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B. — SOUS-FAMILLE DES CUSCUTACÉES

C'uscuTA, L. — Plantes parasites, sans feuilles vertes, à tiges grèles, s’attachant à la tige des plantes herbacées au moyen de sucoirs. Ovaire plus ou moins 2-loculaire, à 4 ovules. 2 styles entièrement concrescents à la base. Embryon fortement enroulé sur lui-même; radicule sans coiffe, cotylédons nuls ou seulement rudimentaires. — 90 espèces: Régions chaudes et tempérées du Globe.

Fig. 31.

Fig. 35,36, 37 et 38. — Cuscula Epithymum, Murr. Fleur. — Corolle étalée. — Diagramme. — Graine coupée en long.

(Les Cuscutes sont des plantes parasites très redoutables surtout lorsqu'elles attaquent la luzerne, le trèfle, et autres végétaux fourragers. — La C. reflexa, des Indes Orientales, est cultivée, comme plante d'ornement, sur des Pelargonium, à cause de ses fleurs rappelant celle des Muguets.)

Henri Coupin et Louis CAPITAINE.

LES CHENILLES DES HELICHRYSUM

B. — MICROLÉPIDOPTÈRES (1).

1. Homæosoma nimbella, 2. — La chenille de cette vulgaire espèce vit dans les anthodes des Helichrysum stœæchas et. angustifolium et de nombreuses autres Composées, des genres Solidago, Aster, Senecio, Artemisia, Carlina, Carduus, Lactuca, Linosyris, etc. Elle peut avoir deux générations annuelles : juin et août-octobre.

2. Amphithrix sublineatella, Stgr. — Constant (Ann. Soc. e.Fr., 4884, p. 10) a décrit cette chenille. Elle est très facile à trouver, grâce aux. longues galeries soyeuses qu'elle tisse le long des tiges des Helichrysum stæchas et serotinum, en employant le tomentum abondant de ces plantes. Apparaissant déjà dès le mois de septembre, elle hiverne, et atteint toute sa grosseur en Mars et avril suivants.

L'espèce n’est pas particulière à la Provence, elle se

prend aussi communément peut-être dans le Languedoc. ON DAS PDT RCE See Mn ee

(1) Voir le Naluraliste, n° 453,

3. Pyrausta ærealis,Hb.—Zeller dit de la chenille de lav. Opacalis : «Ihre Nahrung ist bei uns Gnaphalium arenarium, nicht dioicum (wie v. Tischer bei Treitschke falschlich angiebt). » Stett. ent. Zeit., 1872, p.98. Dans nos montagnes, Alpes et Pyrénées, la chenille d'ærealis vit en juin et juillet, selon l'altitude, sur les Thymus du groupe du serpyllum, montanus et chamædrys. Elle se chrysalide sous les pierres. Son cocon y adhère et est facile à trouver.

Plusieurs tentatives faites pour obtenir des pontes de Pyrausta ærealis, sont demeurées infructueuses. Les ® 9 ont toujours refusé de pondre. Il en a été de même pour Pyrausta limbopunctalis des montagnes du Guadarrama, en Espagne.

4. Pyrausta porphyralis, Schiff. — M. H. Disqué (Stett. ent. Zeit., 1890), en fait vivre la chenille sur l'Helichrysum arenarium, en mai. Les autres auteurs indiquent les Menthes et l’Origan.

5. Trichoptilus siceliota, Z. — Hartmann, p. 128, mentionne cette chenille sur l'Helichrysum arenarium. En France, elle vit plutôt sur les Cistes, Cistus monspeliensis, saliviæfolius, aux dépens surtout des boutons floraux. De même en Algérie, au nord; mais au sud, à Biskra, où lord Walsingham a pris le papillon, il n’y a pas plus de Cistes que d'Helichrysum ; elle doit vivre sur une autre plante. On cite, en outre, pour la nourriture de cette chenille, que Millière a décrite et figurée dans le VIITe fascicule de sa Lépidoptérologie, Poterium spinosum (Her. Sch.) et Ononis pinguis (Mann).

6. Platyptilia tesseradactyla,L.— C’estsurtout sur le Gnaphalium dioicum (vulgd Pied-de-Chat) que vit la chenille de Plat. tesseradactyla, aux dépens des tiges et des fleurs, de mars à juin, selon les localités et l’altitude. Elle n’est pas rare dans nos montagnes.

Œuf. — Relativement petit, ovale assez régulier; surface sans dépressions, mais chiffonnée, luisante. Couleur jaunâtre. ;

Chenille. — Adulte, elle mesure 8-9 millimètres; fusiforme, atténuée antérieurement et postérieurement à partir du 6° segment, brusquement amincie aux segments extrêmes; incisions segmentaires peu profondes. Sa couleur est un mélange de vert jaunâtre et de brun rougeâtre. Ligne dorsale très fine, bordée de rougeûtre, assez nette sur les premiers segments, peu distincte sur les autres; sous-dorsales un peu plus larges, marquées seulement sur les trois premiers segments ; supra-stigmatale formée de stries un peu obliques; deux lignes latéroventrales formées de stries semblables; aucune ligne ventrale distincte ; toutes ces lignes sont d’un vert jaunâtre; verruqueux très petits, mais bien distincts, brun foncé ou noirâtre, au centre de larges éclaircies vert jaunûtre; avec poils blonds assez longs, un peu plus d’un millimètre; tête plus petite que le premier segment, presque globuleuse, d’un noir brillant, sauf l'épistome et les organes buccaux, qui sont brun roux; écusson noir, finement divisé au milieu; clapet noir; pattes écailleuses noires, membraneuses vert jaunâtre, à crochets noirâtres ; stigmates très distincts brun noirûtre.

La chenille se tisse un léger cocon de soie blanchâtre entouré de feuilles, dans la dernière pousse qu'elle a dévorée.

Chrysalide. — Mince, allongée, atténuée vers les derniers segments, de couleur brun noirâtre sur le thorax, brun rougeâtre sur les premiers segments abdominaux et les ptérothèques et brun jaunâtre sur les derniers seg-

ments. Surface rugueuse sur le thorax, où se voit un 1!

large et profond sillon, finement plissée transversalement même sur les ptérothèques, dont les nervures sont faiblement indiquées; extrémité des enveloppes des pattes, antennes et ailes libres; verruqueux peu distincts, brun rougeâtre comme les plis, stigmates mamelonnés, jaunâtres; mucron large, tronqué, le bord supérieur relevé en pointe, garnie de soies raides dont l'extrémité se courbe en arrière et armé d'une corne en avant des soies; le bord inférieur porte deux mamelons, à la place des pattes anales de la chenille.

7. GypSochares baptodactyla, Z. — J'ai trouvé cette chenille sur l'Helichrysum stæchas, dans l'Ardèche, et sur le serotinum, dans l'Hérault et l'Aude. Elle y est toujours rare. Elle est de beaucoup plus commune en Espagne et en Corse sur l’Helichrysum angustifolium.

Chenille. — Adulte, elle mesure 7 millimètres. Fusiforme, atténuée en avant à partir du 4° segment, et en arrière, à partir du 7°; incisions segmentaires assez profondes; arrondie et arquée sur le dos du 1er au 4e segment, puis s’abaissant progressivement jusqu'au dernier; aplatie en dessous; couleur verte ou vert blanchâtre; dorsale (vasculaire) fine, vert plus foncé; sous-dorsales indistinctes; stigmatales plus larges, blanchâtres, devenant obsolètes; verruqueux comme tuberculés et garnis de poils étoilés de différentes tailles, 0 millim., 5 à 7 millimètres, les plus courts sont blancs ou blonds, les plus longs sont bruns; ces derniers s'élèvent surtout des tubercules représentant les trapézoïdaux et les verruqueux suprastigmataux ; tête plus petite que le 1er segment, un peu aplatie inférieurement, arrondie au sommet des lobes, d’un vert clair tendant au jaunâtre, ocelles brun foncé; écusson, clapet et pattes de la couleur du fond; stigmates très petits, noirs.

La présence de cette chenille sur sa plante nourricière se reconnait au retroussis du tomentum de la surface inférieure des feuilles dont le parenchyme est dévoré et dont la surface supérieure est décolorée. La chenille devient ensuite rosâtre avant de se fixer pour la métamorphose, ce qu’elle fait soit sur les tiges elles-mêmes de la plante, soit sur une petite pierre ou un objet voisin, de mars à fin mai, suivant les localités.

Chrysalide. — Longue de 6,5 millimètres, un peu rétrécie vers le milieu, puis élargie aux segments abdominaux et atténuée jusqu'au mucron, est d’un vert blanchâtre, avec une dorsale fine, maculaire, brune, deux bandes sous-dorsales formées de taches allongées ou de gros points au milieu des segments, d'un noir bleuâtre et des bandes brunes sur les ptérothèques; elle présente sur le dos un large sillon longitudinal allant d’un bout à lautre de la chrysalide ; les crêtes sont garnies de tubercules, avec poils disposés en éventail et dont les extrémités sont divergentes, les plus grands occupant le centre de chaque tubercule; d’autres poils d’une longueur double se trouvent sur le thorax, six de chaque côté, leur pointe est droite; la carène latérale est également garnie de tubercules pilifères à poils en éventail; entre les crêtes dorsales et latérales et au-dessous de ces dernières se voient encore quelques mamelons portant un ou deux poils ; bords des enveloppes des ailes et des antennes garnis de poils serrés ; tous ces poils sont blancs ou blanchâtres ; stigmates indistincts; mucron court, élargi à la base, qui est garnie de nombreux poils courts, à crochets et terminé par un petit bec portant quelques poils semblables, disposés en éventail.

Éclosion du papillon, d'avril à juin.

8. Eulia (Tortrix) politana, Hw. — Cette chenille très commune dans le Midi et les Alpes, vit sur quantité de plantes des genres : Erica, Coriaria, Lotus, Ledum, Scabiosa, Ranunculus, Vaccinium, Centaurea, Senecio, Aster, Quercus, Salix, Clinopodium, Potentilla, Seseli, Centranthus. Je l'ai trouvée dans l'Ardèche sur l’Helichrysum stæchas.

L’espèce a deux générations juin-juillet et août-0ctobre, selon les localités.

OŒŒuf. — En forme de calotte elliptique peu régulière et très plate; surface finement chagrinée et chiffonnée; couleur vert jaunâtre, brillant. Est pondu imbriqué en petites pontes agglomérées.

Chenille. — Adulte, elle mesure 16-17 millimètres à peau tendue. Mince, atténuée aux extrémités, du 4° segment à la tête et du 40e au dernier ; couleur d’un vert luisant en dessus, avec le vaisseau dorsal plus foncé, et d’un vert pâle en dessous; verruqueux assez grands, faiblement mamelonnés, blancs, avec poils blanchâtres, courts; tête petite, couleur d'os ou de miel, luisante, légèrement verdâtre, ocelles noirs; écusson vert; clapet d'un vert plus mat, finement pointillé de noir; pattes écailleuses blanchâtres, à crochets ferrugineux; membraneuses comme le dessous; stigmates petits, bruns. Elle lie ensemble les feuilles terminales en forme de petit paquet et s’y métamorphose.

Chrysalide. — Assez allongée, brusquement rétrécie et atténuée aux trois derniers segments ; couleur brun jaunâtre, feuille morte; surface finement striée ou chagrinée sur le thorax et les ptérothèques, lisse sur l'abdomen ; nervures des ptérothèques assez nettement indiquées; dents des rangées dorsales de l'abdomen médiocres; stigmates assez gros, un peu mamelonnés, noirâtres ; mucron allongé, en bec de cane, incliné en bas, strié lon-

‘gitudinalement et inférieurement, brun brülé ou noir,

garni de quelques soies raides sur les côtés au milieu et terminé par quatre soies semblables, courbées et dirigées en dessous, rousses et à crochets.

9. Cacæcia (Tortrix) strigana, Hb.— Cette chenille, également polyphage, a été trouvée sur l'Helichrysum arenarium par Buttner (Ent. Zeit., 1880, p. 401). Chez nous, elle semble préférer les Légumineuses et elle a deux générations. J'ai eu, en effet, au mois d’août le papillon d'une éducation faite d’une ponte obtenue en juin précédent.

L'œuf a la forme d’une petite calotte largement elliptique, presque ronde et très plate. Surface couverte de petites dépressions polygonales irrégulières à bords nets, dessinant une fine réticulation. Couleur jaune verdâtre. Ponte en petites plaques arrondies comprenant une douzaine d'œufs imbriqués.

La petite chenille éclôt une dizaine de jours après la ponte. Elle est mince, assez allongée, d’un jaunâtre très clair; tête plate avec ocelles et bouche noirâtres; verruqueux indistincts. Elle verdit après avoir mangé. Elle est très rustique et s'élève presque sans soins. Elle vit entre les feuilles, soit liées par de la soie assez abondante, soit roulées et a des mœurs semblables à celles de la plupart des Tortrix. Cf. Gärtner, Nachtr., 1810, p. 79.

Les autres plantes indiquées pour sa nourriture sont Artemisia campestris, Senecio, Trifolium, Medicago, Galium verum, Jurinea cyanoïdes, Euphorbia, Helianthemum (Disqué). 10, Conchylis cebrana, Hb. — Ant. Schmid a

(oo

décrit cette chenille (Berl. ent. Zeit., 1863, p. 58j, qui vit dans un tuyau soyeux parmi les fleurs du Gnaph. (Helichrysum) arenarium, en août.

11. Conchylis impurana, Mn.— J'ai observé cette chenille dans les Pyrénées-Orientales et dans l’Hérault. Elle vit en juillet à l’intérieur des tiges de l’Helichrysum serotinum, qu’elle mine en commencant par le sommet. Sa présence se reconnaît à cette particularité que le sommet des tiges habitées est desséché et incliné.

Plus tard, il devient difficile de trouver la chenille, parce que les tiges minées se cassent par suite de leur complète dessiccation et sort emportées au loin par le vent. Quelques chenilles quittent parfois leur tige minée et vont s’enfoncer dans de vieilles tiges de l’année précédente. Dès la première quinzaine d'août, elles se chrysalident. Elles passent l'hiver en cet état et donnent leur papillon en juin suivant.

Chenille. — Adulte, elle mesure 14-16 millimètres à peau tendue, est très allongée, très mince, subcylindrique, renflée aux 2e et 3° segments; incisions segmentaires bien prononcées; couleur blanc verdâtre, sans lignes apparentes; verruqueux larges, un peu mamelonnés, blancs, les trapézoidaux très rapprochés et disposés en carré, les postérieurs plutôt elliptiques, poils très courts, blancs, le plus souvent absents; tête un peu cordiforme, à lobes arrondis, couleur de liège ou brune, ocelles noirâtres; écusson vert jaunâtre clair; clapet de même; pattes écailleuses fortement mamelonnées à la base, avec articles d’un corné clair; membraneuses subsessiles, avec crochets roux clair; stigmates très petits, peu distincts, sauf le premier, brun jaunâtre.

Chrysalide. — Allongée, mince, longuement rétrécie vers les derniers segments, brun jaunâtre; surface paraissantluisante; nervures des ptérothèques indistinctes; dents de la rangée antérieure assez fortes, celles de la rangée postérieure beaucoup plus petites ; stigmates faiblement mamelonnés, ceux des derniers segments peu distincts; mucron large, tronqué, garni de petits mamelons portant des soies à crochets et disposées en éventail.

L'intérieur de la tige creusée où se trouve la chrysalide est tapissé de soie blanchâtre; un orifice se trouve sur le côté, préparé par la chenille pour la sortie du papillon. La chrysalide vide y reste à moitié engagée.

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