‹ Le NaturalisteChapitre 154 sur 304 · PROGRAMME DE L'EXCURSION · texte numérisé non relu

PROGRAMME DE L'EXCURSION

15juillet soir. — Rendez-vous à Clermont, hôtel de Ix Poste.

16 juillet. — Puy de Gravenoire-Royat. Ascension dæ Puy de Dôme (en voitures). Puy de Pariou.

17 juillet. — Excursion au Puy de S. Sandoux.

18 juillet. — Excursion au lac d'Aydat.

Coucher à Murols.

19 juillet. — Le lac Chambon. Lesaut de la Pucelle. La vallée de Chaudefour.

20 juillet, — Le col de Diane. Le lac de Guéry. Les roches Tuilière et Sanadoire.

Coucher au Mont-Dore.

21 juillet. — La vallée du Mont-Dore.

22 juillet. — Ascension du Sancy, retour par le chemin des crêtes et la Grande Cascade. :

93 juillet. — La Banne d'Ordenche, le Puy Gros, le ravin de Lusclade. La Bourboule.

Dislocation.

(1) Pour toute demande de renseignements, s'adresser à M. Léon Desbuissons, 10, rue Royale, Paris.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Sur les phénomènes de fécondation chez les Zygnema stellinum. Note de M. P. A. DaxceaRp, présentée par M. Gurcnann.

Les filaments de cette algue ont un diamètre de 224 à 254 ; les cellules sont d'une à trois fois aussi longues que larges ; la dimension des zygospores atteint 354 en diamètre.

La division nucléaire a été étudiée, d'une part, dans les filaments végétatifs, et, d'autre part, dans les filaments copulateurs.

Ce qui est remarquable c’est l'absence d'une réduction chromatique précédant la fécondation ; les mitoses végétatives, comme celles qui précèdent directement la formation des gamètes, montrent le méme nombre de chromosomes; on peut en compter douze dure façon régulière, soit à la prophase, soit au stade de la plaque équatoriale, soit à l’anaphase.

La distinction des filaments mâles et des filaments femelles se fait d'assez bonne heure, parfois un peu avant la premiére apparition des filaments copulateurs. Dans les individus mäles, l'axe formé par les deux chromatophores et le noyau tend à se placer perpendiculairement au filament ; il s'avancera plus tard dans le canal en gardant cette position. Dans les individus femelles, les chromatophores etle noyau. conservent leur position normale suivant l'axe.

Après gélification et disparition de la membrane de séparation du canal copulateur, le gamète mâle aborde le gamète femelle en gardant l'orientation précédente; c’est alors que se produit la fécondation. Le chromatophore antérieur s’écarte et les deux noyaux, se rapprochant au contact, se fusionnent très rapidement.

L’oospore s’arrondit et s’entoure d’une membrane propre qui se subdivise en une endospore cellulosique et une exospore cutinisée ; celle-ci montre plus tard de nombreuses ponctuations. Les quatre chloroleucit:s étoilés conservent leurs pyrénoïdes ; ils sont orientés très régulièrement sous la membrane.

Le noyau de conjugaison occupe le centre de l’oospore ; il est rattaché aux chloroleucites par de minces trabécules protoplasmiques ; son volume augmente sensiblement ; il peut être évalué approximativement à quatre fois celui, des noyaux copulateurs ;

sa structure est dense et le nucléoplasme renferme de nombreux-

petits granules chromatiques.

L'oospore, même dans les cas de conjugaison normale, reste parfois engagée plus ou moins dans le canal copulateur qu'elle distend ; il existe aussi des exemples nombreux où l’oospore, ayant la forme d'une haltère, conserve ses deux moitiés dans éhaque filament ; elle ne s'en recouvre pas moins d'une membrane.

Dans ces zygospores à forme irrégulière, la fusion des noyaux peut se faire normalement, et le noyau copulateur occupe alors le milieu du canal; mais cette fusion est quelquefois retardée très longtemps, sans qu'on puisse dire qu’elle se produit nécessairement. Il fut toutefois trouvé un exemple dans lequel le noyau femelle, contrairement à la loi générale, avait fait tout le chemin pour venir se fusionner avec le noyau mâle, resté entre les deux chromatophores.

Cette espèce montre ainsi tousles passages entre l’hétérogamie, l’isogamie et sans doute aussi la parthénosenèse; elle constitue un excellent exemple pour l’élude des problèmes qui se rattachent à la sexualité générale.

Nouvelles observations sur la Teigne de l'olivier (Prays oleæ Bernard). Note de M. TH. Dumont, présentée par M. E.-L. Bouvier.

Les observations les plus récentes publiées à ce jour, relatives aux mœurs de la Teigne de l'Olivier, ont révélé, chez cette espèce, l’exislence de trois générations annuelles s’attaquant chacune à une partie différente de l'arbre : la première aux feuilles, la deuxième auxfleurs, la troisième aux fruits.

D'après les recherches faites à ce sujet par l’auteur, le cycle évolutif du Prays oleæ apparaît plus complexe.

La ponte d'une même génération n’est pas exclusivement déposée sur une partie déterminée de la plante. Les adultes peuvent pondre leurs œufs sur divers milieux et, suivant la nature de ces milieux, la durée de l’évolution larvaire varie très sensiblement. Il en résulte que le nombre de générations annuelles est également variable et que leur succession ne se présente pas avec toute la netteté et la régularité signalées par quelques auteurs.

Ainsi les larves de première génération, qui passent l'hiver dans les tissus intra-épidermiques foliaires, ont deux origines :

les unes proviennent d'œufs déposés en juillet à la page supérieure de la feuille par les femelles de deuxième génération ; les autres naissent d'œufs déposés également sur les feuilles, mais pondus en septembre-octobre par les adultes de troisième génération. Au printemps, dès qu’elles ont atteint 4 à 5 millimètres de long, les larves abandonnent leurs galeries pour se nourrir, les unes de l’épiderme inférieur et du parenchyme de la feuille, les autres des bourgeons terminaux et axillaires fen voie d’évolution. Elles atteignent leur maturité sexuelle en avril-mai. Les adultes déposent leurs œufs sur les boutons floraux. A défaut de fleurs, la ponte a lieu sur les feuilles. Les jeunes larves percent la corolle et se nourrissent de l'ovaire, de l’anthère et du pollen. Les papillons de deuxième génération déposent leurs œufs sur deux milieux différents : sur le calice encore persistant des jeunes fruits et à la page supérieure des feuilles. Les larves qui en proviennent pénètrent, les unes dans le noyau de l'olive et les autres dans le parenchyme de la feuille. Les métamorphoses des premières ont lieu en septembre de l’année même, tandis que les deuxièmes ne se transfcrment en insectes parfaits

qu'au printemps de l'année suivante.

La Teigne del’olivier n’a donc pas trois générations complètes. Elle en a deux ou trois, suivant que les œufs d’été sont déposés sur les feuilles ou sur les fruits. Lorsque pour une cause quelconque, les fleurs font défaut, on n'observe plus qu'une séule génération.

Si le nombre des générations d'un insecle peut varier avec le milieu sur lequel la ponte est déposée, il faut en attribuer la cause à l’inflience de l'alimentation sur la durée de l’évolution larvaire. Celle-ci est de 290 jours environ pour les larves qui se nourrissent exclusivement de feuilles et de 55 jours seulement lorsque ces mêmes larves vivent du tissu cellulaire du pédicelle et de l’amande de l'olive. On ne saurait faire intervenir ici l’influence de la température, puisque la naissance de ces chenilles a lieu à la même époque.

Les larves quiéclosent en septembre et qui se nourrissent du parenchyme des feuilles dans leur jeune âge et des bourgeons naissants ensuite atteignent leur maturité sexuelle en 210 jours, soit 80 jours en moins que celles qui ne consomment que des feuilles. La plus grande rapidité de développement s'observe chez les larves qui vivent des organes de reproduction de la fleur ; elles arrivent au terme de leur croissance en 20 jours.

La durée de l’évolution larvaire semble donc intimement liée à la nature de l'alimentation de la larve.

Pour pénétrer dans le noyau de l’olive, la jeune chenille du Prays oleæ, au lieu de traverser en] profondeur la pulpe et le noyau encore tendre du fruit, comme le pensent quelques auteurs, pénètre par le pédicelle dans lequel elle creuse une fine galerie qu’elle continue dans la double cloison qui sépare les deux loges de l'ovaire. Ce n'est que lorsque l’albumen de la graine commence à se durcir que la larve quitte cette paroi pour se nourrir de l’amande. En se frayant ainsi un passage dans le pédicelle et suivant qu'elle blesse plus ou moins le tissu vascu- Jaire de cet organe, la larve peut provoquer la chute des fruits. De nombreuses olives tombent ainsi à terre avant la complète formation du noyau et de son amande. Les larves qu’elles contiennent, ne trouvant plus une nourriture convenable, meurent prématurément. On peut évaluer à plus de 80 pour 100, la mortalité des chenilles habitant les fruits.

Les adultes de deuxième génération du Prays oleæ, en ne déposant pas exclusivement leurs œufs sur un même milieu, semblent donc obéir à un instinct de conservation de l'espèce.

Sur l'extension de la craie marneuse aux environs de Foucarmont (Seine-Inférieure). Note de M. Paur LEMoINE, présentée par M. Micmez Lévy.

Dans la plus grande partie de la vallée de l’Yères, en amont de Foucarmont, il faudra substituer sur les cartes géologiques de la craie marneuse turonienne à la craie blanche sénonienne qu’on y avait marquée. Il est même possible qu'on puisse prouver l’existence de} craie cénomanienne dans le fond dela vallée, à Foucarmont même,

Ces modifications auront un retentissement sur le tracé des axes tectoniques de la région ; le synclinal de la vallée de l'Yères, qui débute sur la côte de la Manche, à Criel, était encore assez net à Foucarmorit, d’après la carte ancienne ; il ne l’est plus d’après yes limites nouvelles.

Le Gérant : PAUL GROULT.

Paris, — Imp. Levé, rue Cassette, 11.

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