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bleu, tandis que les grains de levure sont légèrement Jaunâtres, ce qui, d’ailleurs, les rend très nes. t La verdure du bas des murs (Oscillaires).
Préparation. — Au bas des murs humides, de même que dans les rigoles ou dans les ruisseaux coulant le long des trottoirs, il est très fréquent de voir, aussi bien dans les villages que dans les grandes villes, la terre recouverte d'une couche vert foncé (légèrement bleuté). Emporter de petits fragments de cette couche à la maison. Là, humecter ces fragments (s'ils sont secs, ce qui est fréquent). Avec le bout d’un canif gratter ua peu de la surface verte et la porter dans une goutte d’eau placée sur une lame de verre, puis recouvrir d’une lamelle.
Ce qu'on voit. — Au microscope, on voit d’assez longs bâtonnets rectilignes, terminés par deux extrémités arrondies : ce sont des algues bleues du genre Oscillaires. Elles doivent ce nom à ce qu’elles pivotent lentement sur elles-mêmes et, de plus, progressent dans l’eau dans le sens de leur longueur, ce qui est très visible au microscope. Les filaments sont formés de cellules peu distinctes, placées à la file les unes des autres et plus larges que longues. Dans chaque cellule, il y à du protoplasma, coloré en vert bleuté, mais pas de noyau.
Le Nostoc.
Préparation. — Le Nostoc est une algue cyanophycée facile à trouver à la campagne, car elle existe presque partout, Il suflit d'examiner le bord des chemins après la pluie, le jour même ou le lendemain. On apercoit alors des masses verdâtres, gélatineuses, informes, de la grosseur d'un haricot ou même d’un œuf. Quand le temps est sec, ces masses se dessèchent et deviennent presque invisibles, mais l’eau les fait gonfler très rapidement et énormément, ce qui les rend très visibles.
Prendre un fragment de ces masses gélatineuses, de la grosseur d’une tête d’épingle noire; le mettre dans une goutte d'eau sur une lame de verre ; recouvrir d’une lamelle mince et appuyer sur celle-ci avec le doigt de manière à aplatir la masse et à la rendre mince et transparente. Examiner alors au microscope.
Ce qu'on voit. — On voit, au milieu d’une masse gélatineuse transparente, des files de cellules, contournées et enchevétrées dans tous les sens. À un plus fort grossissement, ces files se montrent formées de cellules arrondies, ne se touchant que par un point, granuleuses et d’une teinte verte ou jaunâtre, quelquefois bleuâtre uniforme : il n’y a ni noyau, ni corps chlorophylliens. De place en place, les files présentent des cellules plus grosses que les voisines et à contenu plus clair : ce sont les hétérocystes dont le rôle n’est pas connu; leur membrane présente deux épaississements, aux parties où ils touchent aux autres cellules. On remarque que les files de cellules ne se ramifient pas, elles sont indépendantes l’une de l’autre.
Les organes mâles du Fucus.
(Varech ou Goëmon.)
Préparation. — Les Fucus, qui constituent le Goëmon, sont des algues attachées aux rochers marins et très faciles là se procurer au bord de la mer. Mais dans toutes les villes où l’on vend des huiïtres, on peut en avoir également, car, presque toujours, celles-ci sont emballées dans des amas de Fucus ; il suffit de les demander aux marchands,pour lesquels ils n’ont aucune valeur,
Ces Fucus se présentent sous forme de larves aplaties.
| plus ou moins divisées, de couleur vert brunâtre. Les
divisions de ces Fucus se terminent à leur extrémité par des masses plus grosses, bosselées, framboisées, qui sont les organes reproducteurs.
On place quelques pieds de Fucus entre deux assiettes, dont l’une est retournée sur l’autre et on laisse le tout ainsi pendant une journée. Le lendemain, en examinant ces pieds, on ne voit que les masses bosselées; les organes reproducteurs, ont laissé exsuder à leur surface un liquide mucilagineux, qui, chez les uns, est de couleur orangé, ce sont les pieds mdles, tandis que chez les autres, il est de couleur verdâtre, ce sont les pieds femelles.
Ayant ainsi séparé les pieds mâles des pieds femelles, on peut les étudier de suite à l’état frais ou les mettre dans de l’alcool (ce qui les durcit très avantageusement) pour les étudier ultérieurement.
On pratique des coupes transversales dans les organes reproducteurs et on les examine dans une goutte d'eau entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — On y voit un certain nombre de taches orangées, dont quelques-unes communiquent avec le dehors : ce sont les conceptacles mâles.
Vus à un grossissement plus fort, ces conceptacles se montrent tapissés d’un amas de sacs ovoiïdes, orangés etgranuleux. Chaque sac est une anthéridie et les granulations qu'il contient correspondent à autant d’anthérozoïides.
Pour voir la préparation avec plus de détail, il faut l’écraser en appuyant fortement sur la lamelle et en examinant ensuite au microscope. On voit ainsi que la partie qui tapisse les. conceptacles est formée de poils ramifiés, et que c'est par ceux-ci que s’attachent les anthéridies.
Nota. — La masse du reste des Fucus est formée de cellules étalées, sauf au niveau de la région externe qui est formée de cellules tassées les unes contre les autres.
Les organes femelles du Fucus.
(Varech ou Goëmon.)
Prépuration. — Se procurer des organes femelles, comme il est dit à la préparation précédente, et, de la même façon, y pratiquer des coupes transversales que l'on examine dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit.— On voit dans la coupe des conceptacles femelles, les uns arrondis, les autres communiquant avec le dehors.
Chaque conceptacle, vu à un fort grossissement, monire de nombreux poils clairs, non ramifiés, dont certains sortent par l'ouverture des conceptacles.
Entre ces poils, on voit de grosses masses vertes, entourées d’une membrane claire et réunies à la paroi de conceptacle par un pied court et clair.
Chaque masse verte est un oogone. Quand il n’est pas bien mür, son contenu est uniforme. Quand il est mür, On voit à son intérieur des divisions qui le séparent en masses d’abord polygonales, puis arrondies : ce sont les oosphères.
Nota. — En écrasant la préparation, on voit avec plus de détail les poils, les oogones, les oosphères.
Le reste de la masse du Fucus est identique à celui des pieds mâles.
Il est à noter que, dans quelques espèces de Fucus,
les anthéridies et les oogones se-trouvent dansles mêmes conceptacles.
Les Diatomées.
Préparation. — Se procurer des Algues filamenteuses quelconques d’eau douce ou d’eau de mer et en mettre un fragment dans une goutte d'eau entre lame et lamelle. Regarder au microscope, non l'Algue elle-même, mais ce qui l'entoure. é
Ce qu'on voit. — On voit, généralement, de très nombreuses Diatomées qui sont fixées à l’algue ou qui nagent dans le liquide qui la baigne. Ces Diatomées, revêtues d’une carapace siliceuse, ont des formes extrêmement variées et portent des ornements d’une finesse extrême. Il arrive souvent qu’elles sont réunies à plusieurs en formant des sortes de filaments. Certaines sont mobiles : elles glissent lentement dans le liquide, en suivant un trajet tantôt rectiligne, tantôt en zig-zag.
Une moisissure du pain (Rhizopus nigricans).
Préparation. — Plonger une tranche de pain dans l’eau de manière à l’imbiber légèrement. Retirer la tranche et la laisser égoutter jusqu'à ce qu’elle ne présente plus qu'une très légère moiteur. La placer alors dans une assiette etrecouvrir le tout d’une cloche à melon ou d’une cloche à fromage. Au bout de quelques jours, tout le pain se recouvre d’une abondante végétation de filaments blancs où ne tardent pas à apparaître de nombreux points noirs. Prendre délicatement un petit fragment de cette masse et le mettre dans une goutte d'alcool (1) placée au milieu d’une lame de verre. Recouvrir d'une lamelle,
Ce qu’on voit. — On voit de petites tigelles claires qui partent d’un point commun et disposées en bouquets. De cette partie commune partent de nombreux petits filaments ramifiés et souvent brunâtres : ce sont les filaments
rhizoïides, grâce auxquels la moisissure peut se nourrir.
Chaque branche se termine par une boule, le sporange, tantôt clair, tantôt noir. Dans le premier cas, il n’est pas mür; dans le second cas, il est mür et, alors, éclate généralement sous le point de la lamelle et laisse sortir de nombreuses petites spores. Cette moisissure appartient à la famille des Mucorinées : c'est le Rhizopus nigricans. — On peut souvent voir les bouquets de sporanges réunis à un autre bouquet analogue, de même âge ou plus jeune, par un filament ou stolon. ; L Les moisissures du crottin de cheval.
Préparation. — Mettre du cerottin de cheval un peu humide dans une assiette et recouvrir le tout d’une cloche à melon ou à fromage. Au bout de quelques jours, on voit apparaitre dessus tout un tapis de moisissures blanches, dont certaines ont des branches terminées par une tête noire. Prendre un peu de ces moisissures, en ayant soin de les emmêler le moins possible, et les porter dans une goutte d'alcool placée au milieu d’une lame de verre. Recouvrir d’une lamelle.
Ce qu'on voit. — On voit surtout des moisissures du genre Mucor qui se présentent sous forme d’un «mycelium » de filaments ramifiés et surtout de tubes clairs terminés par une boule ou sporange. Celui-e1 est clair quand il est jeune, et noir quand il est mür. Sous ce
(1) A la rigueur, on pourrait employer de l’eau, mais, alors, il y à dans la préparation de nombreuses bulles d’air qui gènent Pobservation.
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dernier état, il est souvent éclaté et laisse échapper les spores, tandis que de lui-même ne reste plus qu'une sorte de dome médian appelé la columelle.
À côté des Mucor,on peuttrouver d’autres moisissures d’un genre différent en ce que sous la tige qui supporte le gros sporange, il y a des petites branches ramifées et terminées par un petit sporange.
Les Alguesifilamenteuses des eaux douces.
Préparation. — Se rendre au bord d’une petite rivière à cours lent, ou d’un marais, ou d’une pièce d’eau mal entretenue. Regarder dans l'eau jusqu’à ce qu'on ait aperçu des filaments verts très fins flottants ou plus ou moins cramponnés aux plantes. Emporter ces filaments dans une bouteille jusqu’à la maison. Là, en prendre un petit fragment et l’examiner au microscope après l'avoir mis dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Les algues qui constituent ces filaments sont très nombreuses en espèces et on ne peut songer à en donner ici même un apercu. Les espèces que l’on rencontrera le plus fréquemment sont les Conferves, qui forment de longs filaments non ramifiés et non divisés par des cloisons, pourvus de nombreux grains de chlorophylle ; d'autres forment de longs filaments ramifiës, divisés par des cloisons et pourvus de nombreux grains de chlorophylle arrondis ; les Spyrogyres, faciles à reconnaître à la bande verte en spirale qui parcourt leurs cellules et qui représente un grain de chlorophylle d’une forme toute spéciale.
La verdure des troncs d'arbres.
Préparation. — La plupart des troncs d'arbres, surtout à leur base sont recouverte d’une mince couche verte qui s’enlève très facilement. Emporter à la maison des fragments d’écorce ainsi verdis. Là, gratter avec un canif un peu de cette couche verte et placer la petite masse ainsi enlevée dans une goutte d’eau placée sur une lame de verre. Agiter un peu avec la pointe du canif pour délayer la masse et en chasser le plus possible les bulles d'air, puis recouvrir d’une lamelle.
Ce qu’on voit. — On voit surtout de petites boules vertes qui sont autant d'algues du genre Protococcus et du genre Pleurococcus. Ces dernières se montrent en outre divisées parfois en deux, en trois, en quatre, et sous forme de quatre boules placées côte à côte.
On aperçoit aussi quelquefois des petits bâtonnets verts : ce sont des algues du genre Stichococcus.
Il n’est pas rare non plus de voir des filaments blancs ramifiés, dont certaines branches se cramponnent à des boules vertes de Protococcus : tout cet ensemble est un lichen en voie de formation.
(A suivre.) HENRI COUPIN.