, à péritrème roussâtre.

Sa grande taille, sa couleur caractérisent cette larve.

Lorsqu'en juillet et en août, les fruits de l’asperge sauvage ont atteint le quart ou la moitié de leur développement, la femelle de notre Crioceris dépose un œuf dont le point d'impact est facile à reconnaître par sa teinte blanchâtre tranchant bien avec le vert tendre de la baie : aussitôt éclose, la jeune larve pénètre dans l’intérieur du fruit dont elle ronge aussitôt la pulpe; son développement dans ce milieu nourricier se fait sans qu’elle soit obligée d'en sortir autrement que pour passer d’un fruit à l’autre, ce qu’elle fait facilement en s’a dant de ses pattes, de ses mamelons abdominaux et de son pseudopode; au reste, son corps est enveloppé d’une légère couche gluante qui lui assure une adhérence suffisante sur les objets sur lesquels elle se pose : parvenue à son complet développement, elle quitte le fruit, descend le long de la tige, sagne le sol, s'y enterre peu profondément, rassemble quelques grains de terre, de pierrailles, des débris de feuilles ou des brindilles qu’elle réunit à l’aide d’une matière agglutinative de couleur blanchâtre et de composition spumeuse, résistante, donne à ces ‘objets une forme de coque oblongue, à parois lisses, qu’elle appuie souvent contre les racines charnues de l’asperge : les fruits vidés par la larve se reconnaissent à leur pellicule blanchâtre.

Page 1