‹ Le NaturalisteChapitre 76 sur 304 · TT —————— · texte numérisé non relu

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Dans toutes les sources dont la température est de 4° à 60, on observe soit Planaria alpina, soit Polycelis cornuta (Source de la Dogue), soit les deux espèces mélangées à des degrés divers (Sources de la Couze Pavin). Cette répartition tient d’une part aux conditions particulières à chaque source et, d'autre part, à la concurrence qui s'établit entre les deux espèces. Enfin on ne rencontre pas Planaria alpina dansles sources au-dessus de 6°.

La Planaria alpina est ainsi une espèce étroitement « sténothermo-glaciale ». La présence de cette espèce dans les sources supérieures tend à préciser le caractère alpin de leur forme.

M. A.-M. Bloch vient de publier une note sur la croissance des ongles chez l’homme, ce qui engagera peutêtre à faire les mêmes recherches chez les animaux, les singes, par exemple, que j'ai souvent été étonné de ne pas voir étudier à ce point de vue. Voici comment M. Bloch opérait autrefois : l’'ongle étant marqué de deux traits croisés en X, il appliquait le doigt du sujet dans l’angle droit d'une petite équerre en forme d'L, divisée en millimètres, et il mesurait la distance entre le coude de l'articulation phalango-phalangine et le point de rencontre des deux branches de l’X gravé sur l'ongle. Trois semaines, un mois plus tard, il prenait une nouvelle mesure et il pouvait ainsi déterminer la croissance de l’ongle. Cette méthode, très exacte d’ailleurs, avait l'inconvénient de ne pouvoir s'appliquer qu'aux doigts de la main et ne se prêtait pas aux recherches relatives aux ongles des orteils. M. Bloch procède actuellement d’une autre facon. Il grave encore à la lime les traits en X. puis il prend à la cire une empreinte du doist. Il coule ensuite du plâtre dans cette empreinte et obtient un moule du doigt, de ses sillons, de ses aspérités ét de sa marque tracée sur l’ongle. Un mois après, il prend une nouvelle empreinte, fait un nouveau moule et mesure au compas la distance de l’X à un sillon, bien déterminé, pareil dans l'un et l’autre modele de plâtre. On peut, de cette façon, déterminer la pousse de l’ongle de la première empreinte à la seconde. Ce procédé s’applique aux orteils comme aux doigts de la main et permet des comparaisons. Des chiffres recueillis, il résulte que les ongles des mains croissent diversement avec l’âge : avant 5 ans. de 6 à 8 centièmes de millimètre par jour; de ÿ à 30 ans, de 10 à 14 centièmes de millimètre ; de 30 à 60 ans, de 7 à 10 centièmes de millimètre; de 60 à 85 ans, de 4 à 7 centièmes de millimètre. Quant à l’ongle du gros orteil, il croit de 7 à 30 ans, de # à 7 centièmes de millimètre ; de 60 à 85 ans, de 3 à 4 centièmes de millimètre. Les saisons ne semblent pas modifier la croissance des angles.

La lutte engagée depuis d'innombrables années entre les chasseurs et le gibier a développé chez celui-ci d’une manière remarquable l'instinct de la conservation. Les ruses employées pour échapper à l’ennemi varient avec les espèces et même les individus. En voici une que cite M. Cunisset-Carnot :

Le chasseur va à la remise et, quand il approche du bon endroit, il amortit le bruit de sa marche pour ne point donner l’alerte. Le voici à la luzerne, il y entre. Le bon chien attentif a obéi au signe, il sait ce qu’on va faire. il se met derrière son maitre qu'il suit pas à pas. Ils vont droit au centre du champ; rien ne part là où le chasseur a vu les perdreaux se poser. Il tourne, tourne, élargit son cercle, rien, toujours rien. Il a battu le champ complètement, il recommence, mais plus mollement, faisant une ou deux croix, toujours avec le chien entre les jambes, qui ne quête ni ne cherche, puisqu'il a recu l’ordre de se tenir tranquille. Pas de perdreaux. Le chasseur se décide à quitter la luzerne pour aller

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