LES BLATTES
En raison de la grande quantité de Blattes qui infestent les cuisines des environs de Rouen, je n'ai pas été étonné de recevoir dernièrement la visite d'un cultiva-
teur voisin qui venait me demander des moyens pour détruire ces bêtes répugnantes. Les Cafards pullulent tellement chez moi, me dit-il, qu'il est impossible de prendre un objet dans la maison sans trouver au moins deux ou trois de ces insectes.
Cet orthoptère, connu vulgairement sous le nom de Cafard ou Blatte des cuisines, a pour noms scientifiques : Periplaneta orientalis, Blatta orientalis ou encore Kaderlac orientalis. F
C’est en avril que la ponte a lieu. L’extrémité de l'abdomen de la femelle se goufle alors et forme une saillie, espèce de capsule remplie d'œufs.
Cette capsule a une cloison longitudinale et forme
deux compartiments qui contiennent des cellules ovigères. La femelle la dépose et, peu de temps après, la larve apparaît. Au moment de son éclosion, elle se dépouille de sa première peau, maïs il lui reste encore six mues à subir.
On croit que les autres mues se font à une année d'intervalle, il faut donc que la Blatte atteigne l’âge de cinq ans avant de pouvoir procréer.
L'insecte parfait mesure 25 millimètres environ de longueur.
Son corps est brun châtain, avec les pattes rousses. Les ailes sont bien développées et atteignent presque la pointe de l'abdomen. Les élytres, lobiformes latérales, sont munies de nervures distinctes et couvrent des ailes abortives. $
Les élytres et les ailes se distinguent nettement par la présence de deux valves, en forme de nacelle, qui terminent le dernier segment du ventre.
Ce qui différencie les Periplaneta orientalis des autres orthoptères du genre des Blattes, c’est que, chez les mâles, les deux longs stylets sont très saillants hors de l’abdomen.
Les principales époques de son apparition sont les mois de juin et juillet.
Il semble, d’après la dénomination latine (orientalis) de cet insecte, qu'il doit provenir des pays orientaux, de l'Asie Mineure, probablement
Il est naturalisé dans toute la France, mais il est plus commun dans le Midi.
On le rencontre en plus ou moins grand nombre dans l'Europe entière, où il a été signalé depuis environ cent trente-cinq ans. On le trouve aussi dans les Indes orientales et dans les villes du littoral de l'Amérique. En effet, le transport par les navires de marchandises, où il se plaît à habiter, a favorisé son développement en tous lieux. Au Creusot, dit Brehm, il pullule dans les galeries des mines à toutes les profondeurs, en hiver, comme en été.
Ilest commun dans les boulangeries,-les moulins, les fournils, les cuisines et les brasseries. On ne rencontre jamais cette espèce à l'air libre. Elle habite nos demeures à nos dépens, et n'apparaît pas pendant le jour, car elle demeure cachée dans les crevasses des murs ou dans les coins obscurs.
C’est surtout le soir, vers onze heures que ces insectes se promènent en troupes dans les pièces où ils ont établi leur résidence. Comme le Grillon domestique, ils recherchent la chaleur. On voit, dans les appartements infestés, grouiller ensemble des (Cafards de toutes dimensions, les uns ayant la taille d’une punaise, les autres mesurant jusqu'à 26 millimètres.
Effrayés au moindre bruit, ils s’enfuient en toute hâte et provoquent ainsi une sensation étrange. Mais il est à remarquer que l'apparition brusque d’une lumière les effraie moins qu’un bruit inattendu. Aussi, le bourdonnement d'une mouche, le chant d’un grillon, le passage d’une araignée provoquent-ils dans leur troupe une perturbation subite.
Pour se débarrasser de ces insectes, Brehm conseille de profiter de leur prédilection pour les endroits humides. Ainsi on étendra des torchons mouilles au-dessous desquels ils se rassembleront. On les écrasera ensuite à l’aide d’une palette quelconque.
En écrasant une femelle, on perçoit un claquement sonore, semblable à celui que produit l’écrasement
d'une vessie natatoire de poisson.On peut aussi placer, comme il est d'usage à Lyon, des appâts dans l’intérieur de pots de forme particulière, peu élevés, rugueux à la surface, en forme d’entonnoirs, à déclivité très lisse. Les insectes qui s'aventureront au bord du précipice seront infailliblement entraînés dans le goufre.
PAUL NOEL
CCCOCCISICISCOOCCOCCOOCCCOCONCOcot
IDENTIFICATION DE QUELQUES OINEAUX
REPRÉSENTÉS sur les Monuments pharaoniques
LE CANARD A LONGUE QUEUE OU PILET. Dafila acuta, Linné. — Plus petit que le canard sauvage, le Pilet mesure de 53 à 58 centimètres de longueur. Son corps est svelte, élégant, sa tête petite, son cou aminci et singu-
Fig. 1. — Le canard à longue queue, d’après Champollion.
liërement allongé; sa queue se termine par deux longues rectrices effilées. Agréable de coloration, il a toute la partie supérieure d’un gris tendre, ondé de traits noirs; le dessous d’un blanc pur; la tête de couleur marron, le miroir de l'aile d’un vert cuivré, très brillant, la queue noire et blanche, l'iris d’un brun clair, le bec et les pieds gris d’ardoise (1).
Deux images peintes,se complétant l’une l’autre, rappellent fort bien l'oiseau vivant dans ce qu'il a de plus caractéristique, comme forme et comme couleurs. Dans l’une (fig. 1), la tête est d’un brun jaunâtre, le manteau et les ailes sont jaunes rehaussés
(4) Burrox. PI. enlum. T. IX-X, n° 954.— Gourp. Birds of Europe, vol. V, pl. 365. — Dnesser. À History of the Birds of Europe, vol. VI, pl. 431.
P Hippolyte-Boussac
de noir, le dessus du corps et les pieds bleus, le parties inférieures blanches. Les rectrices effilées sont indiquées par deux pointes placées à l'extrémité de la queue.
L'autre interprétation, représentant le sujet en train de pâturer (fig. 2), est sans doute celle d’un jeune puisque
les deux longues pennes caudales n'ont pas été indiquées.
Cette image complète la première en ce sens, qu'elle nous montre le bec de couleur foncée, le miroir de l'aile vert émeraude et les petits traits ondulés se détachant en noir sur le fond.
Le canard à longue queue habite tout l'hémisphère boréal et émigre vers le sud dans la saison froide. A cette époque, il se montre à Panama, au Japon, en Chine, dans l'Inde, à Ceylan; il n’est pas rare sur les rives du Jourdain et les petits cours d’eau avoisinant la mer Morte (1). Visitant aussi le nord de l’Afrique, il est très abondant dans la Basse-Egypte et le Fayoum où il vitsur les lacs, mêlé à de grandes bandes d'oiseaux ou pâturant avec d'autres canards le long des bancs de sable, sur les canaux et dans les mares; il est moins répandu sur le Nil au-dessus du Caire (2).
Le Pilet niche dans les herbes et les Joncs, sa ponte est de huit à dix œufs d’un blanc verdâtre.
Ce palmipède est l’un de ceux dont les reproductions sont, non seulement les plus fréquentes, mais aussi les plus variées. L'une de ces images nous montre le Pilet les ailes éployées et prenant son essor dans une position légèrement inclinée, presque verticale; ainsi rendu, il équivaut à l’article le, « pa » en égyptien, aussi, sous cet aspect, figure-t-il à satiété, dans les inscriptions (fig. 3).
Je n’ai rencontré le nom égyptien de cet oiseau sur aucune image peinte; seules quelques sculptures accompagnées de légendes
Fig. 2. — Pilet non adulte. (Peinture de Beni-Hassan.)
pourraient nous fixer à cet égard; mais comme dans la plupart d’entre elles les couleurs ont disparu, il est assez difficile de pouvoir identifier sûrement le sujet. Cependant, par sa longue queue, le Pilet est si bien ca
(1) Trisrram. The Fauna and Flora of Palestine, p. 116. (2) Srecrey. The Birds of Egypte, p. 284.
ractérisé que nous croyons le reconnaitre dans un basrelief à Sakkarah surmonté du roupe Set (fig. 4) (1).
Fig. 3. — L'article égyptien pa.
A défaut de coloration, la tête fine, le cou très élancé, les deux longues rectrices, tout dans cette image nous révèle une interprétation du Canard à longue queue, lequel porterait alors le nom de Set. Cette dénomination
Fig. 4. — Sculpture de Sakkarah, d’après Champollion.
nous est, en outre, confirmée par un oiseau de même * espèce, portant un nom semblable, représenté au tombeau de Ti et parfaitement caractérisé par les deux longues pennes de la queue distinctes l’une de l’autre (fig. 5). . Plus fin, plus délicat, comme gibier, que le Canard sauvage, le Canard à longue queue a toujours été fort recherché. Les Egyptiens le capturaient dans les étangs et les marécages à l’aide du filet; chasse fort curieuse, maintes fois reproduite sur les parois des syringes. Dans ces compositions, ce sont généralement des Pilets et des Sarcelles que l’on prend en quantités considérables, leur nombre est tellement prodigieux, qu'il faut jusqu’à cinq individus, quelquefois plus, pour sortir le filet de l’eau et le ramener à terre. Parfois, réussissant à passer à travers les mailles, l’un des volatiles se sauve à tire-d’aile, dans
(1) Comparer cette figure avec l'image de Pilet représentéé dans Burron. Hist. nat. des oiseaux, t. IX, p. 200, pl. XIII (1783).
Fig. 6. — Peinture de l’ancien empire, d’après Champollion.
la poseaffectée àla syllabe pa; mais ici l'interprétation est plus réaliste, plus vivante, moins stylisée et ajoute à l’ensemble du tableau une note infiniment pittoresque (fig.6)
(A suivre.) P.-H. Boussac.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Démonstration de l'existence de la déformation artificielle du crâne à l’époque néolithique dans le bassin de Paris. Note de M. Marcez BAupouIn.
Chargé en mai 1909 de fouiller, pour le compte de la Societé préhistorique de France, la chambre sépulcrale de Belleville, commune de Vendrest (Seine-et-Marne), dont elle est propriétaire, l’auteur a pu extraire de cet ossuaire, d'un genre particulier, une quarantaine de crânes, les uns presque entiers, les autres en morceaux.
Le mobilier découvert au milieu des ossements est nettement néolithique (haches polies, emmanchées ou non; pic-hache, en bois de cerf; petits tranchets, nombreux poignards, objets de parure, etc.).
Presque tous les crânes extraits de la’ partie de l’ossuaire qui ne correspond pas à des sépultures par incinéralion, mais à des sépultures après décharnement spontané. des cadavres à l'air libre, présentent une déformation artificielle, aujourd'hui bien. connue et due au port d’une coiffure spéciale dans le jeune âge.
Cette déformation est tout à fait comparable à la déformation décrite jadis, pour la période actuelle, sous le nom de déforma-
, lion annulaire, par le Dr Lunier (1852),et qui,il y a cinquante ans,
s'observait encore dans les Deux-Sèvres, la Seine-Inférieure, | semaines, cause à l’agriculture de grands préjudices, pour des
certains pays étrangers (Patagonie, etc.). Elle diffère de la variété dite foulousaine, mais elle est de même nature et résulte d’une compression circulaire du crâne, passant derrière le hegma et audessous de linion.
Cette trouvaille est très importante, parce que, jusqu'à présent, on n'avait pas indiqué cette déformation pour les époques préhistoriques proprement dites (âge néolithique, âge du bronze, etc.).
Les tourbières de rochers de l'Afrique tropicale. Note de M. Aucusre CHEVALIER, présentée par M. EpmonD PERRIER. Entre les cinquième et neuvième degrés de latitude Nord, dans
une large bande qui s'étend depuis les sources du Niger d'une
part jusqu'au Baoulé et au golfe de Guinée d’autre part, et qui couvre ainsi une partie de la Guinée française, le nord de la
République de Libéria et le nord-ouest de la Côte d'Ivoire, le sol
est accidenté par une infinité de mamelons et de pics granitiques
dont les plus hauts se dressent de 1.200 mètres à 4.400 mètres audessus de la mer, la pénéplaine qui les environne n’ayant que
200 mètres à 400 mètres d'altitude.
Dans la partie sud de ce territoire, la grande forêt vierge couvre toutes les parties basses d’une façon ininterrompue, il est rare cependant qu'elle monte à plus de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au nord la forêt est remplacée par la brousse soudanaise, sorte de savane avec arbres et arbustes épars rappelant la végétation de parc. La brousse s'élève souvent assez haut sur le flanc des montagnes granitiques; cependant, à part de rares exceptions, la partie culminante des pics est dépourvue de végétation arborescente.
Tous les hauts sommets de cette partie de l'Afrique seraient totalement dénudés, aussi bien en forêt vierge qu’en savane, si une cypéracée ne jouait un très grand rôle dans le peuplement des rochers qu’elle recouvre parfois complètement à l'exclusion de toute autre plante, depuis les parois les plus abruptes jusqu'aux sommets les plus escarpés. Elle appartient à la sous-tribu des ‘Caricæ et a reçu le nom d’Eriospora pilosa, Benth., le genre Eriospora ayant été créé par A. Richard pour une espèce congénère des montagnes d'Abyssinie.
L'espèce de l'Afrique occidentale s'implante sur les rochers les plus arides de granit et de gneiss, là où aucune plante phanéro. game, même charnue, ne pourrait vivre. Les graines germent dans les plus petites fissures de la roche où elles développent un épais cheveln de racines étalées entre les minces plaquettes de granit qui ont été altérées et découpées parallèlement à la surface par les agents atmosphériques.
La plante se fixe d'abord très solidement sur son support : le feutrage deses racines et de ses jeunes rhyzomes remplit toutes les anfractuosités de la roche et s'étale à l'extérieur sur la pierre, tout autour de la touffe de feuille encore acaule.
Les touffes d'Eriospora ne sont pas continues ; elles sont écartées de 0 m. 20 à 0 m. 50 les unes des autres, mais entre chaque touffe s'étend sur le rocher dans les parties peu en pente un feutrage fibreux très humique constituant une véritable couche de tourbe épaisse de 0 m. 05 à 0 m. 30.
Cette tourbe est formée non seulement par les racines et rhizomes des touffes; on y observe aussi un grand nombre de jeunes colonies d’Eriospora tuées peu de temps après leur formation, soit par l'incendie d'herbes, soit par l'absence de lumière, les chevelures de feuilles des grandes colonies se rejoignant souvent d'une touffe à l’autre. Il vient même s’y ajouter aux altitudes élevées des mousses qui jouent probablement un rôle analogue à celui qu’elles remplissent dans les tourbières d'Europe. Enfin, sur les flancs humides du mont Momy, entre 850 mètres et 900 mètres d'altitude, on trouve un véritable Sphagnum qui retient l'eau des pluies et occupe tous les vides entre les touffes de la Cypéracée.
Dans l'Afrique occidentale française, il existe dans les régions montagneuses plusieurs dizaines de milliers d'hectares occupés par ces tourbières d'£riospora. Elles ont vraisemblablement une plus grande extension, puisque ce genre comprend, outre l’espèce de l'Afrique occidentale, quatre espèces spéciales à l'Afrique orientale vivant sur les montagnes depuis l'Abyssinie jusqu’au Nyassaland, une espèce spéciale au Transvaal et une autre à Madagascar.
A moins qu'on ne trouve plus tard à la tourbe d’Eriospora des propriétés spéciales, elle n'a aucune valeur économique dans des régions où le bois est abondant.
Le ralentissement de l’assimilation végétale pendant E p
les temps couverts. Note de MM. A. Münrz et H. Gaunr- CHON.
Le temps couvert, pluvieux et froid qui règne depuis plusieurs
raisons diverses. Celle qui a les plus graves conséquences corsiste dans le ralentissement de l'élaboration de la matière carbonée constituant la principale masse des produits des récoltes.
L’assimilation du carbone est intimement liée à la radiation solaire, sous l'influence de laquelle l'acide carbonique aérien fournit les matériaux des tissus végétaux, en particulier les sucres, l’amidon, la cellulose. On comprend que lorsque l’intensité de cette radiation diminue, il y ait une diminution correspondante dans la formation de la matière végétale.
Pour évaluer le tort qui peut être porté aux cultures par le manque de soleil, les auteurs ont établi, pendant cet été, une série de recherches, qui ont surtout porté sur le blé, en déterminant le rapport, dans une atmosphère d’acide carbonique à faible pression, entre les quantités d'oxygène dégagées par les feuilles, suivant que le ciel est clair, plus ou moins couvert, ou encore chargé de nuages épais. Cet oxygène sert directement de mesure au carbone assimilé par la plante.
Or ces expériences ont permis de constater que pendant l’insolation directe, les quantités de carbone fixées par la végétation sont en moyenne cinq fois plus fortes que pendant les temps sombres et pluvieux.
Il y a donc déficit dans le rendement, ou tout au moins retard considérable dans la maturation, par suite de l'abaïissement de l'assimilation du carbone pendant les temps couverts, quand la durée de ceux-ci se prolonge.
Le grand nombre de journées sans soleil pendant le mois de juin et la première moitié de juillet de cette année n’a Conc pas permis une élaboration normale des matériaux qui constituent les récoltes et aura une répercussion sur la production de toutes les cultures, par la diminution de l’activité chlorophyllienne.
Sur une oscillation de la mer constatée le 15 juin 4909 dans le port dé Marseille. Note de M. Louis Fasry, présentée par M. Brcourpan.
Le mardi 15 juin 1909, vers 9 heures du matin, la mer se mit à osciller dans le port de Marseille, les eaux baissèrent et montèrent alternativement et oscillèreut ainsi jusqu'à midi. L’amplitude de cette oscillation était, au début, de 80 centimètres suivant les uns, de 40 centimètres seulement suivant d’autres. La durée de l’oscillation était d’environ un quart d'heure.
La population, impressionnée par le tremblement de terre du 11 juin, regardaït avec étonnement ce mouvement des eaux, et l’on se demandait s’il n’était pas dû à quelque soulèvement lointain du fond de la mer. Cette oscillation paraît tenir à un phénomène météorologique, à une hausse subite du baromètre, marquée sur les enregistreurs des Observatoires de Marseille et de Nice, et sur ceux de M. Schmitt, opticien à Marseille. En effet, ces appareils, et ceux à lecture directe de la pression barométrique, montrent que vers 9 h. 10 le baromètre est monté brusment d'environ 2 millimètres. Cette hausse à été très brusque, car elle s’est produite en une dizaine de minutes seulement, après quoi le baromètre est resté à peu près stationnaire pendant une heure; puis il est redescendu assez vite, mais moins rapidement qu’il n’était monté. :
L'oscillation commença vers 8 h. 40, donc une demi-heure avant la hausse du baromètre. Malgré cela il paraît bien probable que les deux phénomènes sont liés l’un à l’autre. Sans doute, une hausse barométrique, due à une. cause inconnue, et plus forte peut-êlre que celle constatée à Marseille, se sera produite sur la Méditerranée, ou, s'étant produite ailleurs, se sera avancée sur cette mer. è
En pesant sur l'eau, la pression de l'air aura produit une onde qui, s'engouffrant dans le golfe et le port de Marseille et augmentant ainsi d'intensité, aura donné lieu aux oscillations d: la mer. Mais en même temps que le phénomène atmosphérique, la hausse barométrique se déplaçaitet elle ne sera arrivée sur la ville de Marseille qu'une demi-heure après l’onde marine.
Quant à cette variation subite de la pression atmosphérique, on n’en voit pas d'explication et on peut se demander si elle ne tiendrait pas à quelque phénomène exceptionnel qui se serait passé à une grande distance.
Le Gérant : PAUL GROULT.
Paris. — Imp. Levé, rue Cassette, 11.
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