LES ENNEMIS DU POIRIER
En Normandie, les poiriers deviennent généralement malades et peu productifs au bout de trente ans, alors qu’ils devraient être à cet âge pleins de force et de vigueur; le plus souvent cet appauvrissement provient de la façon dont l’arbre a été planté.
Aussitôt l'arbre enlevé de la pépinière, opération qui doit être faite avec de grandes précautions, en ayant soin surtout de ne pas briser les petites racines, on doit le planter dans un vaste trou au fond duquel on aura placé du fumier recouvert de terre, puis à l’aide de cisailles on coupera la principale racine (le pivot), de façon à ce qu'il se forme un plus grand nombre de racines horizontales au détriment des racines verticales, lesquelles ont le défaut de gagner trop vite le sous-sol crayeux ou argileux et de rendre l’arbre anémique.
Un poirier est d’autant plus sain et plus robuste qu’il possède plus de racines horizontales ; on doit donc activer la production de ces dernières en coupant la principale racine pivotante. Ce procédé est surtout recommandable dans les sols peu profonds.
Pour les poiriers dont les fruits sont destinés à être pressurés, il est recommandé, comme pour les pommiers, de ne pas faire tomber les fruits à coups de gaules, mais bien en secouant modérément les branches à l’aide d’un long bâton terminé par un crochet; chaque coup de gaule donné dans l'arbre fait tomber plus de bourgeons que de poires, ce qui, naturellement, diminue d’autant la récolte suivante, Pour faire du poiré, il est préférable d'employer des poires bien müres et tombées de l'arbre, elles contiennent le maximum de sucre qu’elles doivent produire, et, par conséquent, donnent un poiré plus riche en alcool et se conservant mieux.
Au bon vieux temps, les paysans choisis par leur châtelain pour la corvée du lochage des arbres, furieux de ne pouvoir se venger sur le châtelain même, s’en prenaient à ses arbres en brisant les branches à coups de gaule.
Ces coutumes et tous ces procédés barbares doivent disparaître et faire place à des procédés pratiques et scientifiques ; c’est pourquoi : « Soignez vos arbres, et vous serez largement récompensés de vos peines. »
Mammifères nuisibles au poirier.