MARS
| de Magellan, vers la côte ouest du Chili, dans les Orcades
et les Shetland du Sud, aux alentours de la terre de Graham. L'expédition Charcot les a observée à l'ile Anvers, à Port-Lockroy, dans l'ile Wiencke, et à Port- Charcot, dans une masse de rochers désagrégés de l'ile Booth-Wandel. Dans les petites iles de l’Archipel des Orcades, l’expédition écossaise en a vu au moins 4.500 paires distribuées en rookeries comprenant parfois 200 nids. Ils sont plus nombreux en été qu’en hiver. Pendant l’hivernage du Français, ils s'étaient abrités contre les vents froids du Sud. Mais même pendart les journées les plus froides, on les voyait partir le matin au loin vers la mer libre, et ils rentraient le soir vers trois ou quatre heures en bataillons serrés.
Ces animaux sociables sont, en outre, d'humeur très
pacifique, car ils entretiennent les meilleures relations d'intimité avec les rookeries des Manchots situées dans le voisinage de la leur.
. Généralement, les colonies ne sont pas très nombreuses. Elles choisissent pour s'établir, de préférence, des pentes sur le versant nord, où la neige fond de bonne heure, ou bien de petites iles rocheuses, où la neige ne peuts’accumuler.
L'attitude des Cormorans à l’état de repos est comparable à celle des Manchots, car leur corps est légèrement incliné en avant. Souvent on en voit plusieurs centaines se poser sur la mer en rangs serrés, comme s'ils venaient d'apercevoir un banc de poissons.
Ils sont encore plus voleurs que les Manchots, surtout quand il s’agit de matériaux de construction pour les nids. Un jour, le D' Turquet débarquait avec le matelot Rolland sur un petit massif de rochers, où des Goélands dominicains s'étaient établis. À l’approche des deux intrus, les Goélands abandonnèrent leurs nids et s’envolèrent. Immédiatement, un grand nombre de Cormorans, dont les nids se trouvaient à environ 500 mètres de là, se précipitèrent sur les nids sans défenseurs, et, en quelques secondes, ils les eurent saccagés, démolis, emportant dans leur bec les touffes de mousses et de lichens dont ils étaient construits. Etait-ce pour assouvir une vengeance ?
Au moment de la construction des nids, souvent des individus isolés, des paresseux probablement, attendent posés sur un rocher, le passage de leurs congénères chargés d’une touffe d’algues et se précipitent sur eux pour leur dérober une partie de la précieuse plante.
Leur nourriture se compose presque uniquement de Poissons, qu'ils attrapent aisément en plongeant. Quand ils reviennent de la pêche, on voit assez souvent des Megalestris se précipiter sur eux pour leur ravir quelques débris des Poissons qu’ils emportent dans leur bec. Mais leur estomac renferme parfois des restes de Crustacés et des graviers dont les plus gros peuvent avoir un centimètre.
La viande des Cormorans a été très appréciée par l'équipage tout entier du Français; seulement son goût est un peu plus fort et elle fatiguerait plus vite que celle des Manchots.
Le Dr Charcot a remarqué qu'entre trois ettrois heures un quart, très régulièrement, tous les jours, ils revenaient à leurs falaises, isolés ou disposés en triangle, se tenant à peine à quelques mètres au-dessus du sol, avec le cou bien allongé, tout en faisant entendre dans leur vol lourd un bruit métallique rythmique. Quand ils prenaient terre, on les voyait décrire une courbe,
étendre leurs pattes, ramasser leur cou et battre des ailes sur place. Une fois posés, ils se lissaient les plumes avec un air de grande satisfaction.
Ces aimables bêtes, si peu farouches, sont unis en excellents ménages passant leur temps à s’embrasser, à se faire des amabilités dans des poses gracieuses plus ou moins académiques. Souvent elles se tiennent par l'extrémité du bec et, décrivant de jolies courbes avec leur cou, elles balancent lentement leur tête de droite à gauche.
Au commencement.de septembre, les Cormorans deviennent plus sédentaires ; ils s’apparient sans la moindre querelle et commencent vers le 15 septembre la construction ou la réfection des nids. Ils sont si affairés à ce moment-là que les visitesindiscrètes les laissent indifférents. Jusqu'au 15 novembre et même au 1er décembre, on les voit apporter des matériaux avec la plus grande activité le matin et l'après-midi. Parfois les nids sont établis directement sur la glace.
Tandis que l’un des individus reste sur le nid, afin d'éviter le pillage des matériaux par les’ congénères, l’autre s'éloigne jusqu'à 1 ou 2 kilomètres. Là, à marée basse, il plonge et reparaît au bout de quelques secondes, tenant dans son bec une longue touffe d'algues rouges ou brunes, qu'il emporte aussitôt dans son bec vers son nid. Deux espèces sont surtout employées : une rouge, Plocamium coccineum, et une brune, Desmaretia aculeata. Les filaments d’Algues auxquels se mêlent souvent des mousses, des lichens et des plumes sont déposés en bordure autour du nid et agglutinés avec de la boue marine ou des excréments, de facon à constituer des édifices hauts et profonds, dont le bord antérieur est bien plus haut, et qui sont espacés de 50 centimètres.
À trois heures et demie, le travail s’arrète, et les deux époux se font des grâces autour du nid en se reposant.
Vers le 4er novembre, les femelles pondent de trois à cinq œufs à coquille grenue d’un blanc légèrement teinté de vertbleuâtre très clair, à peine aussi gros qu'un œuf de poule.
La première omelette d'œufs de Cormorans a été mangée vers le 7 novembre par l'équipage du Français qui l’a trouvée fort bonne, malgré sa coloration un peu trop rouge. Le blanc ne se coagule pas complètement à la chaieur ; il prend alors une teinte verdâtre et une consistance gélatineuse. Leur goût n'est pourtant pas comparable à ceux de cane ou de poule.
Le mâle et la femelle couvent alternativement. Leur posture est très gracieuse, : ils étendent leurs ailes sur leurs œufs de chaque côté du nid et forment sur celui-ci comme un cimier de casque de Valkyrie. Ils sont alors très confants, ils permettent qu'on les caresse sur leur nid. Plus tard ils ne défendent pas leurs petits. Si on approche, ils allongentle cou etseretirentsans résistance.
A leur naissance, les jeunes sont entièrement nus. Le corps est recouvert par une peau noire très plissée, avec le devant du cou et le ventre moins foncés. Les pattes etla membrane interdigitale sont blanches, mais les ongles sont noirs à pointe blanche. Le tarse est gris, le menton blanc, de même que les bords de la commissure des mandibules, la paupière supérieure et une tache au-dessous.
Les difficultés de l’élevage des jeunes sont beaucoup moins considérables que pour les Manchots, car, grâce à leur vol, ils peuvent franchir rapidement les distances
souvent considérables qui les séparent de l'eau libre, où ils trouvent la nourriture qu'ils rapporteront à leurs petits. Ceux-ci la prennent en enfonçant la tête tout entière dans le gosier de leurs parents.
Les jeunes ne paraissent aller à la mer qu'assez tardivement afin de chercher leur nourriture; vers les premiers jours de mars seulement, car le 5 mars, à l’époque où l’Expédition du Français a commencé à prendre ses quartiers d'hiver à l'ile Wandel, les jeunes Cormorans étaient encore alimentés par leurs parents.
Les parents les conduisent à l’eau comme- de petits Poussins, sans les quitter une seconde.) Mais, le reste du temps, ils sont abandonnés à eux-mêmes et se cachent dans les fentes des rochers, où ils sont difficiles à apercevoir, étant donnée leur couleur.
Les mâles tués en septembre ont la huppe bien développée, de 30 à 40 millimètres. Elle est plus courte en décembre ; beaucoup d’entre eux en février sont dépourvus de cet ornement. Les spécimens de septembre ont un plumage plus brillant que les autres et ils ont les caroncules plus développées. La tache blanche dorsale varie en grandeur même chez les mâles adultes de la même saison.
Les Phoques en détruisent un grand nombre. Ils les saisissent à la surface de l’eau et se livrent aux exercices les plus variés avec le corps jusqu'à ce que la mort arrive (1). ï
A. MENEGAUX.
MŒURS & MÉTAMORPHOSES
des Coléoptères de la tribu des CHRYSOMÉLIENS.
Nymphes. — Caractères généraux.
Longueur 8 à 9 millimètres ; largeur 4 à 5 millimètres.
Corps allongé, oblong, charnu, blanchâtre, glabre, lisse et luisant, finement pointillé, ridé, convexe en dessus, un peu moins en dessous, à région antérieure petite, arrondie, la postérieure atténuée en pointe.
Téte petite, arrondie, disque excavé et binoduleux, finement ridée, surface oculaire proéminente; premier segment thoracique grand, rectangulaire, finement ponctué, ligne médiane obsolète, angles saillants, deuxième court, transverse, triangulairement avancé sur le troisième qui est plus grand et dont le milieu est biincisé, l'intervalle de séparation des deux incisions strié, segments abdominaux courts, finement pointillés, fortement convexes, élargis vers leur centre; segment anal eilié à la pointe qui est cachée par l'enveloppe larvaire ; genoux saillants, rembrunis, antennes arquées contournant les genoux des deux premières paires de pattes.
Dans sa coque, la nymphe repose sur l’extrémité postérieure dont la dépouille larvaire lui sert de coussinet ; elle est douée de légers mouvements permettant à son corps de se déplacer : — la phase nymphale a une durée de vingt à vingt-cinq jours, puis l’adulte formé stationne, hiverne même dans son réduit jusqu'au moment où
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(1) Voir Expédition antarctique française. Les Oiseaux, par A. Menegaux, p.26,etpl. X, XI, XII, XIII,
après avoir rongé le pourtour de la calotte, par une poussée en avant, il fera éclater le pôle supérieur du réduit ;il s’'échappera, par une ouverture ainsi aménagée, pour grimper le long de la tige, jusqu'au moment où il se mettra en contact avec l’air extérieur; à ce moment seulement, et pour les seule: espèces du genre Donacia, il quitte sa vie aquatique ; d’où il résulte que quatre à cinq mois sont nécessaires entre la ponte des œufs et l’éclosion de l’adulte; moyenne générale pour les espèces qui accomplissent leur cycle dans le courant de la même saison.
Adulte. — Les espèces du genre Hæmonia, à l’état parfait continuent à vivre sous l’eau, dédaignant ainsi de faire parade de leurs belles couleurs nuancées de jaune et de noir ; celles du genre Donacia viennent à la surface étaler leurs belles couleurs bleues ou vertes nuancées de teintes rouges ou cuivreuses ; les unes comme les autres prolongent leur existence jusqu’après l’accouplement, alors seulement elles cèdent leur place à une génération nouvelle.
2e Partie. — Description des espèces.
Nous ne donnerons des traits particuliers à chaque larve ou nymphe que les caractères différentiels de ceux qui sont décrits en tête de notre travail ; nous nous servirons pour la classification des larves des fossettes, points et traits empreints en arrière de la lisière frontale; la taille pourrait être aussi invoquée comme facteur. mais étant donné le petit nombre des larves décrites, on ne saurait assigner dès maintenant la place exacte qui conviendrait à chacune d’elles, des nouvelles descriptions pouvant la bouleverser.
Genre Hæmonia, Lat.