E. BRABANT
RP PPS EPS SRI
TRAVAUX PRATIQUES DE BOTANIQUE
LES PLANTES VUES AU MICROSCOPE
Les spores du Champignon de couche.
Préparalion. — Choisir un Champignon sur le point de s’étaler, c'est-à-dire dont le chapeau commence à se détacher du pied et montre ainsi les lames ou feuillets qu'il porte à sa partie inférieure. Isoler avec un canif un petit bloc, pointu, comprenant un peu de la chair du chapeau et des lames. Pratiquer avec un bon rasoir (recouvert autant que possible d’une couche d’eau) des coupes parallèlement à la face a, b, c, d, c’est-à-dire perpendiculairement aux feuillets sporifères. Mettre les meilleures coupes (en les transportant avec un petit pinceau) sur une goutte d’eau placée au milieu d’une lame de verre. Recouvrir d'une lamelle.
Observation. — On voit que les lames sont uniformément recouvertes d’une couche de cellules, appelée hyménium. Cet hyménium comprend deux sortes de cellules, les unes petites, ce sont les paraphyses ou cystides (cellules indifférentes) ; les autres, légèrement plus grandes, ce sont les basides. Chaque baside porte en haut deux petits filaments pointus et courts, les sterigmates, lesquels portent chacun à leur extrémité une spore arrondie et de couleur jaunâtre ou violacée.
Chaque baside porte donc deux spores. Chez d’autres espèces il y a quatre spores.
Les spores de la Morille (ou de la Pezize).
Préparation. — Se procurer des Morilles soit en allant les chercher dans les bois, soit en les achetant chez certains marchands de légumes. Enlever un petit fragment de la croûte qui revêt les creux du chapeau de ces champignons. Placer ce fragment dans une goutte d’eau déposée au milieu d’une lamelle etle diviseren morceaux aussi petits que possible à l’aide de deux aiguilles. Mettre une lamelle par-dessus et appuyer de manière à écraser ces derniers. Observer alors au microscope.
Nota. — On peut aussi employer des champignons en forme de coupes que l’on appelle des Pezizes et que l’on trouve dans les bois ou sur le fumier. C’est alors un fragment de la surface supérieure que l’on prend et que l’on traite comme il vient d’être dit. La préparation obtenue avec la Pezize montre les mêmes faits que celle de la Morille, maiselle est plus nette.
Ce. qu'on voit. — Au microscope on voit des sortes de longs sacs, les asques qui renferment chacun exactement huit spores ovales et contenant un ou deux points brillants. Quelquefois, ces asques sont ouvertes au sommet pour laisser échapper les spores. On voit aussi des cellules allongées, plus ou moins remplies au sommet, mais ne renfermant pas de spores : ce sont des poils indifférents appelés paraphyses. Dans les fragments les plus gros, on voit les asques et les paraphyses tassées les unes sur les autres, parallèlement ; à leur base, il y a des filaments qui les relient au reste du Champignon.
Nota. — On peut conserver les Morilles et les Pézizes dans l’alcool pour les faire servir plus tard à la préparation ci-dessus décrite.
Les spores de la truffe.
Préparation. — Isoler un fragment de truffe d'environ un demi-centimètre cube (en un point quelconque, mais sans avoir de terre extérieure). Pratiquer dans ce morceau, avec un rasoir, de fines coupes que l’on place dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans chaque {cellule, il y a quatre
spores ovoides et couvertes de très petites épines, lui
constituant comme un velours.
Levure de bière.
Préparation. — Se procurer un peu de levure chez un boulanger (1). En prendre un fragment plus petit qu'une tête d’épingle et le placer dans une goutte d’eau déposée sur une lame de verre. Délayer un peu et recouvrir d’une lamelle mince. *
Ce qu'on voit. — On voit les petits grains de la levure de bière qui ont ordinairement une forme ovale. En cherchant bien dans la préparation, on finit par trouver un grain en portant un autre petit sur le côté : c'est un grain en voie de bourgeonnement.
Nota. — Dans quelques levures, outre les grains que nous venons de noter, On en voit d’autres volumineux et présentant quelquefois des grains concentriques. Ces grains n’ont rien de commun avec la levure : c’est de l’amidon que les fabricants de levure ont l'habitude d'y ajouter pour lui donner peut-être de la consistance. On peut s'assurer de la nature de ces grains, en délayant un peu de levure dans de l’eau iodée : au microscope, on voit alors que les grains d’amidon sont colorés en
(1) Ou chez un brasseur