LA VIE SUR TERRE EX LE RÈGNE ANINAL
Peut-on définir la vie?
Pour-être définie, elle doit exister; or,la vie existe, l'humanité en général l’admet; bien des biologistes cependant la nient.
La vie se manifestant dans le corps des animaux, il faut rechercher l'apparition de cette vie et la création du règne animal.
L'ébauche de la vie se trouvant dans le protoplasma, il est naturel et tout indiqué de fabriquer ce protoplasma. C'est d’ailleurs un fait accompli, suivant l'affirmation de quelques savants.
Les biologistes qui nient l'existence dela vie s'efforcent de prouver que leurs adversaires — les néo-vitalistes, — sontentrainés par l’idée préconcue de voir de la vielà oùil n’y a, en réalité, que des phénomènes physico-chimiques; les plasmologistes, eux, veulent démontrer que ce que nous appelons la vie se manifeste également dans des tissus liquides obtenus, soit par la diffusion de gouttes d'eau salée dans de l’eau pure, soit dans des solutions colloidales, et même dans les cristaux.
En réalité, la vie existe tout comme la lumière, la chaleur, l'électricité, la gravitation; c’est une énergie ayant des manifestations propres.
Nous sommes impressionnés d’une facon toute différente, par la lumière, l'électricité ou la vie d’un être. De même qu'il y a des degrés d'intensité de lumière, d’électricité, etc., il y a également des degrés de vie, qui se manifestent par gradation ascendante, dans l’infusoire, le ver, le mammifère.
Si l’on admet que toutes les énergies connues ont une même origine : l’électron de nos physiciens, tout nous porte à croire que, pour la vie, il en est de même, il en faut rechercher l’origine dans notre électron.
Les énergies se manifestant dans la matière — qui n’est d’ailleurs que le résultat de la transformation des électrons — tantôt par la chaleur, tantôt par le magnétisme, la cohésion, l'attraction ou la répulsion, la combinaison, la décomposition, etc., ces énergies se manifestent dans ce que nous appelons protoplasma par la vie.
En ce qui concerne la vie animale, différente de la vie
végétale, nous en connaissons les manifestations : relation, nutrition et multiplication, manifestations évidentes dans tout protoplasma. Ce serait nier la matière protoplasmique, que de ne pas reconnaître ces manifestations.
Qu'il y ait des relations étroites entre la vie et les phénomènes physico-chimiques, rien de plus naturel, les énergies du monde ayant une source unique d'origine l’électron (1).
Si nous concevons que la matière a tantôt pris les caractères physiques du métal or, tantôt ceux du minéral quartz, pourquoi ne pouvons-nous pas comprendre la transformation de l’électron, d’abord en molécules organiques simples, ensuite en molécules organiques complexes, lesquelles, finalement, se sont tissées en protoplasma, tout comme les molécules or se sont agglomérées pour former le métal or, ou les molécules silice, pour former le minéral quartz?
L'or n’a pas les mêmes caractères physiques que le quartz; le protoplasma, à son tour, a des caractères physiques sui generis, que nous appelons protoplasmiques ou vitaux, selon l'habitude acquise de nommer vie les manifestations de cette matière spéciale,
La physiologie étudiant et analysant les manifestations de la vie, celles-ci pourront être dénommées phénomènes physiologiques, de même que l’on appelle phénomènes chimiques, physiques, météorologiques, les diverses manifestations analysées par la physique, la chimie et la météorologie. Nous disons physiologiques et non biologiques pour que la rupture avec les vitalistes soit définitive. Le terme biologique rappelle davantage le terme excommunié de vie.
Il existe donc une énergie et une matière physiologique, source des règnes végétal et animal.
Le protoplasma animal est caractérisé par la propriété qu'il possède de se mettre en relation avec le milieu, d'emprunter à ce même milieu diverses substances, de les transformer de les assimiler en renouvelant ses molécules, phénomènes de nutrition, et enfin de se propager dans ce milieu, de se multiplier.
Tous ces faits sont connus ; nous nous demandons, en conséquence, comment on peut en faire fi.
Efforcons-nous maintenant de bien préciser lapparition de la matière physiologique, le pr'otoplasma.
Y a-t-il encore de nos jours des protoplasma.en formation ? La génération spontanée de quelques-uns a-t-elle réellement eu lieu au fond des anciens océans? A-t-elle encore lieu aujourd’hui ?
La géologie nous prouve que la croûte terrestre s’est faconnée petit à petit et a augmenté d'épaisseur par addition de couches sur des sédiments de même nature ou de natures diverses. Ces dépôts doivent leur origine et a des énergons (électrons), qui se sont transformés, au fur et à mesure, en matière minérale, et à la désagrégation de cette matière, se reconstituant alternativement jusqu'à ce que les choses en soient arrivées au point où nous les voyons actuellement. Nous remarquons, en effet, dans l'écorce terrestre, une succession de couches sédimentaires, formant des masses énormes, des matériaux
(1) Nous proposons de remplacer le terme électron par celui d'énergon, an de donner à l'énergie universelle et primordiale une autre manière d'être que celle de l'électricité qui en dérive et qui implique la dénomination usitée : électron.
dont il est impossible de connaître la provenance si nous n'admettons pas qu'à ces époques de la vie terrestre, il y ait eu de l'énergie universelle (énergons-électrons) en immense quantité, quise transformait soit en argile et ses mélanges, soit eu craie et ses variétés, ete., etc.
À notre époque, il ne reste presque plus de cette énergie, d’où un arrêt presque complet dans la sédimentation. À part les récifs madréporiques et quelques dépôts oolithiques, qui se forment sur certains points du globe, le fond des océans se couvre de couches minces de limon, provenant de la désagrégation de la surface de l'écorce solide. Il ne nous est pas permis de dire que nous assistons à une sédimentation intense, analogue à celle qui a eu lieu durant la jeunesse de la terre, sédümentation qui a diminué de plus en plus vers la fin de l’époque tertiaire et qui s’est presque arrétée pendant l’époque quaternaire. Nous assistons pendant cette dernière période à un remaniement des couches existantes, remaniement qui se poursuit encore aujourd'hui sur une échelle de plus en plus réduite. En d’autres termes, il ne se forme plus de couches terrestres, ce qui prouve que l'énergie créatrice n'existe qu'en quantité infime, attirée qu’elle est par d’autres composés, SHÉCenoni pére la matière organique physiologique.
Il faut donc admettre que, durant la jeunesse de la terre, alors que l'énergie universelle n’était qu'en partie transformée en matière minérale, et sous l'influence probable de l'énergie du soleil, cette énergie universelle forma, cà et là, des molécules organiques (CHO, CHO Az) qui, à un moment donné et dans un milieu actuel différant totalement de celui de nos jours, se sont tissées d’une manière si complexe qu'il en résulta le protoplasma. Donc, pas de génération spontanée proprement dite.
Il est probable que le protoplasma naquit simultanément sur de nombreux points des mers archaïques. ï
Si les conditions entrevues ont véritablement contribué à la naissance du protoplasma, par le fait qu'elles ne se répèteront plus, nous pouvons conclure avec probabilité qu'il n'y aura plus formation de nouvelles masses protoplasmiques.
Or, le protoplasma ayant acquis, par la-manière dont il s'est façonné, cette propriété de pouvoir assimiler des molécules différentes et se propager, on conçoit facilement sa longévité.
(4 suivre).
D' LÉON-C. COSMOvIcI.
La Faune des Cavernes
La vie est partout ; dans les endroits même où on s’attendrait le moins à en trouver, on rencontre encore des êtres vivants qui y prospèrent et s’y perpétuent. C'est ainsi que les récentes explorations océanographiques nous ont révélé au fond des mers où ne pénètre jamais la lumière du soleil, où règne une température éternellement basse, l'existence d’une faune des plus remarquables à divers points de vue. Les cavernes sont un autre habitat dont l'importance a été longtemps méconnue. M. Racovitza, qui publie dans les Archives de zoologie expérimentale une série d’études sur la biologie des cavernes, ou, comme il s'exprime, sur la biospéolo-