LES ANMMAUX DES JARDINS ZOOLOGIQUES
DEMOISELLE DE NUMIDIE, également appelée Anthropoïde demoiselle. Ê
Nom latin: Anthropoides virgo.
Place dans la classification :
Oiseaux. Ordre des Echassiers.
Caractères généraux : Oiseau très élégant (d'où son nom), d’une taille d'environ un mètre, aux longues pattes et au cou long. La tête porte, de chaque côté et en arrière, des touffes de longues plumes effilées blanches. Le bec est arrondi et à peine plus long que la tête. Le dessous du cou est garni d’une touffe de plumes.
Classe des
Les plumes du dessus des ailes sont pointues, très allongées et dépassent la queue, de manière à venir presque toucher le sol quand l’oiseau prend une attitude verticale. Plumage d’un gris bleuître. Les joues et le devant du cou sont d’un noir lustré. Les plumes des ailes sont très noires. Pieds d'un brun noirâtre, Bec jaune à la pointe, verdâtre à la base, Iris rouge.
Habitat : Vit surtout dans la Russie méridionale, la Grèce et la Turquie ; mais elle se trouve aussi en Asie et en Afrique. Elle est de passage en différents points de l’Europe.
Mœurs : Elle recherche surtout les grandes plaines et les steppes, plutôt que les régions marécageuses. Elle vit en bandes conduites par quelques éclaireurs qui mettent une grande prudence dans le choix du lieu de repos. Ses mœurs sont analogues à celles de la Grue cendrée (voir ce mot).
Multiplication. — Au moment de la reproduction, les Demoiselles se livrent, le soir et le matin surtout, à des danses extraordinaires et à des contorsions bizarres. Elles recherchent les endroits les plus tranquilles des steppes pour y nicher. Le nid, fait d'herbes et de petites branches, est placé sur le sol, en un endroit très sec. Ponte : deux œufs semblables à ceux de la Grue cendrée. Le mâle et la femelle couvent alternativement, ils défendent ensuite courageusement leurs petits.
Utilité : Dans certains pays, employée comme gardienne, à l'instar de l’Agami (voir ce mot).
Captivité : Vit très facilement en captivité. S'apprivoise sans difficulté.
GERBOISE D'ÉGYPTE, appelée aussi Souris bipède. à
Nom latin : Dipus ægyplius.
Place dans la classification : Classe des Mammifères. Ordre des Rongeurs.
Caractères généraux : Animal d'aspect bizarre, dont on a dit qu'il avait « la tête du Lièvre, les moustaches de l'Ecureuil, le corps et les pattes de devant de la Souris, les pattes de derrière d’un Oiseau,ie groin du Porc (?) et la queue d’un Loir ». Ce qui lui donne son aspect curieux, ce sont surtout ses longues pattes de derrière, qui sont faites pour sauter, et ses pattes de devant, très courtes et faites pour prendre. Queue très longue et terminée par une touffe de poils. Yeux gros. Longues moustaches. Quatre paires de mamelles. Teinte fauve sur le dos, blanchâtre sur Île ventre.
Longueur : 0 m. 17. Queue : 0 m. 22.
Habitat : Tout le Nord de l'Afrique, surtout du côté de l'Égypte, la Palestine, le Nord de l'Arabie.
Mœæurs : Vit dans les lieux sablonneux des déserts, où elle se déplace en sautant. Poursuivie, elle fait des bonds énormes, filant comme une flèche. Très craintive. Passe presque tout son temps à se nettoyer. Se creuse dans le sol des couloirs peu profonds où elle s’enferme et tombe en léthargie, quand le temps est froid et humide.
Nourriture : Feuilles de graminées, fruits, graines, insectes, charognes. Pour manger, elle se tient comme les Kangourous.
Multiplication : Dépose deux ou quatre petits dans un terrier, que la femelle rembhourre avec ses propres poils. ë
Chasse : Se chasse avec des chiens courant bien.
Captivité : Bête très gentille et très facile à élever. |
Grande douceur.
JAGUAR (!{), appelé aussi Once peinte, Grande Panthère, Tigre d'Amérique.
Nom latin : Felis onca.
Place dans la classification : Classe des Mammifères. Ordre des Carnivores (Félins),
Caractères généraux : Taille : 4 m. 50. Queue : 0 m. 70. Hauteur au garrot : 0 m. 80. Aspect général d’un énorme chat, à la tête un peu aplatie au-dessus, aux membres et au corps trapus. Pelage fauve, présentant du blanc au museau, à l'intérieur des oreilles, au ventre, à la face interne des membres, à la gorge, semé partout de taches petites, noires, arrondies ou irrégulières, quelquefois en anneaux et, alors, avec le centre rose garni de points noirs. Ces derniers forment de sept à huit rangées longitudinales sur les flancs. Poil court, épais, souple et luisant. Dans l'Amérique du Sud, le pelage est jaune clair, parfois même blanc. Une tache noire à chaque coin de la bouche. Une tache noire à la face postérieure de l'oreille. Vers le bout de la queue, deux ou trois anneaux noirs.
Différences entre les sexes : Le mâle a des couleurs plus foncées et plus de taches en anneaux au cou et sur les épaules que la femelle. Par contre, ces dernières sont plus grandes et moins nombreuses sur les flancs.
Jeunes : Les jeunes ne commencent à ressembler aux adultes qu’au septième mois.
Habitat : Vit dans l'Amérique du Sud jusqu'au 40c degré de latitude Sud et remonte jusqu'au Nord du Mexique . Devient de plus en plus rare.
Mœæurs : Se plait surtout dans les régions boisées voisines des rivières, des torrents, des marais, ainsi que dans les régions marécageuses non boisées, maïs dont les plantes ont deux mètres de haut. Erre constamment et se repose sur un endroit quelconque. Odorat médiocre. Oreille fine. Œiül, luisant dans l'obscurité, voyant dans les ténèbres, ébloui, au contraire, par le grand soleil. Il nage très bien et peut traverser les grands fleuves. Très courageux, il s'attaque à l’homme qui cherche à le tuer. Certains ont pris goùt à la chair humaine, surtout celle des hommes blancs, et pénètrent alors dans les villages pour les dévorer. Ses blessures sont toujours très dangereuses.
Cri : Rugissement (Pou pou pou) s’entendant à deux kilomètres.
Nourriture : Il s'attaque à toutes sortes de Vertébrés, depuis les Mammifères, jusqu'aux Poissons qu'il sait capturer avec sa patte. Sur le bord de la mer il mange des Crabes et des Tortues. S'attaque aussi aux Caïmans et aux Marsouins, qu'il guette avec une grande patience. Ne dédaigne pas les Rats et les Agoutis qu'il tue d'un coup de dent et avale tout entier, Mais préfère les Mulets, les Chevaux, les Pécaris, les Tapirs, qu'il guette à terre, bien qu'il sache grimper fort bien, et qu'il tue en sautant à leur gorge. Il les laisse alors sur place ou les entraîne dans la forêt. Puis il mange leur chair — quil préfère au sang — et fait deux larges repas coupés d’une sieste.
(1) D'un nom donné par les Guaranais et signifiant : Corps de chien.
Multiplication : Les Jaguars vivent seuls pendant toute l’année, sauf en août et septembre, époque où les couples se forment. Le mâle ne chasse pas avec sa femelle, mais, attaqués, ils se aéfendent mutuellement. La femelle met bas deux ou trois petits, qu’elle dépose dans un fourré et sur lesquels elle veille d’un soin jaloux, en les transportant ailleurs dès qu’elle croit au moindre danger. À six semaines,les petits accompagnent leur mère à la chasse, mais celle-ci leur rend la liberté, quand ils ont atteint la taille d'un chien de moyennes dimensions. Gestation : Trois mois et demi (?).
Chasse : On peut le prendre vivant, soit avec des trappes amorcées, soit en le capturant au lasso, en se servant de chevaux dressés de manière à ne pas trembler devant lui, ce qui est fort difficile à obtenir. On le tue au fusil ou avec des flèches empoisonnées. Des chasseurs intrépides l’attaquent au poignard,
Utilité : Sa fourrure sert à faire des couvre-pieds et des descentes de lits. Chair à odeur désagréable.
Captivité : Au Paraguay et le longdu Parana on élève souvent de jeunes Jaguars dans les maisons.Pour cela on les prend avant qu'ils soient sevrés, sans quoiiln’est plus possible de les dompter. Rengger nourrissait ses Jaguars avec du lait et de la viande cuite. Ils ne supportent pas longtemps les légumes, et la chair crue les rend bientôt féroces. Ils jouent avec les jeunes chiens et avec les chats, mais leurs jouets préférés sont des boules de bois. Leurs mouvements sont légers et rapides. Ils apprennent bien vite à connaitre leur gardien, le recherchent même et témoignent de la joie à sa vue. Tout objet qui remue attire leur attention et aussitôt ils s'accroupissent, prêts à s’élancer. Quand ils ont faim ou soif, ou qu’ils sont ennuyés, ils font entendre un miaulement particulier; toutefois ils perdent cette habitude avec l’âge, car les vieux ne miaulent point ; on ne les entend même jamais rugir. Pendant leur repas, ils grognent, surtout lorsqu'on s'approche d'eux. Aussi faut-il éviter alors de les déranger, pour ne pas les rendre féroces. Une précaution essentielle est de ne point les laisser manquer d’eau. Pour manger, les Jaguars se couchent à terre ; ils tiennent l’aliment à l’aide des deux pattes de devant, penchant la tête de côté pour faciliter le jeu des dents molaires, et mâchent peu à peu les morceaux qu'ils finissent par détacher. Ils broient et déglutissent les petitsos; quant aux grands, ils n’en mangent que les parties articulaires. Après le repas, le Jaguar se couche à l'ombre pour dormir; quand il est suffisamment rassasié, il ne s’irrite pas aussi facilement que lorsqu'il est à jeun, et l’on peut alors jouer avec lui; les animaux domestiques etles volailles de basse-cour qui, ordinairement, ne peuvent l’approcher, passent alors impunément devant lui. On ne renferme pas dans une cage les Jaguars apprivoisés ; on les attache simplement dans une coar, par une courroie de cuir, ou même devant la maison, sous un oranger. Ils n’essayent jamais de ronger le lien qui les retient. Leur haleine, comme celle de presque tous les animaux, a une odeur infecte. Il en est de même de leur peau fraiche, de leur chair, de leur graisse et de leur salive. L'odeur de la graisse est si pénétrante que, pour écarter les renards et autres animaux, il suffit d'en frotter quelques arbres autour de leur gite. Il arrive même que des chevaux courageux se cabrent lorsqu'on leur met cette graisse sous le rez. Les dents du Jaguar sont très tranchantes et aiguës dans le bas-âge, elles changent dans la première année, et, au
bout de deux à trois ans, elles ont atteint tout leur développement. Les Jaguars, aussitôt qu'ils sentent leur force, ne manquent pas de faire usage de ces redoutables armes pour nuire à leur maitre. C’est en vain qu'on leur enlève, à lalime, les incisives etles canines jusqu’à la racine ; qu’on leur coupe de temps en temps les griffes; ainsi désarmés, ils peuvent cependant encore, à cause de leur force prodigieuse, causer de grands malheurs. Ainsi, Rengger vit un Jaguar mutilé de cette sorte, parfaitement apprivoisé, au point que les enfants montaient à cheval sur lui, sans la moindre crainte, céder tout à coup à un accès de mauvaise humeur, et, d'un coup de patte, abattre une petite négresse âgée de dix ans, autrefois sa gardienne préférée, et se jetter sur elle. L'enfant lui fut immédiatement arrachée, mais quelque activité qu'on eût mise à la délivrer, le Jaguar lui avait déjà broyé un bras avec sa mâchoire édentée. et plusieurs heures s’écoulèrent avant que la pauvre victime de cette attaque revint à elle. Les femelles sont un peu plus faciles à apprivoiser que les mâles. Aussi longtemps que le Jaguar est jeune, on peut le dompter à coups de bâton; plus tard il est bien difficile d'en venir à bout. La générosité-et la reconnaissance lui sont inconnues et il ne montre pas d’attachement durable pour son gardien et pour un animal quelconque élevé avec lui. Aussi est-il toujours imprudent de garder un Jaguar en esclavage, au delà d’un an, sans l'enfermer (Brehm).
On doit nourrir les jeunes avec de la viande cuite, parce que la viande crue les rend féroces. L’adulte ne peut être dompté, il ne montre aucun attachement, ni à l’homme qui le soigne ni aux animaux.
TAMARIN NÉGRE.
Nom latin : Midas ursulus.
Place dans la classification : Classe des Mammifères. Ordre des Singes.
Caractères généraux : Longueur : 0 m. 923.
Queue d’une teinte uniforme : 0 m. 38. Entièrement noir. Face velue. Pas de crinière sur la tête. Oreilles sans poils. Les canines inférieures dépassent beaucoup les incisives.
Habitat : Amazone inférieure. Guyane. Para.
Mœæurs : Vivent sur les arbres en petites sociétés de trois ou quatre individus, quelquefois non loin des maisons habitées, bien qu'ils soient fort craintifs et inquiets. Ils se promènent sur les arbres, non en sautant, mais en grimpant à la manière des Ecureuils, s'arrêtent de temps à autre.pour voir qui les pourchasse.
Cri: Voix tremblante, plaintive, un peu grognante quand on le tracasse.
Nourriture : Mange des fruits juteux et de saveur douce, par exemple des bananes, ainsi que des Insectes (Sauterelles) et des Araignées.
Captivité : In Amérique, on le laisse se promener dans les maisons, comme les chats : les enfants peuvent le caresser, mais il ne se laisse pas faire par les étrangers. En captivité, il est très doux, mais un peu méfiant, sauf pour celui qui le soigne et auquel il accorde sa confiance.
TAMARIN PINCHE, appelé aussi Pinche et Tamarin œdipe.
Nom latin : Midas œdipus.
Place dans la classification: Classe des Mammifères. Ordre des Singes.
Caractères généraux : Longueur : O0 m. 20.
Queue : 0 m. 40 (rousse, sauf la moitié terminale, qui est noire). Corps brun, sauf la tête, les membres, les mains etle dessous du corps, qui sont blancs. Une criuière retombant de chaque côté de la tête. Les canines inférieures dépassent beaucoup les incisives.
Habitat : Guyane et Sud de la Colombie.
Mœurs : Ces jolies petites bêtes ne sont communes nulle part. On en trouve seulement de petites sociétés dans les contrées boisées, et surtout dans les endroits boisés où il y a des buissons. Ils sont fort craintifs, et, au moindre bruit, se réfugient dans les buissons : ïls courent et grimpent avec la même agilité. Peuvent sauter d'une branche à l’autre.
Nourriture : Mangent surtout des Insectes, mais savent se contenter de fruits.
Captivité : Ne peuvent guère être gardés qu’à plusieurs, car, seuls, ils deviennent très tristes. Ils connaissent leur gardienne, mais cherchent à mordre les étrangers. Complexion extrémement délicate. Aiment les caresses mais ne les rendent pas.
TAMARIN ROSALIA, appelé aussi Singe-lion et Marikina.
Nom latin. Midas rosalia.
Place dans la classification : Classe des Mammifères. Ordre des Singes,
Caractères généraux : Longueur : O0 m. 60 (queue comprise). Pelage doux, uniformément jaune doré. Queue de plus en plus épaisse à portée de la base. Une crinière recouvrant la tête et les épaules. Les canines inférieures dépassent beaucoup les incisives.
Habitat : Sud du Brésil.
Mœurs : Vit sur la cime des arbres.
Cri : Sorte de sifflement, quand on l'irrite.
Captivité : S'élève bien en captivité quand on prend soin de sa santé. Lorsqu'on l’ennuie, il redresse-sa crinière de colère.
HENRI COUPIN
ACADÉMIE DES SCIENCES
L'Homme fossile de la Chapelle-aux-Saints (Corrèze). — Note de M. MarcezuiN Boure, présentée par M. Epmoxn PErnier.
Les ossements humains dont l’étude fait l’objet de cette note furent trouvés le 3 août 1908, au cours de fouilles archéologiques, dans une grotte, près de la Chapelle-aux-Saints, par MM. les abbés J. Bouyssonie, A. Bouyssonie et L. Bardon.
Il résulte, de la coupe géologique qu'ils ont relevée, ainsi que de l'examen des ossements d'animaux et des silex taillés recueillis avec les ossements humains, que ceux-ci appartiennent au Pléistocène moyen (Mousliérien des archéologues). D'ailleurs, leur état de fossilisalion et leurs caractères morphologiques suffiraient, en l'absence de toutes autres indications, à leur faire altribuer une très haute antiquité.
Ces ossements humains comprennent : une tête brisée en de très nombreux fragments (crâne et mandibule), quelques vertèbres et quelques os des membres. Ces ossements dénotent un individu du sexe masculin, dont la taille atteignait à peine 1 m. 60.
L'état des sutures craniennes et de la dentition prouve que cette tête est celle d'un vieillard. Elle frappe d'abord par ses dimensions très considérables, eu égard surtout à la faible taille de son ancien possesseur. Elle frappe ensuite par son aspect bestial, ou, pour mieux dire, par tout un ensemble de caractères simiens ou pithécoïdes.
Le crâne, de forme allongée, est remarquable, en effet, par l'épaisseur de ses os, l’aplatissement de la boite cérébrale, la fuite du front, le développement énorme des arcades sourcilières. aussi saillantes que sur le fameux crâne de Néanderthal et sur-
montées d'une large goultière s'étendant d’une apophyse orhitaire à l’autre; la forte projection de sa partie occipitale, très déprimée ; la position reculée du trou occipital, la forme aplatie de ses condyles occipitaux, le faible volume de ses apophyses mastoides, etc.
La face n'est pas moins extraordinaire; elle présente un prognathisme facial très considérable; les orbites, saillantes, sont grandes; le nez, séparé du front par une profonde dépression, est court et trés large. Le maxillaire supérieur, au lieu de se creuser, au-dessous des orbites, d'une fosse canine, comme chez toutes les races humaines actuelles, se projette en avant, tout d'une venue, pour former, dans le prolongement des os molaires, une sorte de museau, sans aucune dépression. Les dents sont absentes, mais la voûte palatine est très longue; les bords latéraux de l’arcade alvéolaire sont presque parallèles, comme chez les singes anthropoïdes.
La mâchoire inférieure est remarquable par la grande largeur du condyle, la faible profondeur de l’échancrure sigmoïde; la forte épaisseur du corps de los, l’obliquité de la symphyse et l’absence de menton. Les apophyses géni sont bien développées.
Le crâne de La Chapelle-aux-Saints présente, en les exagérant parfois, tous les caractères des caloites craniennes de Néanderthal et de Spy, de sorte que ces diverses pièces osseuses, trouvées sur des points de l’Europe occidentale fort éloignés les uns des autres, mais à des niveaux géologiques très voisins, appartiennent certainement à un même type morphologique.
Le type humain, dit de Néanderthal, doit être considéré comme un type normal, caractéristique, pour une certaine partie de l’Europe, du Pléistocène moyen et non, comme on le dit parfois, du Pléistocène inférieur.
Ce type humain, fossile, diffère des types actuels et se place au-dessous d'eux, car, dans aucune race actuelle, on ne trouve réunis les caractères d’infériorité qu'on observe sur la tête osseuse de La Chapelle-aux-Saints. Peut-on en faire une espèce ou même un genre à part? Les squelettes de Néanderthal, de Spy, de La Chapelle-aux-Saints ne sauraient justifier une distinclion générique. <
Par l’ensemble de ses caractères, le groupe de Néanderthal- Spy-La Chapelle-aux-Saints représente un type inférieur se rapprochant beaucoup plus des Singes anthropoïdes qu'aucun autre groupe humain. Morphologiquement, il paraît se placer exactement entre le Pithécanthrope de Java etles races actuelles les plus inférieures, ce qui n'implique pas l'existence de liens génétiques directs.
Ce groupe humain du Pléistocène moyen, si primitif au point de vue des caractères physiques, devait aussi, à en juger parles données de l'archéologie préhistorique, être très primitif au point de vue intellectuel. Lorsque, pendant le Pléistocène supérieur, nous sommes en présence de manifestations individuelles d’un ordre plus élevé et de véritables œuvres d’art, les crânes humains (race de Cro-Magnon) ont acquis les principaux caractères du véritable Homo sapiens, c'est-à-dire de beaux fronts, de grands cerveaux et une face proéminente.
Le Rhinscéros blanc, retrouvé au Soudan, est la Licorne des anciens. — Note de M. E.-L. Trouessart, présentée par M. Perrier.
On sait avec quelle rapidité plusieurs grands Mammilères de l'Afrique australe ont été exlerminés au cours du dernier siècle. Après le Zèbre couagga et l'Antilope bleue (Hippotragus leucophæus), on constatait, il ya quelques années, que le Rhinocéros blanc ou camus (Rhinoceros simus) n'était plus représenté que par une dizaine d'individus réservés par le gouvernement du Cap dans un coin du Zululand.
Aussi est-ce avec une vive satisfaction que les naturalistes ont appris, au commencement de l’année 1908, qu'une colonie de cette rare espèce, déjà entrevue en 1900, venait d'étre retrouvée par le major anglais Powel-Colton entre le Haut-Nil et le lac Tchad, région où l'on n’en soupconnait pas l'existence.
Le Rhinoceros simus de Purchell est un animal beaucoup plus remarquable, sous tous les rapports, que le Rhinocéros ordinaire d'Afrique (Rhinoceros bicornis L.), qu’il dépasse notablement en hauteur. Celui-ci a rarement plus de 1 m. 50 à 1 m. 10 au garrot, tandis que le Rhinocéros blanc atteint 2 m. 20, de telle sorte qu'après l'Eléphant c’est le plus grand des animaux terrestres. Sa couleur, d’ailleurs, est un gris qui diffère peu de celui de ses congénères, ef c’est par suite d'une illusion ou d’une circonstance fortuile que les Boers du Transvaal lui ont appliqué le nom de Rhinocéros blanc qui lui est resté. Celui de Rhinocéros camus que lui a donné le voyageur Burchell est beaucoup
Fo
plus exact. En effet, le museau, au lieu d'elre caréné et terminé en avant par une lévre supérieure triangulaire et préhensible, comme chez les espèces asiatiques et le RA. bicornis, est ici tronqué carrément en forme de large muffle, et les narines sont rejetées en dehors et très écartées.
Les Arabes connaissaient depuis longtemps le Rhinocéros blanc, mais ils ne connaissaient probablement de l'animal que la corne nasale : ils l’appelaient Abou-Karn(possesseur d'une corne) et le distinguaient nettement du Xhertit ou Rhinocéros bicorne ordinaire.
IL est évident que les Arabes avaient mal vu le Rhinocéros blanc; il parait, en effet, que.chez beaucoup d'individus, la corne postérieure est si pelite qu'elle peut passer inaperçue, alors que la corne antérieure atteint une longueur inusitée et sans exemple chez les autres espèces du génre.
Le Muséum possède deux cornes envoyées par Fresnel et de plus des cornes beaucoup plus anciennes, sans indication d’origine, mais qui appartiennent évidemment à la présente espèce. Ces cornes n’ont jamais leur pointe usée comme celles du Rhinocéros ordinaire ; la corne du mâle, plus massive, surtout à la base qui forme une sorte de socle, mesure 1 mètre de haut; celle de la femelle, toujours plus grêle, mais plus longue, à 1 m. 20, mais comme elle a élé sciée au-dessus du socle, elle devait avoir 1 m. 30, sinon plus. On en possède une, à Londres, qui atteint 4 m. 57. La face antérieure de ces cornes est constamment aplatie ou même creusée d’un sillon longitudinal, ce qui leur donne une section cordiforme et non elliptique comme chez le Rhinoceros bicornis. ï
La découverte de cette intéressante espèce dans le Soudan égyptien éclaire d’un jour tout nouveau l’histoire si confuse de l’'Unicorne ou Licorne des anciens. Déjà, Diodore de Sicile, contemporain de Jules César, décrit (III, 35) un Rhinocéros d'Éthiopie qui portait « à l'extrémité des narines une seule corne un peu aplalie et presque aussi dure que du fer ». Cette description concorde avec celle que les Arabes du Hedjaz ont faite de l'animal à Fresnel, en 184$. Il ne faut pas oublierque, dans l'antiquité et au moyen âge, la corne de Licorne servait à faire des coupes qui avaient la réputation de neutraliser l'action des poisons. Ni la corne de l'Oryx, ni la défense du, Narwal, qui ont été tour à tour considérées comme représentant la véritable Licorne, ne pourraient servir à cet usage : il serait tout aussi facile de boire dans un fourreau de sabre.
Si l'usage de ces coupes s’est perdu dans l'Occident, il est certain qu'il subsiste encore en Asie, où l’on travaille la corne de Rhinocéros comme de l'ivoire pour en faire des coupes et des manches de couteaux, de sabres et de poignards.
Sur larivière souterraine de la Grange (Ariège). — Note de M. E. A. MaArrer, présentée par M. Azserr Gaupry.
À 6 kilomètres au nord-ouest de Foix, entre Vernajoul et Baulou, un peu à l’est du hameau de la Grange et sous la ligne du chemin de fer de Saint-Girons, un petil ruisseau se perd, vers 400 mètres d'altitude, dans une grotle assez large, à 70 mètres en dessous de la voie ferrée et de la route de Foix au Mas-d’Azil. Pendant 200 mètres on peut suivre sans peine une large galerie que le ruisselet (à 1° C.) n’occupe qu'en partie. Puis on arrive à une autre galerie remplie par une rivière plus importante, dont la première n'est qu'un affluent. Il y a donc là, comme à Planina (Carniole), à Marble-Arch (Irlande), à Douboca (Serbie), elc., un véritable confluent souterrain, très imposant, où l’on accède fort curieusement par une perte.
La rivière principale est à 120,8 C. en amont et à 410 C. en aval du confluent. Cela indique, en cette saison, qu’elle vient de loin, que sa partie aval est refroidie par l’affluent, beaucoup plus faible, et qu'une même grotte peut renfermer des eaux à diverses températures.
La portion aval de la rivière principale peut être suivie aisement pendant 250 mètres jusqu'à une voûte mouillante, qui fait siphonnement. La fluorescéine jetée là est rapidement reskortie aux résurgences (impénétrables) d’un vallon sans nom, à une toute petite distance à l'Est. Les explorateurs ont franchi quatre gours ou barrages naturels de stalagmite et de roches et se sont arrêtés au pied d’un cinquième, au delà duquel la rivière se prolonge encore. Le dernier bief reconnu à l’amont (entre les quatrième et cinquième gours) mesure environ 300 mètres sans obstacles : au milieu, cependant, la voûte s'abaisse à 0 m. 60 au dessus de l’eau (exceptionnellement basse au moment de l'exploration le 2 novembre); ici un siphon doit s'amorcer, lors des grandes crues, ainsi que l'indiquent des lraces d'écoulement et des dépôts divers sur les parois du couloir et même sur les belles stalaclites qui pendert des voûtes,
Ces grandes crues sont beancoup plus rares que les petites, puisque, dans leurs intervalles, les concrélions de carbonate de chaux ont pu se déposer.
D'après la récente Carte géologique de M. Léon Bertrand (1907) au 320.000, cette circulation d’eau souterraine serait établie dans le Sénonien. Elle utilise des joints de stratification très fortement redressés sur l'horizon. Son origine est inconnue. A l'Ouest, indépendamment du Mas d'Azil, on connait déjà une rivière souterraine au Portel. Toute cette région semble criblée de pertes et d'entonnoirs.
La dimension des galeries déjà reconnues à la Grange (près de 1 kilomètre) varie, en largeur comme en hauteur, de 3 mètres à 12 mètres. Les profondeurs d’eau atteignent à 3 mètres. Le Dr Jeannel y a recueilli des animaux cavernicoles. Il y aura lieu d'étudier aussi les alluvions, graviers et galets roulés de remplissage. A 120 mètres du siphon d’aval, dans la partie accessible à pied, une coulée d'argile sur lg rive gauche remonte haut vers les trous de la voûte, sièges d’anciennes infiltrations extérieures; on y a vu l'empreinte des pas d'un précédent visiteur.
La résurgence de sortie élait à 11° C., température des deux ruisseaux réunis. Elle varie certainement avec les saisons et ne saurait être captée pour l'alimentation.
De la prétendue action abortive du tabac. — Note de M. R. Rominsox, présentée par M. DasrRe.
C'est une idée répandue parmi beaucoup de médecins que l'intoxicalion tabagique exerce une influence abortive. L'auteur par une série d’expériences faites sur la chienne a pu établir qu'il n'en étail rien.
L'animal, empoisonné par une quantité considérable d'extrait fluide dé {umbeki (tabac persan), présentait des symptômes graves d'une intoxication violente, tels : le vomissement, la diarrhée sanguinolente, la paralysie du train postérieur, sans que la gravidité fut interrompue. A la vérité, quelques expérimentaleurs ont obtenu un résultat contraire en répétant des expériences analogues chez la lapine et la cobaye. Cela montre seulement qu'il y a une différence très notable entre les différentes espèces d'animaux; la chienne avortant difficilement, tandis que la lapine et la cobaye sont très disposéès à le faire, même à la suite d'un léger traumatisme.
Si l’on passe à l'espèce humaine, on constate que les résultats se rapprochent des précédents. La femme n’avorte pas par le tabac. D’aprés une enquête faite en Orient chez les femmes qui fument du narghilé, ou des cigarettes en très grande quantité (30 à 40 par jour), il n’a pas été trouvé un seul cas d’avortement qu'on puisse attribuer au tabac.
Les auteurs qui ont tendance à accepter l'opinion contraire s'appuient sur la fréquence des cas abortifs observés dans les manufactures de tabac. Mais ces faits sont loin d'avoir une valeur probante. La femme saine résiste facilement aux causes d'avortement. Elle se comporte à cet égard comme les espèces animales, canine, équine, féline. Au contraire, des lésions minimes des organes reproducteurs sont susceptibles d’interrompre la gestation à la suite d'un accident insignifiant.
Or les ouvrières des manufactures de tabac sont en général suspectes à cet égard; en outre, elles sont mal nourries, mal aérées, assez souvent infectées par le gonocoque ou le spirochète.
En réalité, l’action du poison est dissociée suivant l'espèce animale. Tandis que le lapin mange impunément une grande quantité de belladone sans être incommodé, quantité capable de tuer plusieurs hommes, d’autre part une petite quantité de tabac peut produire l'avortement dans cette espèce, tandis qu’elle serait insuffisante pour produire l’avortement dans une espèce différente. En outre, l’innervation utérine de la lapine est en corrélation peut-être plus intime avec le système nerveux général que cela n’a lieu dans l'espèce humaine.
Ce fait, aujourd'hui accepté, explique comment dans un cas l’action du poison peut donner naissance à un phénomène, pendant que ce dernier n’a pas lieu dans un autre organe pourvu d’une innervation indépendante.
Influence de la lumière sur le développement des fruits et des graines. — Note de M.W. Lurmenxo, présentée par M. Gasron Bonnier.
L'acidité des fruits développés à la lumière du jour atténuée est, dans la majorité des cas, beaucoup moindre que celle des fruits qui ont müri à l'air libre. Au contraire, la quantité des
substances qui réduisent la liqueur de Fehling est plus grande chez les premiers fruits que chez les derniers.
La lumière joue donc un rôle très important dans les phénomènes de la formation et du développement du fruit. L'influence de la lumière, dans ce cas, est du même ordre que celle que l’auteur a déjà constatée antérieurement pour l'assimilation des substances organiques par les plantes supérieures.
Bibliographie
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Flora, 99, 1908, pp. 81-126.
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LA
Zool., NII, 1908, pp. 209-249,
pl. I-IX.
11. Gugler (W.). Die Centaureen des ungarischen national Museums. $ Ann. hisl.-nal. Mus. Nat. kung., NI, 1908. pp. 15-297, Pl
42. Guilliermond (A.). Recherches cytologiques sur la germination des graines de quelques graminées et contribution à l'étude des graines d’Aleurone.
Arch. d'Anat. micr., X, 1908, pp, 141-226, pl. IV-VII.
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