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I. Section : Castaliu

{re Sous-section : Chamænymphæu.

Caractères : feuille cordée-hastée, à bords entiers, nervures fines, proéminentes en dessous.

N. (Chamænymphæa) tetragona, Sibérie orientale.

2e Sous-section : Eucastalia.

Caractères : feuille cordée, à bords entiers, nervures fines, proéminentes en dessous.

N. (Eucuslalia) alba, Europe.

— Basniniana, Baïkal.

— nitida, Sibérie.

— odorata, Amérique septentrionale.

— pauci radiata, Sibérie australe.

— punciata, Sibérie australe.

2e Section Cyanea.

Caractères : feuille cordée-peltée, marge plus où moins sinuée obtusément (non dentée véritablement), nervures ténues, proéminentes en dessous.

Nymphæa (Cyanea) amplu, Jamaïque, Cuba.

— capensis, le Cap.

— gracilis, Mexique.

= Rudgeana, Guyane.

— rufescens, Afrique occidentale. — stellata, Indes orientales.

3e Section : Lotus.

Caractères : feuille peltée, marge sinuée-dentée à dents mucronées-épineuses; réseau veineux &réolé, à nervures très proéminentes en dessous.

N. (Lotus) Lotus, Linn., Égypte.

et ses variétés : dentata, Thonn et Schum., de l'Afrique occidentale tropicale,etpubescens, Willd, des Indes orientales. ;

Comme l’on peuts’en rendre compte par l'examen des listes précédentes, les membres de la section Castalia peuvent être considérés comme les représentants boréaux du genre, alors que les Lotus sont plutôt subtropicaux et les Cyanea franchement tropicaux.

On remarquera de plus que parmi les espèces qui rentrent dans la première des sections ci-dessus mentionnées quatre appartiennent à l'Asie (Baïkal, Sibérie australe, etc.), une à l'Europe et une à l'Amérique septentrionale. Ce groupe peut donc être considéré comme asiatique.

Si l’on cherche à faire entrer les espèces fossiles dans les groupes distingués pour les formes actuelles, on s’apercoit qu'un certain nombre d’entre elles ne peuvent réellement trouver placedans aucune des troïs sections que nous venons d’énumérer, et qu'il faut admettre, avec de Saporta, l’existence probable, à l'époque aquitanienne et, peut-être plus anciennement encore, à notre avis, d'une section, aujourd'hui éteinte, dont les représentants, assez nombreux dans le Sud-Est de la France, constituent des types intermédiaires entre les formes actuelles appartenant aux sections Castalia et Lotus et différents aussi des Cyanea contemporains.

On peut donc classer les Nymphæa fossiles de la manière suivante :

N. letragona, Geor.Pleistocène.

. minuta, Sap. Aquilanien.

Chamænymphæt | N

Section I

Castalia N. cordala, Sap.

Ë N. polyrhyza, Sap.

Eucaslalia...... N° parvula Gap (?) N. Dulloniana.

N. gypsorum, Sap.

N. at Sap.

. Nalini, Sap.

Section II: Palæocastalia... { N. Ameliana, Sap.

N. Dumasi, Sap.

N. Charpentieri, Heer.

N. Marini, Nob.

Genre Nymphæa.

Section III : Cyanea........ . NN. callophylla, Sap. Section IV : Lolus........... N. Langeroni, Mart.

Voici quelques indications concernant la morphologie des espèces inscrites dans le tableau précédent.

Nymphæa (Chamænymphæa) minuta, Sap.

Nymphæites microrhizus, Sap.

Cette forme est connue par des fragments de rhizomes (fig. 15) et par des feuilles.

Comme le montre la figure ci-contre, le rhizome présente un caractère du, selon nous, à une particularité du mode de fossilisation, et qui consiste dans la présence de deux seulement des six lacunes aérifères du pétiole. Ce rhizome est également remarquable par la médiocrilé de ses dimensions.

Fig. 15. — Fragment de rhizome du N. minula, Sap. de Manosque. Grandeur naturelle.

La feuille du N. minuta était largement ovalaire, arrondie, obtuse au sommet, échancrée en cœur à la base, présentant deux auricules courtes, pointues et assez peu divergentes, les bords du limbe étaient entiers.

Cette feuille, par sa forme générale, peut être comparée à celles de certains Ficaires, à celles aussi des Lymnanthemum. Mais, pour de Saporta, l’analogie est pourtant plus grande, soit en ce qui touche la nature du pétiole, soit en ce qui tient à la forme et à la dimension lu limbe ou à celles des auricules, ou encore aux détails de la nervation, avec les feuilles du N. pygmæa Ait (N. tetragona, Georg.), espèce naine de la Mandchourie et de la Sibérie orientale.

Le N. minuta, Sap., provient des calcaires marneux aquitaniens de Manosque (gisement du bois d’Asson) Basses-Alpes.

Nymphæa (Eucastalia) cordata,.Sap.

Comme la précédente, cette espèce était d’un format médiocre, car elle est représentée par des feuilles qui mesurent à peine 6 centimètres dans leur plus grande largeur.

Comme le montre la fig. 16, ces feuilles se rapprochent beaucoup de celles du Nymphæa odorata actuel de l'Amérique septentrionale et principalement de la var. minor, D. C. de cette espèce. Cependant, l'espèce fossile

Fig. 16. — Nymphæu cordata, Sap. Feuille presque complète et de grandeur maturelle. Aquitanien de Manosque (Basses-Alpes). 2

présente des feuilles plus petites que celles de l'espèce vivante précitée, et dans lesquelles les nervures rayounantes sont beaucoup plus nombreuses, les auricules sont également plus obtuses et moins prononcées.

Comme l'espèce précédente, celle-ci provient des couches aquitaniennes de Manosque (gisement du bois d’Asson (Basses-Alpes.)

Nyraphæa (Eucastalia) polyrhiza, Sap.

Cette espèce diffère du N. gypsorum, Sap., dont il sera parlé plus loin, par le nombre plus considérable des lacunes aérifères dont les cicatrices ornent le disque pétiolaire; on en compte en effet une trentaine dans le N. polyrhiza dont les cicatrices radiculaires sont aussi plus nombreuses et groupées tout différemment. Or, de Saporta a déjà fait remarquer l'importance de ce caractère, car le mode de groupement des radicules parait uniforme dans les limites de chaque espèce. Dans celle qui nous occupe en ce moment, On distingue d’abord sur le rhizome, au-dessous du disque pétiolaire (fig 17), un

Lig. 17. — Nymplhæa polyrhizu, Sap. Coussinet montrant la disposition des lacunes aérifères sur le disque pétiolaire, et, au-dessous, le groupement des cicatrices radiculaires. Grandeur naturelle.

premier groupe de 7 à 13 fcicatrices, assez égales, disposées en un demi-cercle a peu près régulier. Ensuite vient une seconde série composée de cicatrices plus fortes, disposées en deux rangées alternantes et divergentes.

Dans chacune des rangées, les cicatrices croissent en dimension, à mesure que l’on s'éloigne du disque pétio-

aire; chaque rangée comporte de 3 à 4 cicatrices.

Le N. polyrhiza parait plus ancien que les espèces précédentes.

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Il se rencontre en effet dans la série calcaro-marneuse de Saint-Jean de Garguier et dans la flore de Saint-Zacharie (Var), où il est abondant.

Nymphæa (Eucastalia) parvula, Sap.

Cet espèce, dit de Saporta, représente, dans la flore aquitanienne d'Aix, le type des Nymphæa propres de la section Castalia,

Fig. 18. — Nymphæa parvula, Sap. Cicatrice pétiolaire, montrant la disposition des lacunes aérifères, et, au-dessous, quelques cicatrices radiculaires. Grandeur uaturelle.

Dans cette espèce, les coussinets du rhizome (fig. 18) sont deux fois moins grands que dans le N. gypsorum, qui se rencontre dans les mêmes dépôts.

On connaît en outre quelques lambeaux de feuilles appartenant indubitablement à la même espèce. Ils montrent un bord entier où viennent aboutir des nervures ramifiées à l’aide d’arceaux successifs comme cela se voit sur les feuilles du N. alba, L., actuel (fig 5).

De Saporta considère cette forme comme la plus ancienne du genre Nymphæa. Dans les argiles sparnaciennes de Cessoy (Seine-et-Marne), nous avons signalé depuis une autre espèce, qui fait reculer l'antiquité du genre aux premiers temps de l’Ere tertiaire; nous reviendrons plus tard sur cette nouvelle espèce.

Le Nymphæa parvula, Sap., paraît assez répandu dans les couches inférieures de la série calcaro-marneuse d’Aix-en-Provence.

Pour en finir avec les représentants fossiles de la section Castalia, il nous reste à dire quelques mots d’une espèce américaine, découverte dans le Crétacé de Dutton Creek, Albany County, Wyoming et rapportée, avec doute, à la section Castalia, par Knowlton, sous le nom de Castulia (?) duttoniana. Cette espèce estreprésentée par un lambeau de feuille dont la nervation ne nous parait rappeler que de très loin celles des véritables Castalia, du moins à en juger par la figure donnée par l’auteur précité dans la planche 13 du Bulletin U. S. Geol. Survey (Ne 163, Washington, 1900). Le même auteur signale encore, sous le nom de Castalia, mais sans les figurer ni les décrire, deux autres formes, du groupe de Laramie et provenant toutes deux de Lance Creek, Converse County, Wyoming.

P.-H. FRITEL

NOTES BIOLOGIQUES SUR LES LÉPIDOPTÈRES

DE BISKRA ET DESCRIPTION D'ESPÈCES NOUVELLES

Lymantria atlantica, Rb. — Une © capturée le 16 avril,ayant pondu quelques œufs, il m'a été permis d’en tenter l'éducation; mais par suite de l’ignorance de la nourriture exacte de la chenille et surtout du change-

ment de climat, à mon retour en France, la réussite n’a pas été complète.

L'œuf a la forme d’un sphéroide surbaissé, ou même tronqué au sommet ; aire micropylaire en légère dépression, en cuvette, au centre de laquelle se trouve un petit mamelon; surface réticulée en figures polygonales; couleur jaune clair, brillant, brunissant ensuite et le micropyle devenant brun rougeûtre.

Les œufs sont recouverts d’une substance blanche, spumeuse et luisante.

Ils sont éclos le 4 mai suivant. La petite chenille est brun rougeätre, avec une bande dorsale interrompue, maculaire, blanchâtre, élargie sur les segments thoraciques, où elle se présente comme une tache oblongue ayant quatre petits points noirs ; tête noire.

Vingt à trente espèces de végétaux ont été offertes à mes jeunes chenilles; seul, le Schinus molle a été choisi et mangé. Au bout de cinq à six semaines, après avoir subi six chargements de peau, mes élèves atteignirent toute leur croissance.

Voici les dates relevées sur mes notes :

Ponte : 16 avril; éclosion 4 mai; {re mue 13 mai; 2° 18-20 mai, 3e 26 mai; 4e 2 juin; 5° 7 juin; 6e 13 juin.

Adulte, la chenille de L. Atlantica mesure 30-32 millimètres. Elleest subcylindrique, un peu aplatie en dessous, un peu atténuée postérieurement à partir du neuvième segment; incisions segmentaires peu profondes, larges ; sa couleur est brun noirâtre sur le dos, grise sous le ventre, avec une fine ligne dorsale assez continue, blanchâtre, deux sous-dorsales maculaires blanchâtres et une stigmatale festonnée, continue, fine et blanchâtre également; verruqueux saillants, très gros, sauf les trapézoïdaux aütérieurs, qui sont très petits et très rapprochés, tous sont arrondis et chargés de poils étoilés, roux. Les poils des trapézoïdaux sonten général d’un millimètre de longueur, ceux @es stigmataux sont plus longs,jaunâtres; ces verruqueux et portent en outre deux ou trois poils atteignant parfois 10 millimètres et sont de couleur plus foncée, brun roux. Tête forte, presque aussi large que le premier segment, arrondie au sommet, un peu aplatie en avant, très peu élargie inférieurement, presque lisse ou très finement chagrinée, garnie de poils roux de diverses longueurs ;est de couleur fauve, largement tachée de noirâtre au milieu, en avant ; ocelles noirs, organes buccaux brun jaunâtre; écusson du premier segment petit, très étroit, noir, finement divisé par la dorsale; clapet noir; pattes écailleuses fortes, fauve clair, garnies de poils roux; pattes membraneuses à colonne longue, munie en avant d'une plaque chitineuse, garnie de poils roux et courts, crochets bien développés, brun noirâtre ; tubercules dorsaux cylindriques des neuvième et dixième segments noirs, à sommet blanchâtre; stigmates ronds, noirs.

Comme leurs congénères, quand elles sont jeunes, les chenilles d’Atlantica restent constamment sur les feuilles ; mais plus tard elles se cachent le jour et ne mangent que la nuit.

Quoique adultes et ayant fini de prendre de la nourriture, plusieurs de mes chenilles, à leur arrivée en France, se refusèrent à faire leur cocon, vécurent encore plus de quinze jours, puis périrent. Les autres, n'ayant plus de Schinus molle à leur disposition, mangèrent cependant des feuilles de Cornus sanguinea, mais ne purent les digérer et périrent également.

Lasiocampa (Bombyx) serrula, Gn. — Après la

figure et la description de sa chenille qu'en ont données MM.Ch.Oberthüret Austaut, ce dernier dansle Naturaliste même, on peut considérer cette superbe et rare espèce comme suffisamment connue. Je n’en aurais pas parlé, ou je me serais borné à donner quelques détails sur l'époque et la nourriture de la chenille, si je n’avais été témoin d'un-fait, toujours curieux dans l’histoire naturelle des Lépidoptères, toujours intéressant à constater.

Je n'ai trouvé à Biskra,en mars, qu'une seule chenille de ce Bombyx : elle était presque adulte. Je l'ai nourrie de Limoniastrum Guyonanum Coss., d’Atriplez halimuet de quelques autres Salsolacées. Elle fit son cocon dans le courant d'avril, d’où, le soir du 3 septembre suivant, sortit une superbe femelle.

Ayant attendu au lendemain matin pour la tuer et la piquer, quelle désagréable ne fut pas ma surprise de retrouver cette femelle toute détériorée, en loques! Contrairement aux habitudes des © $ de Bombyx qui passent ordinairement leur première nuit presque immobiles, dans l'attente des oo”, la Serru'a & avait volé toute la nuit sous sa cloche de verre et, sans doute avec furie, s'était jetée contre les parois qui la tenaient prisonnière. Au matin, elle gisait lamentable, les ailes déchirées, le corps aplati. La cloche soulevée, une odeur forte, pénétrante, impossible à définir, se dégagea immédiatement et remplit l'air. Vains effluves, inutile attirance : aucun ©” n'avait répondu à ces appels. Près de 2.000 kilomètres à franchir du lieu natal à Paris : la distance était trop grande!

La pauvre Serrula ©, demeurée vierge, s’était néanmoins débarrassée de tous ses œufs. Ils étaient parsemés sur la terre du pot que recouvrait la cloche de verre. Je les recueillis un à un : il y en avait 450.

L'œuf de Serrula est un sphéroïde un peu elliptique ; surface sans aspérité, ni creux, paraissant lisse; couleur blanc jaunâtre, café au lait, avec une légère teinte rosâtre ou carnée, toute mouchetée de taches, petites et irrégulières, brun roux ; micropyle marqué d’une grosse tache ronde noirâtre. Il ressemble à l’œuf de Lasiocampa (Bombyx) trifolii ; sur celui-ci cependant,les taches brunes forment des banées plus larges et leur couleur est moins vive, moins rougeûtre.

Comme au bout de quelques jours, les œufs de Serrula ne se déformaient pas, je les mis en observation, avec le secret espoir d'en voir sortir quelques chenilles, malgré que la femelle n’eüt été fécondée en aucune facon. Plus d'un mois se passa dans cette attente etenfin, le matin du 7 octobre suivant, je trouvai douze chenilles écloses.

Quel lépidoptériste, à ma place, témoin de ce nouveau cas de parthénogenèse bien certain, n’eût tenté l’éducaüon de ces chenilles, malgré les diflicultés qu'elle devait présenter ?

Certes, dans les environs de La Garenne, dans les plaines ou carrières de Nanterre, aucune plante désertique ne se rencontre; mais on pouvait trouver des analogues. Si seulement ces chenilles de Serrula — polyphages sans doute comme leurs congénères — pouvaient s’accommoder d'une de nos plantes vivaces, peut-être réussirait-0n à leur faire passer la saison hivernale dans une chambre chauffée.

Hélas !'elles refusèrent toutes celles qui leur furent présentées et je dus avoir recours aux quelques Salso-

trouve encore quelques pieds d'Atripleæ patula et surtout de Chenopodium suffisamment frais. Jusqu'à fin octobre les jeunes chenilles de Serrula mangèrent des feuilles et des fructifications de l’Atriplex patula et, quand cette plante vint à manquer, je lui substituai le Chenopodium album dont elles se nourrirent également. De jeunes pieds de cette dernière plante furent mis en pot avec leurs racines pour qu’ils pussent se conserver frais plus longtemps. Malheureusement, mes chenilles avaient contracté une mauvaise habitude : non contentes dé manger les feuilles, elles attaquaient les tiges ellesmêmes du Chenopodium par le milieu et souvent près du collet et détruisaient en peu de temps la plante qui aurait pu les nourrir de longs jours encore.

Enfin, en décembre, par suite de la rigueur de la température, il n’y eut plus de Chenopodium dans les champs et mes élèves périrent de faim les unes après les autres.

Malgré cet insuccès, j'ai pu faire quelques constatations intéressantes. Les 150 œufs que la Serrula ©, demeurée vierge par force, avait pondus, étaient tous éclos. Quoique pondus {ous la même nuit, ils n'étaient pas éclos ensemble. L'éclosion avait commencé le 7 octobre et avait duré jusqu'à la fin du mois. Durant les deux mois de leur éducation, les petites chenilles ont subi deux mues : la première vers le 20 octobre; la deuxième vers le 10 novembre.

Au sortir de l’œuf, la petite chenille de Serrula est assez allongée, subcylindrique, un peu aplatie en dessous, légèrement atténuée en arrière, renflée sensiblement aux segments thoraciques, surtout aux premier et deuxième; incisions segmentaires peu prononcées ; sa couleur est d’un gris foncé bleuâtre, noir dans les plis, entremêlé de stries transverses noirâtres; le dos porte une large bande brun bleuâtre divisée au milieu par une fine ligne dorsale grise et bordée par les sous-dorsales un peu plus fortes, de même couleur, et ornée d’une tache rouge au milieu de chaque segment; de fortes stries obliques noires, bordées de gris clair, se voient sur les côtés, du quatrième au onzième segment; ces stries reposent à leur extrémité inférieure sur de grosses taches noires, allongées, situées au milieu des segments au-dessus de la stigmatale, laquelle est un peu teintée d'orangé; le dessous est brun rougeûtre; verruqueux tuberculés, noirs, portant d'assez longs poils étoilés, de dimensions diverses, bruns où roussâtres; les verruqueux des segments thoraciques et les trapézoidaux postérieurs du dixième segment sont les-plus saillants: les poils du dos paraissent bruns, ceux des côtés gris ; les touffes latérales des premier et deuxième segments sont plutôt noires; tête aplatie en avant, élargie à la base, arrondie au sommet, à lobes peu prononcés; delta petit, étroit ; sa couleur est gris clair, cendré, luisant et largement ou presque entièrement tachée de noir dans sa moitié supérieure ; écusson assez étroit, rougeâtre,taché de gris jaunâtre à la partie antérieure et finement bordé de noir postérieurement; clapet de la couleur du fond; pattes écailleuses noires ; membraneuses fortes, à haute colonne, couronne noire.

‘Après la première mue, apparait une crête dorsale de poits fauve ardent, orangé, surtout sur les segments thoraciques, où ces poils sont plus nombreux et un peu plus longs ; les verruqueux sont moins saillants; la tête est presque entièrement noire; la peau est dun noir velouté avec des stries blanches qu’on ne peut bien

lacées à ma disposition. À cette époque de l’année, on | voir que dans les incisions, à cause des poils : ceux-ci

sont jaune orangé sur le dos, à l'exception des deux premiers et derniers segments, où ils sont cendré bleuâtre, ainsi que ceux de latête.

Lasiocampa (Bombyx, Lambessa) Staudingeri,Baker. — Lchenille de L. Staudingeri a été figurée et décrite par M. Ch. Oberthür, Etudes XII, 29. M. Bleuse l'aurait trouvée à Lambèse sur Artemisia absinthium (?). A Biskra, j'ai trouvé quelques chenilles en avril, uniquement sur Thymelæa microphylla Coss. Le papillon est éclos en octobre suivant. ‘

Mamestra trifolii,Rott. — Cette vulgaire espèce est très abondante à Biskra. Sa chenille se trouve fréquemment en avril et mai sur le Peganum harmala L. et Cleome arabica L. La plupart des papillons qu'on en obtient ont une teinte rosée très caractérisée.

Mamestra sodæ, Rb. — Chenille trouvée en mars sur le Limoniastrum guyonanum. Papillon en avril.

Heliothis nubigera,Friv.; Heliothis armiger, Hb. — Chenilles trouvées en avril et mai sur Peganum harmala «et Cleome arabica; papillons en mai et juin.

Pandesma terrigena, Chr. — Chenille adulte mesurant 38 millimètres à peau tendue. Subcylindrique, peu atténuée en avant, convexe en dessus, aplatie en dessous, assez fortement arquée sous les segments 4-5, renflée au segment 4; incisions segmentaires peu profondes; couleur gris verdâtre, toute mouchetée de rosàâtre sur le dos el les côtés, avec quatre bandes longitudinales formées de taches ou mouchetures brun noirâtre, les deux internes inscrivant les trapézoidaux, interrompues entre le 4e et le 5°, le 6*et le 7e, puis continues, sauf sur les 11e et 12e segments, se joignant sur le milieu des 4e et 5e segments où elles forment une large tache ; les deux bandes externes sont festonnées et touchent aux stigmates. Entre ces bandes bien nettes, on en remarque une autre plus vague et mal définie, moins foncée et formée également de mouchetures brun rougeûtre. Intervalle des segments 4-5 et 5-6 blanchâtre, sans moucheture et transparent. Verruqueux petits, peu distincts, au milieu de tant de mouchetures; petit point noir entouré de clair, avec poil court, brunâtre. Tête à peine plus petite que le premier segment, légèrement aplatie en avant, à lobes larges et arrondis, à delta petit, de couleur brun jaunâtre et toute réticulée de brun rougeâtre foncé, presque noir; ocelles noirâtres; organes buccaux brun jaunâtre à extrémité noirâtre. Écusson petit, brun jaunâtre, à peine moucheté de rougeûtre, avec le commencement des bandes internes du dos, bifide antérieurement ; clapet brun jaunâtre, traversé par l'extrémité des bandes noirâtres. Pattes écailleuses fortes, dela couleur du fond, à dernier article brun rougeûtre; membhraneuses fortes, inégales, les deux premières paires plus courtes que les dernières, gris verdàtre, teinté de rougeûtre extérieurement ; crochets forts, brun roux. Stigmates allongés, étroits, bordés de noir.

Cette chenille est verdätre dans son jeune âge, les mouchetures et les bandelettes dorsales apparaissant et s'accentuant à mesure que la chenille grossit.

Elle vit en mai et juin sur les gommiers, aux dépens des fleurs, exclusivement je crois. Je ne les ai vues manger que les fleurs et nullement les feuilles. La forme de leur corps, courbé aux segments 4-6 s’adapte parfaitement, surtout quand les chenilles sont jeunes, à la rotondité des capitules ou boules des gommiers. Plus tard, les chenilles s’allongent sur les branches ou même parmi les rides de l'écorce de l'arbre.

PM 2 De

Elles descendent à terre pour se métamorphoser dans un cocon ovalaire, allongé, un peu aplati d’un côté, assez résistant quoique à parois très minces, fait de grains de sable agglutinés et de soie blanchâtre.

Chrysalide assez courte, épaisse antérieurement, atténuée postérieurement, brun cannelle ou un peu rougeâtre ; surface lisse sur les ptérothèques, très finement chagrinée sur le reste; rervures indistinctes; stigmates très grands et saillants, elliptiques, noirs ; mucron conique, obtus, brun noirâtre, terminé par huit fortes soies disposées en ligne, à extrémité très fine, à peine en crochets et divergentes.

Le papillon éclôt en juin.

(A suivre.) P. CHRÉTIEN.

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