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DESCRIPTIONS DE COLÉOPTÈRES EXOTIQUES NOUVEAUX

Ancholæmus attenuatus, n. sp. Etroit et allongé, atténué aux deux extrémités, brillant, brunâtre, avec l'avant corps obscurci ; palpes et antennes foncées ; patles roussâtres. Tête longue, en partie revêtue d’une pubescence soyeuse grisâtre ; antennes flabellées à partir du quatrième article avec le troisième article long; prothorax conique, très rétréci en avant, fortement impressionné et sillonné en dessus, sinué en arrière avec le lobe médian échancré, densément ponctué, revêtu de la même pubescence que la tête; élytres très longs, fortement atténués à l'extrémité, impressionnés et ornés sur la base d’une courte bande jaunâtre, pubescente, soyeuse, pubescent de fauve gris sur le reste. Longueur 15 à 16 millimètres. Brésil : Rio Verde (coll. Pic).

Espèce remarquable, différente de lyciformis Gerst, soit par sa coloration, soit par la forme très atténuée des élytres en arrière.

Macrosiagon bisbinotatus (? peut-être variété de Zimba* tus F.) Etroit et allongé, atténué en arrière, noir avec le premier arlicle des antennes, les cuisses et partie de l’abdomen roux; élytres noirs ornés sur chacun de deux macules discales allongées jaunâtres, l’une près de la base, l’autre avant le sommet, ces organes courtement déhiscents et terminés en pointe saillante; prothorax long, à lobe médian long, triangulaire ; vertex élevé et arrondi au sommet. Longueur 5 millimètres. Brésil : Rio Verde (coll. Pic).

Diffère de limbatus F, au moins par ses élytres maculés.

Caryopemon giganteus n. sp. Très grand et modérément allongé, déprimé, noir, revêtu, médiocrement en dessus et densément en dessous, de pubescence d'un gris jaunâtre avec le prothorax orné d’une bande médiane et de deux latérales pubescentes. Tête longue; antennes robustes; prothorax assez long, fortement rétréci en avant, sillonné sur le milieu, orné de quelques gros points irrégulièrement placés; élytres relativement longs, fortement striés; pygidium très saillant, uniformément pubescent. Longueur 12 millmètres. Chine : Yunnan (coll. Pic).

Espèce remarquable par sa grande taille et par l’absence de macules sur les élytres.

Malegia maculata n. sp. Large, noir bronzé, presque mat sur l'avant corps, brillant sur les élytres, base des antennes et pattes testacées, élytres ornés de fascies ondulées ou de macules grises. Tête et prothorax densément ponctués, ce dernier, plus long que large, bordé de blanc sur les côtés; élytres courts et larges, ruguleusement ponctués, à fascies ou macules grises placées près de la base, au milieu et vers l'extrémité apicale interne; dessous du corps en partie densément revêtu de poils blancs sur les côtés. Longueur 4 millimètres environ. Afrique Australe : Beaufort (coll. Pic.).

Distinct entre tous par les élytres à dessins gris er à placer près de caffer Pic.

MAURICE Pic.

REVUE SCIENTIFIQUE

Les ressemblances de la figure humaine et de la physionomie animale. — La lutte des insectes contre leurs parasites et lesvariations de leur existence.

Une revue mondaine s’est amusée à comparer la figure de quelques-uns de nos plus notoires contemporains avec la physionomie de divers animaux non moins honorablement connus. C’est ainsi qu'elle a trouvé que Edmond Rostand est un Rat, Coquelin un Dogue, Richepin et Mounet-Sully des Lions, Antoine un Singe, Fallières et Henri Rochefort des Coqs, etc. A ce propos, on a demandé à M. Edmond Perrier ce qu'il pensait de cette fantaisie et si vraiment il pouvait y avoir quelque ressemblance entre le moral d’une personne et la nature de l'animal que sa face reflète. Avec son esprit habituel le savant Directeur du Muséum a donné la « consultation » qui suit,

La tête humaine étant formée des mêmes éléments que celle des mammifères, il n’est pas étonnant que des modifications, même assez légères, dans les proportions et en diverses parties, évoquent le souvenir de certains arimaux; d'autre part, la passion imprimant sur le visage des stigmates qui peuvent rappeler la physionomie des animaux d'un caractère connu, comme aussi les sertiments habituels, sont susceptibles de fixer les traits du visage dans l'expression de laquelle ils se trahissent. Il y a donc deux catégories de ressemblances : celles qui sont fortuites et qui ne permettent de rien pressentir du moral de l’individu qui les présente; celles qui sont le résultat des jeux habituels de la physionomie et qui peuvent très bien trahir un caractère analogue à celui des animaux qu’elles rappellent. Un nez aquilin ne fait pas nécessairement un aigle de celui qui le porte; mais, s'il s'accompagne d’yeux au regard fixe, volontaire, la ressemblance avec un oiseau de proie se complète et peut impliquer une certaine ressemblance de caractère. Un visage allongé, étroit, au nez long, convexe et tombant, au menton pointu, est ce qu’on appelle une figure de Chèvre. Cela ne signifie nullement que l’humeur soit également bizarre et capricieuse; toutefois, si le front est étroit et fuyant, la ressemblance se complique d’une présomption de faible intelligence et, par conséquent, d'une tendance au caprice et à l’entêtement.

L'extrème petitesse du cerveau, qui se traduit par la microcéphalie, comporte une tête d'oiseau qui coincide avec le caractère mobile et les gestes sautillants de ces dégénérés. La grandeur et la tranquillité des yeux rappellent invinciblement la Gazelle paisible, elle aussi, et tranquille ; c’est ici une ressemblance de la deuxième

| catégorie.

Mais certaines ressemblances peuvent être obtenues par d'autres moyens : un visage large, s’il est encadré d'une chevelure et d'une barbe arrangées de manière à simuler une crinière, peut, si la tête est portée haut, rappeler une tête de lion. Mais ces lions-là sont, en général, trop occupés de leur figure pour avoir les vertus des autres. En somme, la figure humaine diflère de celle des animaux par la hauteur et la largeur du front, la saillie du nez, la direction des yeux en avant, le faible développement des mächoires, la direction verticale de la ligne médiane du menton, la présence d’un lobule aux oreilles, qui sont ourlées et arrondies en haut. Toutes les fois que ces caractères se modifient en s’amoindrissant une ressemblance animale peut apparaître sans que cela tire à conséquence. La mobilité de la physionomie est un autre caractère essentiellement humain ; les ressemblances animales qu’elle prend quand elle se fige peuvent avoir une tout autre portée.

. Dans un travail sur l'utilisation des insectes auxiliaires entomophages dans la lutte contre les insectes nuisibles à l’agriculture, M. Paul Marchal remarque que, dans beaucoup de cas, l'espèce parasite se maintient toujours à peu près au même niveau que l'espèce parasitée et que les fluctuations qu'elle peut présenter ne sont que d'importance secondaire. Les parasites agissent alors comme un frein modérateur à action continue et empêchent l'espèce nuisible de se multiplier d’une façon excessive; ils sont eux-mêmes en nombre à peu près constant d'une année à l’autre.

En fait, la régulation ne peut être considérée en aucun Cas comme le résultat exclusif de l’action d’une espèce parasite donnée, dont la fécondité serait proportionnée à celle de l’espèce hôte et dans un rapport tel que celle-ci se maintiendrait à un taux numériquement constant. La fécondité de l'espèce parasite n’est qu'un des facteurs qui détermine cet équilibre ; s’il est vrai qu'il soit d’une importance capitale, il ne doit pas pourtant nous empécher de tenir compte des autres, au nombre desquels se rangent :

1° Les hyperparasites ou parasites secondaires, vivant aux dépens des parasites primaires et pouvant avoir eux-mêmes des parasites tertiaires.

2° Les coparasites, c'est-à-dire les espèces vivant dans le même hôte et se trouvant par conséquent les unes avec les autres en concurrence vitale des plus actives.

3° Les espèces phytophages faisant concurrence à l’espèce hôte.

4° Les ennemis de toute nature (oiseaux insectivores, etc.) attaquant soit l'espèce phytophage, soit l’espèce parasite ;

5° Les conditions climatériques influençant, dans un sens favorable ou défavorable, soit l'espèce hôte, soit les parasites, les hyperparasites ou les ennemis de tout ordre, susceptibles d'attaquer les insectes.

60 La rapidité avec laquelle se succèdent les générations de l’espèce hôte d’une part et de l’espèce parasite de l’autre.

7° La faculté que présente l’espèce phytophage d’échelonner les individus d'une même génération parvenus au même stade sur une période plus ou moins longue, cette faculté pouvant tenir soit à la prolongation plus ou moins grande de la période pendant laquelle les germes d’un même individu sont émis, soit beaucoup plus encore à l'existence d’une variabilité parfois très étendue dans la durée du développement des individus.

8° Une faculté semblable à la précédente pouvant se présenter chez l'espèce parasite.

Le facteur n° 7 pris isolément ou combiné avec le facteur précédent a une importance capitale pour préserver l'espèce hôte de l'anéantissement par l'espèce

parasite, Trois exemples suffisent pour s'en rendre compte :

Premier exemple. — L'Encyrtus (Ageniaspis) fuscicollis est un byménoptère parasite dont le pouvoir prolifique est immense puisqu'il présente le phénomene tout à fait exceptionnel de la polyembryonie, c’est à-dire qu'un seul de ses œufs peut donner naissance à plus d'une centaine d'individus et qu'il est capable de pondre ainsi des centaines d'œufs susceptibles de se multiplier d'une facon immédiate. Or, cet Encyrtus opère sa ponte dans les œufs d’un Papillon du genre Hyponomente, qui n’a d’ailleurs qu'une seule génération par an, ainsi que l'Encyrtus luimême. Dans ces conditions, on peut se demander comment les Hyponomentes, au lieu d’être promptement anéantis, sont, au contraire, capables de se multiplier certaines années au point d'être très nuisibles aux arbres fruitiers pendant leur phase larvaire et cela, malgré le concours d’autres parasites, notamment des Tachinaires. Les raisons en sont certainement multiples; l’une d’elles est le temps pendant lequel dure l’essaimage de l’Encystus, lequel est notablement plus court que la période de ponte des Hyponomentes. Quelque immense que puisse être le nombre des Encyrtus qui apparaîtront dans une saison, on peut donc être certain que jamais toutes les pontes d'Hyponomentes ne seront parasitées, et la génération adulte des Encyrtus sera déjà disparue, alors que les Hyponomentes continueront encore à déposer des œufs qui échapperont ainsi forcément au parasite.

2e exemple. — Uhez la Cécidomye destructeur, petit Diptère dont la larve peut être extrêmement nuisible au Blé, les générations peuvent se succéder sans interruption pendant toute l’année et, dans des conditions particulièrement favorables, il peut y en avoir ainsi cinq ou six. De plus, le temps nécessaire pour qu'un individu achève son développement est extrêmement variable suivant les conditions dans lesquelles se trouve les pupes et notamment suivant qu'elles se trouvent dans une partie de la plante encore verte ou voisine de la terre, ou bien dans un chaume desséché; les unes pourront poursuivre leur développement complet en quelques semaines, tandis que d’autres, se trouvant dans des conditions de sécheresse exceptionnelle, pourront n’éclore qu'au bout d’une ou même deux années. Les Hyménoptères parasites vivant aux dépens de la Cécidomye, et qui peuvent apparaître en quantités innombrables, n'ont au contraire que deux générations annuelles au maximum et ils n'apparaissent qu’à une époque définie et pendant un laps de temps généralement court. Or, comme ces parasites ne s’attaquent jamais qu’à l’une des phases de développement de l'insecte (œuf ou larve, suivant les espèces parasites), il résulte de ce qui précède qu'il y aura toujours, à l’époque où ils chercheront à pondre, des individus de l'espèce nuisible qui leur échapperont, parce qu'ils se trouveront dans une phase de développement ne pouvant leur convenir, et, lorsque la génération des parasites sera passée, ces individus seront restés indemnes et constitueront la réserve indispensable à la perpétuation de l'espèce. Il n’est pas nécessaire d’ailleurs que cette réserve subsiste sur toute l'aire de répartition de l'espèce phytophage : elle peut se trouver anéantie dans certaines localités par un concours de conditions climatériques ou de facteurs d’une autre nature, ayant une influence défavorable, et c'est ainsi que peuvent s'expliquer les faits de disparition locale de certaines espèces dont la Cécidomye destructive nous donne ellemême parfois des exemples.

3° exemple. — Dans le cas précédent, les conditions de milieu et, en particulier, la sécheresse relative (deshydratation) jouent un rôle de premier ordre dans la détermination des retards de développement, et l'adaptation de l’espèce phytophage consiste à réagir d’une facon

plus ou moins énergique aux influences extérieures. Dans d’autres cas, l'espèce phytophage a acquis une grande variabilité dans la durée nécessaire au développement des individus : cette variabilité, qui paraît être indépendante des conditions de milieu, consiste, en réalité, dans ce fait que les individus divers présentent une puissance de réaction variable à des influences extérieures identiques. C’est ainsi que, d’après Boisduval, les chrysalides des Bombyx everia et lanestris, qui occasionnent de grands ravages en Allemagne, éclosent d’une facon fort irrégulière, HENRI COUPIN.

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TABLEAUX DICHOTOMIQUES

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