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LA TENTHRÈDE DE LA RAVE

(Athalia spinarum)

J'ai déjà donné, je crois, dans le journal le Naturaliste, la description et les mœurs de la Tenthrèdé de la rave; je ne m'étendrai donc pas davantage sur la description de cet hyménoptère. Mon collègue M. le Dr Paul Marchal, directeur du Laboratoire d'Entomologie de Paris et professeur de zoologie à l'Institut national agronomique, a du reste publié un travail très intéressant sur l’évolution de cet insecte et sur les dégâts qu’il a occasionnés en 1901 aux environs de Paris, et je crois bien faire en mentionnant dans ce journal les principales méthodes destructives et préventives, conseillées par M. le Dr Paul Marchal pour enrayer les ravages de la Tenthrède de la rave. ;

INSECTICIDES. — a). Emulsions de pétrole. — Comme méthode de traitement, j'ai surtout conseillé les pulvérisations avec les émulsions de pétrole qui, si elles sont convenablement employées, peuvent avoir raison de la plupart des chenilles ou larves vivant aux dépens des feuilles.

Pour appliquer les émulsions de pétrole, j'ai recommandé la formule suivante : eau, 4.500 grammes ; savon noir, #00 grammes; pétrole, 1.000 grammes.

Faire fondre le savon dans l'eau chaude et ajouter ensuite le pétrole très lentement en agitant constamment. Mettre un litre de ce mélange qui doit avoir l’aspect d’un lait jaunâtre dans dix litres d’eau et pulvériser; augmenter ou diminuer la concentration suivant les indications.

Ou bien encore : savon noir, 2 kilogr.; carbonate de soude, 1 kilog.; pétrole, 3 litres ; eau, 100 litres.

Faire fondre le savon et le carbonate dans vingt litres d’eau chaude; ajouter le pétrole lentement et en agitant constamment de façon à obtenir un mélange homogène. Ajouter ensuite le restant de l’eau.

Les champs qui ont été traités par ces émulsions de pétrole ont êté en grande partie préservés, bien que le mode d’application employé, consistant généralement en arrosages, laissât fort à désirer. |

b). Emulsions d'huile de graine. — Les émulsions d'huile de graine m'ont paru aussi de nature à donner de bons résultats et, à titre d'expérience, j'ai conseillé l’emploi du mélange de Fouquier d'Hérouëél : huile de colza, 15 kilogr. ; savon noir, 1 kilogr. ; eau, 84 kilog.

Mais tous les cultivateurs de la région envahie par la Tenthrède de la rave ont préféré s’en tenir au pétrole dont ils constataient les bons effets.

M. Marchal conseille aussi l’emploi de la chaux en poudre fraîchement éteinte, c’est-à-dire de répandre ce produit sur le sol, le soir par un temps un peu frais, en ayant eu soin, au préalable, de faire tomber les larves, mais ce procédé n’est pas toujours efficace, puis de creuser des fossés à parois verticales et ayant au moins 20 centimètres de profondeur ; ce procédé a été appliqué par plusieurs cultivateurs qui s'en sont bien trouvés. Lorsque les larves viennent à émigrer des champs dévastés, elles se dirigent alors vers les champs Voisins ; les fossés ont donc pour but de recevoir ces larves qui viennent y tomber en masse et qu'il est alors facile d'écraser.

La récolte des insectes parfaits donne aussi de bons résultats, mais il ne faut pas oublier que ces insectes ont une grande activité lorsque le soleil donne un peu et qu’ils volent de part et d'autre. On devra donc opérer le soir et le matin et de préférence par un temps pluvieux. En secouant les plantes on en recueillera de grandes quantités sur des toiles qu’il faut avoir soin de déposer au-dessous de ces plantes, comme cela a lieu du reste pour beaucoup d’autres insectes. î

M. le D' Paul Marchal termine son intéressant travail en disant que, d'après Curtis et Ormerod, les larves,qui sont détachées des feuilles sur lesquelies elles sont fixées au moment de la mue, ne peuvent plus opérer cette mue et doivent forcément mourir. C’est sur ce fait qu'est basé le procédé qui a été fort employé en Angleterre, et qui consiste à promener à la surface des champs contaminés de larges balais de branchages. l

Pour obtenir un résultat on devra répéter lopération cinq ou six jours de suite et déterminer un frottement assez rude à la surface des plantes. Des branchages de sapins sont très propres à ce mode de traitement. On peut les attacher ie long d’une corde ayant une longueur proportionnée à la largeur du champ et les bouts de la corde seront tenus par deux hommes qui marcheront de chaque côté. Un autre procédé analogue, et permettant d'obtenir une action plus énergique, consiste à fixer les balais à un essieu réunissant deux roues et à promener à travers les champs l'appareil ainsi constitué.

Par l’alternance de culture et aussi par le labourage des terres on chtiendra également de bons résultats.

Pauz NOEL.

OFFRES ET DEMANDES

« Joannes Clerc, 1, rue Thimonnier, Lyon, désire entrer en relations, tant en France qu'à l'étranger, avec des correspondants pour l’échange des lépidoptères. »

Le Gérant : PAUL GROULT.

— Imv. Levé, rue Cassette, 171.

Pazis.

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