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LE CANARD

Canard sauvage (Peinture de Beni-Hassan).

P, HIPPOLYTE-BOUSSAC

LE CANARD SAUVAGE. Anas boschas, Linné. — Il est

considéré comme la souche principale de nos canards

domestiques et mesure environ 60 centimètres de lon- LE CLYTUS ARCUATUS

gueur. Le mâle a la tête lustrée d’un beau vert émeraude à reflets bleuâtres,le cou entouré d’une collerette blanche, Un insecte dont la larve cause parfois de grands dégâts la poitrine couverte d'un large plastron brun pourpré; | qu chênes et aux poiriers, c'est le Clytus Arcuatus, une teinte cendrée, sur laquelle s’enlèvent de fines rayures coléoptère appartenant à la tribu des Cérambycides. En grises, court le long du manteau des flancs et descend, | Loic Ja description, les mœurs et moyens de destruction. légèrement atténuée, jusqu'aux parties inférieures. Les Dans son ouvrage sur Les insectes nuisibles à l'agriculailes, variées de gris, de bleu et de noir velouté, sont ture, première partie, page 139, M. Géhin dit qu’au ornées d'un miroir d’azur limité par deux étroits filets printemps de l'année 1857il a trouvé, sur des souches de blancs. Le bec est d’un vert jaunâtre, l'iris brun, les poiriers nouvellement abattus, un grand nombre de pieds sont rouge clair, les ongles noirs (2). larves qu'il croyait appartenir à la Saperda scalaris; Dans l'interprétation pharaonique (v. fig.). les couleurs | ais après avoir consulté deux de ses collègues, sont distribuées comme sur l'oiseau vivant, mais le plas- | 14m. Goureau et Perris, il les avait rapportées à une tron est plus rougeâtre, la teinte cendrée remplacée par espèce du genre Clytus. du vert, les rayures sont noires, le bec est rouge. Le nombre de larves trouvées par cet auteur sur diffé- Le canard sauvage habite autour du cercle polaire boréal | ;ents poiriers s'élevait à plus de deux cents et de tailles d'où, en hiver, il descend vers les tropiques. On le ren- | fort différentes; on ne pouvait, par conséquent, pas dire contre alors, en Amérique : jusqu'à Panama; en Asie: | [w’elles appartenaient toutes au Clytus arcuatus. Néandans le nord du Japon, de la Chine, de l'Inde, à travers moins, M. Géhin ayant, le 40 juin, en ouvrant une des la Perse, en Arabie et, suivant Tristram, dans toute la | jiches qu’il conservait pour obtenir ces insectes d’éclosion, trouvé un Clytus arcuatus, a donné la description suivante de ces larves :

(4) Cela tient à ce que la majeure partie de nos identifications n’ont pu être faites que sur des peintures, la plupart des sculp-

tures coloriées ne possédant malheureusement plus leurs cou- (1) The Fauna and Flora of Palestine, p. 115. leurs. fi (2) Seezuex. The Birds of Egypt.

(2) Goucp. Birds of Europe, vol. V, pl. 361. — Dresser. (3) C'était aussi le prix d’un éventail.

A Historyof the Birds of Europe, vol. VI, pl. 422. (4) Vicouroux. Dict. de la Bible, vol. IT, col. 120.

Longueur, de 10 à 25 millimètres. Tête plate et élargie, anneaux du corps bien distincts, le huitième et le neuvième sont plus étroits que les autres, ce qui donne un facies tout particulier à ces larves. Le corps est blanc, à l'exception de la. partie antérieure du premier anneau, qui est plus ou moins jaune; les parties de la bouche sont d’un brun foncé. Les pattes, au nombre de six, sont très courtes et très écartées, surtout les postérieures; les jambes sont coniques et composées de quatre articles ; les mandibules, sont courtes, fortes et arrondies.

. La nymphe du Clyte arqué (Clytus arcuatus) présente, sur le prothorax, le mésothorax et la région dorsale de l'abdomen, des épines qui lui permettent de grimper et dese retourner dans sa galerie.

A l’état parfait, le Clytus arcuatus mesure de 15 à 18 millimètres de longueur.

Il est d’un noir foncé avec des bandes jaunes sur le corselet et, sur les élytres, quatre points jaunes à la base dont un sur l’écusson et un autre sur la suture.

Les antennes et les pattes sont rousses, Telle est la description de ce coléoptère.

C'est au mois de juin qu'apparaît cette espèce; en juillet elle est assez commune dans les coupes en exploitation, sur le bois coupé, dansles chantiers, les bûchers, etc.

En Normandie et en Bretagne, c’est de préférence aux chênes et aux poiriers qu’elle s'attaque. La femelle pond sur ces arbres ainsi que sur les châtaigniers, mais elle recherche le plus souvent des troncs et des branches récemment morts ou abattus.

Les larves pénètrent d'abord dans l'écorce, puis ensuite dans l’aubier en creusant une galerie parabolique et revenant vers l'écorce qu’elle taraude en grande partie pour ménager le trou de sortie de l’insecte parfait.

C’est vers la fin de mai qu'a lieu la transformation en nymphe, puis l’insecte apparait dans les premiers jours de juin.

Faire la chasse à vue à l’insecte parfait, puis éviter le voisinage de vieux troncs qui sont le refuge des larves.

PAUL NOEL

ACADÉMIE DES SCIENCES

Sur les schistes cristallins de l'Oural. Note de M. L. Duparc, présentée par M. A. Lacroix.

. Les roches qui, dans l'Oural du Nord, sont considérées comme appartenant aux schistes cristallins, se trouvent immédiatement au-dessous des schistes argileux attribués au Dévonien inférieur et sont supportées par un complexe de quartziles franches et de conglomérats quartzeux d'âge indéterminée. Ces schistes se rattachent sans exception à deux types pétrographiques distincts ; le premier, de beaucoup le plus répandu, est représenté par des roches généralement quartzeuses, qui ne sont que des sédiments plus ou moins métamorphisés; le second, plus rare et considéré quelquefois, sans preuves d’ailleurs, comme plus ancien, est formé par des roches plutôt basiques, qui sont le produit incontestable de l’écrasement dynamique et de la métamorphose de diabases intrusives, que l’on rencontre fréquemment comme tels.

Une étude détaillée de ces différentes roches a conduit à disdinguer parmi celles-ci plusieurs variétés que l’on retrouve constamment dans l’ensemble de la formation et qui sont, dans le premier type : 1° des schistes quartziteux, qui sont de véritables quartzites recristallisées; ils renferment un peu de zircon, de sphène et de magnétite, quelques jolis cristaux de’ tourmaline,

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de la glaucophane souvent zonée et entourée par une amphibole sodifère, un peu d'épidote, de la séricite, un peu de biotite, de la chlorite et du quartz qui forme de beaucoup l'élément principal; 2° des schistes quartzito-séricitiques qui renferment les mêmes minéraux constitutifs, la glaucophane en moins, et qui sont très riches en séricite mêlée à de la chlorite; 3° des gneiss sérgcitiques à albite ; ces roches renferment un peu de magnétite, de zircon et de tourmaline, beaucoup de sphène en petits grains, du rutile en aiguilles, de la séricite, de la chlorite, de l’albite, puis parfois un péu de quartz et de calcite.

Dans le second type on distingue : 1° des amphibolites albitoépidotiques, qui sont des roches foncées, souvent à peine schisteuses, formées par du leucoxène, un peu de magnétite, beaucoup d’amphibole souvent sodifère et très polychroïque, de la biotite, de l’épidote toujours äbondante, de la chlorite abondante également et de l’albite en quantité très variable; 2° des schistes albito-chloriteux qui renferment beaucoup de sphène, peu de magnétite, de la chlorite, de la séricite plus rare, quelquefois une amphibole de la famille de .la glaucophane, mais avec des propriétés optiques un peu différentes et nouvelles, de l'épidote très constante, de la calcite et de l’albite toujours abondante ; 3° des glaucophanites albito-épidotiques, qui sont formées par de la magnétite, de l’épidote, de la glaucophane abondante, un peu de mica blanc et de pennine en grosses lamelles, puis de l’albite.

Sur l'élaboration de la matière azotée dansles feuilles des plantes vivaces. Note de M. G. ANDRÉ, présentée par M. ARMAND ,GAUTIER.

La feuille joue dans le végétal un role des plus importants : c’est dans la feuille, en effet, que s'élabore la majeure partie de la matière azotée et que l’azote et le phosphore minéraux se transforment en azote et phosphore organiques, ainsi que l’admettent la plupart des physiologistes. Mais les opinions divergent relativement au mécanisme de la migration des produits ainsi formés vers les autres organes de la plante, surtout en ce qui concerne la quantité de ces produits. Etant donnée la mobilité de l'azote et du phosphore, on serait tenté de croire que les feuilles n’en retiennent, en fin de végétation, que des poids minimes. Il résulte cependant d'un nombre considérable de recherches que beaucoup de feuilles sont encore assez riches en azote et en phosphore au moment de leur chute, comme si l'azote, en particulier, ne se trouvait plus à ce moment sous une forme propre à l’émigration ou comme si les phénomènes d'osmose se ralentissaient au point d'entraver cette émigration.

Une série de dosages relatifs aux différentes formes de l’azote ont été effectués par l'auteur et l'ont amené à des résultats intéressants.

La proportion de l'azote total décroit régulièrement à mesure que la feuille vieillit.

La proportion d’azote amidé au contraire décroit rapidement et atteint un minimum qui correspond à la fécondation des fleurs et le mouvement de migration de l'azote amidé s’accentue dès le début de cette période. Lorsque la période de fécondation est achevée, l'azote amidé s’accumule de nouveau dans la feuille. On peut en conclure que cet azote amidé prend naissance d’une façon uniforme pendant toute la durée de la végétation, mais que;! vers la fin de la vie active de la feuille, son émigration est fortement ralentie.

Quelle est la source de l'azote primordial aux dépens duquel s'effectue, dans le cas présent, la synthèse des albuminoïdes ? La quantité d'azote minéral (azote nitrique) rencontré dans les feuilles est excessive“ent faible; des traces seulement de nitrates peuvent y être décelées. :

On sait, d'autre part, que les sols silicieux ne nitrifient pas, ou, du moins, ne renferment que très peu de nitrates. Aussi la question se pose-t-elle toujours, lorsqu'il s’agit ici de la forme initiale de l'azote destiné à la production des albumi= noïdes, de déterminer à quelle source la plante emprunte son azote et sous quel état primitif cet azote se rencontre dans le sol, Malheureusement, il est difficile de répondre à cette question, à moins d'admettre à priori, ce qui d’ailleurs est très vraisemblable,que la source primitive de l'azote est de nature organique, celui-ci étant rendu assimilable parles mycorhizes garnissant les racines de presque tous les arbres qui se développent dans les sols silicieux suffisamment riches en humus.

Quoi qu'il en soit, on doit admettre, dans le cas présent, qu'une synthèse des matières azotées aux dépens des nitrates n’est pas chose probable.

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