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SALONS DE

Il nous à paru intéressant, à divers points de vue, d'examiner dans les divers Salons de peinture et de sculpture la part que les diverses espèces zoologiques ont prise dans l’inspiration des artistes.

Les animaux qui figurent dans les arts à notre époque peuvent être rangés dans divers groupes par ordre d’importance :

0 Les animaux domestiques : ce sont les plus nombreux, ils sont à peu près tous représentés, sauf le renne,

le lama et peut-être le porc fort dédaigné actuellement ;

20 Les gihiers ;

30 Les animaux de ménagerie;

4o Les animaux vraiment sauvages.

À un autre point de vue ils peuvent être considéré comme :

1° Animaux jouant, ne figurant dans les compositions que le rôle d’accessoire, comme les troupeaux dans un paysage ou les chevaux dans un tableau d'histoire ;

20 Animaux jouant un rôle épisodique ;

3° Animaux pris comme symbole;

4° Animaux peints pour eux-mèmes,œuvre des artistes animaliers ;

5° La forme animale adaptée le plus souvent à l’ornementation dans les arts décoratifs et généralement stylisée.

Nous allons passer en revue les diverses familles animales et tâcher de tirer quelques conclusions de cette énumération un peu sèche.

Mammifères.

Les Anthropoïdes ne sont que peu représentés avec un CHIMPANZÉ fétiche, bon morceau de sculpture d’observation, satisfaisant pleinement le zoologiste,et une face de GORILLE en pyrogravure; nous sommes loin des gigantesques Gorilles de Frémiet médaillés à un salon d'antan.

Les Singes ont peu donné : ce sont surtout des Singes « artistes », des MAGOTS.

Au mode de vie des Cheïroptères nous devons l'inspiration d’unremarquable projet de « Coupe de l'Aviation »: un gigantesque MOLOSsE en forme le sujet principal. De petites PIPISTRELLES aux ailes repliées ont été utilisées comme coin de vitrine.

Les Carnivores sontun des ordres les mieux représentés.

Le CHIEN pullule, la race est souvent indiquée : voici des « Chiots », un « Berger ardennais », un « Chien de Beauce », un « Berger de la Brie », un « Danois », un « Chien Barzoi »; il accompagne nécessairement les troupeaux et se retrouve dans une foule de portraits.

Nous devons une mention particulière aux Chiens polaires perdus dans la neige, de la « Dernière piste ». (Maud Earl.)

Le Loup ne figure nulle part et cela tient probablement à sa rareté à la ménagerie du Jardin des Plantes qui doit à grand frais les faire venir de Russie, la France n’en fournissant plus.

Le RENARD parfois « terré » nous est présenté « à l’affüt ».

A tout Seigneur... Le LION reste toujours pour l’artiste le roi des Animaux au Salon de 1909 comme pour, les sublimes décorateurs qu'ont été les Babyloniens. La « Lionne » de Gardet, digne successeur de Barrye, est un vrai chef-d'œuvre et ne nous fait pas trop regretter ses superbes Danois de marbre d'il y a quelques années.

Le Lion nous est représenté tantôt en liberté, «en face du danger » (Styka), ou échangeant des « propos amoureux » avec la Lionne qui figure souvent avec ses lionceaux, la douceur maternelle et le caractère du Fauve paraissant faire un contraste qui frappe le poète qu'est tout artiste ; tantôt en captivité comme dans le triclinium d'Héliogabale qui, « dans un festin où il avait invité le monde romain avec ses courtisanes, fit lâcher des Lions ».

: Le TIGRE est moins bien traité que le Lion ; dans une vaste toile il est représenté dans un geste fréquent en ménagerie ou sous la cravache du dompteur, mais que le « Ong-Kop», le monsieur Tigre, ne doit guère tenir, lorsqu'il pousse dans la jungle ou la sylve indienne son lugubre cri de chasse : « Kop! Kop!»

La PANTHÈRE a beaucoup plus de succès; elle figure avec honneur dans le « Jardin des Hespérides » et nous la retrouvons trois fois à la sculpture : cela tient évidemment à ce qu’elle est le plus souple des mammifères.

Comme le Chien, son commensal, le CHAT a été mis à toutes les sauces, — il accompagne beaucoup de portraits, sa grâce surtout dans ses jeux avec ses petits lui vaut une série de sculptures.

Nous ne trouvons guère à citer parmi les plantigrades que l'OurS saltimbanque et l’URSUS SPELÆUS bien microscopique dans l’œuvre magistrale de F. Cormon,

qui dans ses petites toiles sait mettre tout le grandiose |

de ses immenses compositions décoratives comme dans le «Retour de la chasse à l'Ours » du Musée de Saint- Germain ou dans ses compositions de l’amphithéâtre du Muséum.

Les Rongeurs sont représentés par le LIÈVRE, gibier commun, le LAPiN, Lapin de chou ou « Lapin de garenne » (Chrétien), la SOURIS BLANCHE qui danse tandis que rêvent les Chats, ou saute en longues frises décoratives, enfin l’ÉCUREUIL, interprété en velours incisé et pyrogravé.

L'ÉLÉPHANT D'ASIE seul a les honneurs du Salon, le voici au travail, ciselé au naturel en plusieurs matières.

Le CHEVAL montre par la fréquence de ses reproductions que l’homme le juge toujours sa plus noble conquête; pour cet animal dont les formes nous sont si familières, la sculpture est parfois un portrait; voici le « Cheval d'armes de Sa Majesté le Roi d'Angleterre », mais nous retrouvons partout le Cheval anonyme, « sur la route de la Plaza de Toros »,dans « la charge » de cuirassiers, dans les champs au labour.

Ce sont bien des Mustangs que montent ces Indiens en pleine « panique », mais l'immense Cheval noir du libérateur de la Républigne Argentine est bien plus le frère de l'impétueux coursier du général Prim (Regnault) que le fils des Pampas.

L’'ANE est plutôt le compagnon des races méridionales, il accompagne Provençaux et Espagnols, toutefois l’Ane de Buridan nous montre l’animal symbole ; au

Salon des Indépendants on remarquait fort un Ane

traité dans le style égyptien et qui méritait un bon point pour la correction de son dessin.

Le Porc est oublié, le « chercheur de truffes » (Vayson) lui avait pourtant attiré un certain lustre à une exposition d'antan ; son frère le SANGLIER, gibier, nous est représenté « baugé » ou poursuivi par la meute.

Le DROMADAIRE pait les maigres touffes de retem autour d’un « campement de Nomades au désert ».

Le CERF reste l'animal de prédilection des amateurs de sujets cynégétiques, le voici au milieu de sa harde effrayée par l'orage (Rotig), les sculpteurs animaliers continuent à le traiter selon les formules de Rosa Bonheur.

Dans un tableau impressionniste, les couleurs ruti-

lantes d’une « Biche et ses Faons » ne donnent pas au

mammilogiste l'impression d’être en face d'individus de l'espèce CERVUS ELAPHUS.

La quiétude d’un CHEvREUIL indique la profonde « solitude des bois ».

Deux ÉLANS faiblement encornés (œuvre d’un sculpteur étranger), sont d'un dessin trop imprécis pour nous permettre la diagnose de l'espèce.

Le genre BOEUF tient une place fort honorable tant

à la peinture qu’à la sculpture où il forme l’amas de

plâtre le plus considérable de la Société des Artistes francais.

Le voici « sur la falaise » et « dans la poudre d’or du soir ».

Les BISoNs fuient devant l'invasion des Visages-Pâles dans les solitudes du Far-West.

Le MOUTON n'est parfois qu'un accessoire au paysage, « sur les collines », mais souvent il est étudié pour luimême et parfois traité de main de maitre : une « sortie de bergerie » et un « troupeau sur la falaise » (Th. Deyrolle) valent les meilleurs morceaux de Jacques : le souci de l’art s'allie avec une évidente recherche du naturel et du vrai.

Les CHÈVRES sont fort nombreuses, tantôt meublant les premiers plans d’un site, tantôt traitées seules, souvent accompagnant les bacchantes :un Bouc noir haut encorné voisine avec la naine dans une « vision d'Espagne ».

Les Cétacés ne sont représentés que vaguement avec le DAUPHIN stylisé qui se fait de plus en plus rare, et les « jeunes PHOQUES » n'entrent pas dans l'ordre des Amphibies.

Des ordres entiers de Mammifères, Marsupiaux, Monotrèmes, Siréniens, Édentés ne comptent aucun représentant.

Oiseaux.

Les Préhenseurs sont assez bien représentés à la sculpture par des ARAS et des KAKATOËS, mais surtout aux arts décoratifs.

L’AIGLE reste toujours le roi des oiseaux : un «combat d’Aigles » nous le montre traité pour lui-même, mais le: plus souvent c’est à titre d'oiseau de Jupiter qu'il accompagne les divinités mythologiques.

Des FAUCONS chaperonnés figurent sur le poing de « fauconniers arabes ».

Le VAUTOUR ne se montre que chez « le naturaliste » (Buffet).

Une petite figurine nous donne dans le CONDOR un des rares oiseaux exotiques représentés pour eux-mêmes.

Les Rapaces nocturnes sont fréquemment stylisés dans la décoration, HiBous ou CHOUETTES, leur tonalité s’harmonise bien avec les roux de la pyrogravure que viennent relever l'éclat de leurs yeux d'or.

Les Passereaux malgré un « vol de CORBEAUX » sont assez négligés ;unindéterminable MOINEAU accompagne un pylône destiné à la Société protectrice des animaux.

Les Colombins paraissent surtout comme symbole de l'amour, COLOMBES ou TOURTERELLES, mais parfois aussi dans leur milieu naturel, dans « un intérieur saharien » par exemple.

Les Gallinacés tiennent la plus grande place dans les représentations ornithologiques.

Nous trouvons le CoQ et sa famille, au poulailler et au « combat ». La « Poule aux œufs d’or» nous renseigne même sur l’anatomie interne de ces volatiles.

Le Faïsan reste l’oiseau cher aux peintres de natures

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