PROTOPLASMA ANIMAL
pables de nous montrer la voie de l’organisation de plus en plus compliquée; les embryons s'étant, autrefois, trouvés dans des condilions toutes différentes de celles d'aujourd'hui, ont subi des influences directrices et dérivatrices. Seuls, les embryons en voie d'évolution, d’organisation ont subi les influences modificatrices ; les types définitifs — les animaux adultes n'ont jamais subi de transformation.
Une dernière question se pose : quel est l’avenir du monde animal? Y aura-t-il de nouvelles formations animales ou des transformations des formes existantes ?
D'après ce que nous venons de dire, ni l’une ni l’autre,
Il n'y aura point de nouvelles formations, vu la quantité minime d'énergons (élections) terrestres encore libres ou rendus à la liberté par désagrégation et décomposition de la matière organique, et par radiation. D'autre part ces énergons, le monde ayant vieilli, ne se trouvent plus dans des conditions aussi favorables qu'autrefois pour pouvoir accomplir des formations quelconques.
Il n'y aura point de véritables nouvelles transformations, pour les mêmes raisons. Un canard sera toujours un canard. Tout ce que nous obtiendrons par croisements, nourriture, changement de milieu, n’aboutira qu’à des variétés individuelles, l’aspect extérieur se modifiera plus ou moins, mais l’organisation squelétique restera toujours la même.
Si l'homme pouvait manipuler les énergies qui se trouvent en liberté, si, surtout il pouvait décomposer la matière en ses énergons d'origine et ensuite les diriger à sa fantaisie, rien alors ne s’opposerait à prévoir des transformations dans les organismes soumis à leur influence. L'homme pourra-t-il jamais en arriver là?
D'autre part, en présence de l’admirable harmonie dans l'organisation des types, pourra-t-on expliquer la facon dont s’est servi la matière physiologique pour en arriver à ces combinaisons de construction et à cet outillage organique?
Nous le croyons, surtout si l’on tient compte de ce que l’on observe dans nos Laboratoires et dans la nature elle-même.
Les expériences des Von Schroen, Quinke, Herrera, Leduc, Maurice Benedikt et de bien d’autres, d’une part, et les photographies de plasmolyse, d'autre part, ne nous montrent-elles pas la manière dont les cellules se façonnent, se multiplient, se superposent, s’entourent, pour former, ici un tissu, là un organe ; et tout cela d'une façon mécanique. Si,de nosjours, on disposait des forces et des conditions d'autrefois, on arriverait sûrement aux résultats les plus concluants.
Si pour certaines synthèses, non seulement des réactifs, mais encore de hautes températures et d'énormes pressions sont nécessaires, tandis que dans l'intimité des tissus de notre organisme, sous l'effet de peu de chaleur et de minimes pressions, des phénomènes de désassimilation et d’assimilation se produisent, il nous faut admettre que les énergies emmagasinées, tant dans les aliments que dans les tissus constitutifs ont une intensité bien grande, puisqu'en s'aidant mutuellement, ces énergies fournissent les merveilleux résultats connus.
Examinons, par exemple, la segmentation d'un œuf de poule, sous l'influence de la chaleur. Nous voyons les blastomères se multiplier, se faconner, s'arranger et se transformer, {oujours dans le méme ordre et la méme direction. Il en faut conclure que dès les premiers temps
de la création de l'œuf, la matière physiologique s'est mécaniquement disposée pour subir les diverses phases que nous constatons, et que, de la sorte, cette matière à acquis une prédisposition à toujours s'arranger de la même manière.
Forcément donc, un oiseau naïtra d’un œuf d'oiseau et une tortue naïitra d’un œuf de tortue. Si nous cherchons à renverser la marche naturelle des choses, nous n'obtiendrons que des monstres. Ce dernier fait vient encore à l’appui de ce que nous avons affirmé plus haut, à savoir que, seul l'embryon a pu s'abattre de la direction acquise par sa construction sous l'influence de milieux différents et arriver ainsi à affecter une nouvelle forme. Il n’a jamais pu en être de même des individus adultes. Ces derniers, toutefois, à la longue, étant soumis à des influences de toute nature, sont arrivés à imprimer aux cellules génératrices (œufs, spermatozoïdes) de leur organisme des arrangements moléculaires qui, progressivement, provoquèrent, dans la segmentation de leurs œufs, d’autres groupements; l'embryon, en s'y organisant, acquit, par conséquent, petit à petit, des caractères différents dans les organes similaires influencés. C’est de cette facon qu'il faut concevoir l'apparition des genres et des espèces.
Enfin, l’anatomie comparée prouve parfaitement que toujours l'abondance d'alimentation a forcé l'organisme à se perfectionner et à changer de milieu.
L'organisme, trouvant à sa portée des aliments en abondance et se les assimilant, éprouve le besoin d’assurer la vie — que l’on nous excuse de nous servir d’une expression si facile à employer — de ses nouvelles cellules. L’oxygène étant un élément (une énergie) indispensable à l'assimilation, la nécessité provoqua tout d’abord un perfectionnement de l'organe qui, à force de se spécialiser, devint plus tard l'organe respiratoire, puis, progressivement, entraîna l'organisme en construction vers des milieux plus favorables à la respiration : vers l'air atmosphérique. C’est ainsi que les organismes ont abandonné les eaux de la mer — milieu où la ie, c'està-dire le protoplasma prit naissance — et devinrent pélagiques ou littoraux, pour passer ensuite surla terre. La bonne respiration provoqua à son tour la circulation et la transformation progressive des organes de la locomotion. Tout s’est enchainé normalement. La paléontologie, d’ailleurs, confirme l’enseignement de l’anatomie.
Il serait trop long d'entrer ici dans les détails.
Ceux qui ont approfondi l’étude de l’anatomie animale et qui connaissent la corrélation des organes, la fonction particulière de chacun d'eux et la fonction générale des organes réunis, l’admirable mécanisme qui assure toutes ces fonctions, peuvent concevoir :
La vie en tant qu’énergie se manifestant dans le protoplasma.
L'organisation successive et graduelle jusqu’au perfectionnement des protoplasmas issus d’abord du protoplasma primitif, issus ensuite, par voie de propagation et d'évolution, des organismes engendrés grâce à l'influence des milieux terrestres, ayant, à chaque étape d’organisation, des énergons en liberté, en voie de transformation en matière et des matières à l’état natif ou en dissociation, conditions anéanties peut-être pour toujours.
D' LÉON-C. CosMovicr.
LE NATURALISTE gs
LA PENTHINA PRUNIANA
Voici la description, les mœurs et moyens de destruction de la Penthina pruniana, insecte, dont la chenille cause quelquefois de grands dégâts aux pruniers, prunelliers, etc.
La chenille de la Penthina pruniana est de couleur vert sale, mais à mesure qu'elle grandit, cette teinte change et cette chenille devient d’un gris noirâtre et est quelquefois même entièrement noire lorsqu'elle a atteint son entier développement. Quelques points noirs surmontés chacun d’un poil brun clair agrémentent ordinairement sa livrée.
La tête est de couleur noire luisante, ainsi que l’écusson du cou, le chaperon de l’anus, les pattes écailleuses et l'extrémité du douzième anneau.
Les pattes membraneuses ainsi que le ventre, sont d’un vert sale. À
La ligne dorsale forme une raie d’un vert beaucoup plus foncé.
La chrysalide de cette tortricide est très épaisse dans sa partie antérieure.
Sa couleur est généralement le brun noirâtre. Elle porte une garniture d’épine autour de chaque anneau du ventre.
La Penthina pruniana appartient à l’ordre des microlépidoptères.
Lorsqu'il a atteint son entier développement, le papillon mesure environ 8 millimètres d'envergure.
La description du mâle peut également s'appliquer à la femelle. La couleur est exactement pareille. La tête ainsi que le corselet sont généralement d’un brun noirâtre en dessus et en dessous. Les pattes sont également de cette couleur.
Les ailes supérieures de ce microlépidoptère sont d’un brun noir à la base, ainsi qu’à l'extrémité. Dans la région intermédiaire, elles sont d’un blanc pur.
Le bord extérieur de la partie brune est arqué et son antérieur est strié de noirâtre et de bleuâtre sans aucune tache noire.
La partie blanche de ses ailes est marquée vers le sommet d'une tache grise de forme ronde.
Le dessous de ces mêmes ailes est de couleur gris noirâtre luisant.
Les ailes inférieures qui sont entièrement d’un gris foncé sur les deux surfaces ont leur frange beaucoup plus claire.
Ordinairement l'abdomen participe à la couleur des ailes inférieures.
On trouve la chenille de la Penthina pruniana depuis le commencement du mois d'avril jusqu'au milieu du mois de mai.
Elle est généralement très répandue sur les pruniers, les prunelliers, les cerisiers, on la trouve parfois aussi sur les pommiers et les poiriers, mais beaucoup plus rarement.
D’après par an.
Les chenilles de la première sont souvent beaucoup plus à redouter que celles de la seconde. Celles-ci, en effet, vivent dans les bouquets de fleurs, puis ensuite entre les jeunes feuilles, elles réunissent ces dernières avec quelques fils.
Brehm, cette espèce a deux générations
Lorsqu’elles sont parvenues à leur complet développement, elles ont le soin de tapisser leur cachette d’une tenture de soie dans laquelle s'opère ordinairement leur métamorphose en chrysalide.
Celles de la seconde génération passent leur existence entre les feuilles et se métamorphosent au contraire à la surface du sol, en s’abritant soit sous de la mousse ou bien encore sous des brins d'herbes.
Quinze jours environ après cette transformation, éclôt l'insecte parfait, mais celui-ci ne se montre guère que dans les premiers jours du mois de juin.
On le voit voltiger pendant les mois de juin, juillet et août en grand nombre,
C’est à la fin du jour qu’on peut l’apercevoir tout autour des pruniers et prunelliers. Il est même, parait-il, très répandu aux environs de Paris sur les buissons de prunelliers.
Les chenilles de ce papillon ne m'ont pas encore été signalées comme causant de grands ravages en Normandie, mais si elles venaient à se propager d’une facon trop inquiétante, on devra aussitôt que cela aura été constaté rechercher avec soin les feuilles liées en paquet et dans lesquelles vivent les chenilles, les couper à l’aide d’un sécateur et avoir bien soin de les brûler ensuite. On pourra également faire usage du réflecteur mélassé dont j'ai déjà entretenu, les lecteurs du Naturaliste.
Pauz NoEL.
VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES de la Bibliothèque PÉRON
La vente de la bibliothèque Péron, le savant paléontologiste, doit avoir lieu à Paris du 21 au 24 avril prochair Il n’est pas besoin de rappeler les travaux universell ment connus de Péron; aussi avait-il réuni une bibliothèque remarquable, uniquement consacrée à la géologie, dans laquelle se rencontrent nombre d'ouvrages ou même de brochures d’une grande rareté et très recherchés par les spécialistes; nous citerons, au hasard du catalogue :
COTTEAU, PÉRON et GAUTHIER. — Echinides fossiles de l’Algérie. Paris, 1876-91, 10 part. rel. en 3 vol. gr. in-8°, 85 pl.
CorTEAU (G). — Paléontologie française. Terrain crétacé. Echinides réguliers, texte et atlas de 200 pl. Paris, 1861-67, 2 vol. in-8° rel. et cart.
CoTTEAU (G). — Paléontologie française. Terrain jurassique. Echinides réguliers, texte et atlas de 142 pl. Paris, 1867-74, 2 vol. in-8° rel. :
CoTrEau (G). — Paléontologie française. Terrain jurassique. Echinides réguliers, 2 vol. texte et deux atlas av. 318 pl. Paris, 1875-1884, 4 vol. in-8°.
COTTEAU (G). — Paléontologie francaise. Terrain tertiaire. Echinides éocènes, 2 vol. texte et 2 vol. atlas av. 384 pl.
CoTTEAU (G). — Monographie des Spatangus du sys-
tème miocène de France, Mémoire posthume publié par MM. Kilian et Depéret. Grenoble, 1896, in-8° br., 12 pl. QUENSITEDT. — Petrefactenkudde Deutschlands. I.
| Cephalopoden; II. Brachiopoden;IIT. Echiniden ; IV, As-
eriden u. Encriniden. Tubingen-Leipziz, 1849-76, texte In-$° et atlas in-fol. 7 vol. rel. 144 pl.
PICTET (F.-J). — Traité de Paléontologie, 2e édition. Paris,1853-57, 4 vol. in-8°,av.atlas gr.in-40 rel. de 110 pl. sur ongl.
PICTET et CAMPICHE. — Description des fossiles du “errain Crétacé des environs de Saint-Croix. Genève, 1858-72, 4 vol., in-40, 2144 pl. 2? cartes.
SWERBY (James). — The Mineral Conchology of Great Britain. London, 1812-1829, 6 vol. grand in-8°, 609 pl. col., 4 portr.
WRIGHT (T).— Monograph on the Brit fossil Echinoder- Mmata of the Oolitic formations. London, 1855-80, 2 vol. in-4° rel. 65 pl.
WRIGHT (T). — Monograph of the British fossil Echinodermata from the Cretaceous formations. London, 1864-1882, 2 vol. in-40. rel. 87 pl. sur ongl.
Matériaux pour l’histoire de l'homme. I, 1864 à XXII, 1888, table générale des 10 premiers vol., fase. I. Paris, in-89°, 20 vol. rel. et 2 enlivr!, nombr. pl. et grav.
Tous les livres de cette bibliothèque sont en parfait
état de conservation.
Le catalogue complet de la vente de la bibliothèque Péron sera adressé sur demande faite aux experts chargés de la vente : Les Fils D'Emile Deyrolle, 46, rue lu Bac, Paris.
REVUE SCIENTIFIQUE
La présence d'une planaire en Auvergne. — La croissance des ongles. — L'instinct de conservation du qibier.
. M. C. Bruyant vient d'entreprendre la publication d'Annules de la station limnologique de Besse, auxquelles nous souhaitons longue vie et prospérité. Dans le premier numéro, entre autres mémoires intéressants, nous remarquons une note du directeur lui-même sur la présence d’un ver plat, une planaire, la Planaria alpina, en Auvergne.
Les sources qui viennent au jour sur les flancs des montagnes d'Auvergne montrent une gamme de température qui s’étend de 11° jusqu'à 4° et même 3°. Les observations faites par M. Bruyant, aux différentes époques de l’année, donnent la moyenne suivante pour les zones altitudinaires échelonnées de 300 en 300 meires :
Zone supérieure à 1.600 mètres........... 3 à 4°
Zone comprise entre 1.600 et 1.300 mètres. 50,6 — 1.300 et 1.000 — 10,9 — 1.000 et 700 — 80,1 — 100 et 400 — 100
Zone inférieure à 400 mêtres.............. 110
Cette échelle des températures s'applique ainsi à l'ensemble des sources qui émergent depuis le niveau de la grande plaine de la Limagne jusqu'au voisinage des sommets alpins groupés autour du Sancy dans le massif du Mont-Dore. Ces sources constituent un milieu cosmique remarquable par la constance de la température. Ce milieu n’a d'analogue à ce point de vue que la région profonde des lacs, bien différent d’ailleurs par les autres conditions biologiques.
Dans toutes les sources de la région montagneuse, on trouve une planaire, la Polycelis cornuta.
Dans toutes les sources où la température se maintient au-dessous ou au voisinage de 4, les planaires sont représentées par une espèce unique, Planaria alpina.