LA CHLOROSE DES ARBRES A FRUITS
Lorsqu'un arbre végète, que les feuilles n’atteignent pas toute leur grandeur et restent jaunes ou blanchâtres on dit que l'arbre est atteint de chlorose; jamais les horticulteurs et les chimistes n’ont été d'accord sur cette maladie qui peut être est produite par plusieurs causes différentes.
On a cru longtemps que cette anémie avait quelques rapports avec l’anémie des animaux et l’on a pris le mème moyen de traitement du fer.
Les chimistes ont analysé les feuilles des arbres atteints de chlorose et chose curieuse, ces feuilles contiennent autant de fer que les feuilles d'arbres sains et souvent même beaucoup plus.
On en a conclu que si les sels de fer solubles que l’on mettait au pied des arbres à raison de 1 gramme par litre produisaient de bons effets, ces résultats étaient dus surtout aux différentes réactions qui s’opéraient dans la terre qui devenait plus vivante chimiquement et permettait à l’arbre de mieux absorber les sels divers dont il a besoin.
Il est actuellement vraisemblable que plus une terre possède de produits réagissant les uns sur les autres, plus elle est bonne pour la culture.
Sur des cerisiers atteints de chlorose, des arrosages au sulfate deter n’ont donné quedetrès faibles résultats. Mais, ayant un jour à ma disposition de la très fine limaille de fer, l’idée me vint d'en semer au pied de mes arbres, j'en semai environ 200 grammes au pied de chaque arbre sur uñ espace correspondant à peu près aux branches; au bout de quelques jours cette limaille était oxydée et pour dissimuler la couleur rouille de la terre, je donnai un très léger binage au rateau.
Cette opération avait été faite au mois de janvier, au printemps suivant mes cerisiers et mes poiriers avaient un aspect superbe et ne présentaient pas trace de chlorose. Comment le fer avait-il agi, je n'en sais rien, mais dans tous les cas ils étaient guéris et je crois bien faire en recommandant ce procédé,
ACADÉMIE DES SCIENCES
Sur quelques variations du Munophyllæa Horsfieldii R. Be. Note de M. CwrrLor, présentée par M. Guicnano.
Depuis peu d'années, quelques rares jardins botaniques européens possèdent, dansleurs cultures, celte plante curieuse appartenant à la famille des Gesnéracées et à la tribu importante des Cyrtandrées. C’est d'ailleursla seu]e bien connue des six esrèces qui constituent le genre Monophyllæa. ;
Cette plante, originaire de la presqu'ile malaise, est cultivée en Europe, en serre chaude humide.
Le caractère principal de son appareil végétatif (lequel est d'ailleurs commun à plusieurs autres genres de la même tribu) consiste en une large feuille réfléchie et cordiforme de 0,35 0,50 de diamètre, sur une longueur presque semblable, peu coriace, verte supérieurement et glabre, cente en dessous.
Cetle feuille unique est portée par une tige d'environ 0,1 de hauteur, de teinte lésèrement cendrée. Les pédoncules des inflorescences qui naissent en touffe dense, à l'insertion de la feuille sur la tige, sont inégaux et ne dépassent pas 0m,10 de hauteur. Ils portent un grand nombre de fleurs petites, supportées par des pédicelles de 5mm à 15mm, Ces inflorescences sont disposées en cymes scorpioïdes.
Les pédoncules de l’inflorescence et les pédicelles floraux, simples ou géminés, possèdent à leurs aisselles des bractées ou des bractéoles linéaires, le plus souvent rapidement caduques.
L’unique feuille du Monophyllæa Horsfieldii est un cotylédon permanent; tandis que l’un des cotylédons est resté stationn l'autre a pris un accroissement rapide en même temps que hypocotylé s’est allongé.
à un grisätre et pubes-
aire, l'axe
La fige qui supporte cette feuille est un axe hypocotylé.
La constance dans la présence de ces feuilles cotylédonaires montre que celte plañte est en voie de mutation, laquelle s’est opérée sans traumalisme violent ni parasitaire. Cette mutation provient vraisemblablement de la culture intensive à laquelle ces plantes sont soumises, en serre chaude humide
Il parait nécessaire de créer, pour ce genre el celle espèce, les noms de Horsfieldia javanica (nov. gen.) qui ne présument en rien de la présence d'une ou de deux feuilles cotylédonaires pour le genre et qui, pour le nom d'espèce, indiquera nettement son origine.
Sur la reproduction sexuelle de l'Endomyces Magnusii Ludwig. Note de M. A. GuizLiERNOND, présentée par M. G. Bonnrer.
L'Endomyces Magnusii, qui a été découvert en 1889, par Ludwig, végétant sur la sécrétion d'un hêtre, présente un peu l'aspect de l’£. decipiens et donne de nombreuses oïdies par désarticulation des rameaux du mycélium; mais il offre surtout un grand intérêt, parce que ses asques paraissent résulier d'un phénomene sexuel. Les asques, en effet, communiquent souvent, au moyen d'une anastomose, avec un article voisin, et pense qu'ils subissent une fécondation.
Ensemencé sur Carolte dans un tube Roux, l’Z. Magnusii se développe rapidement et envahit en peu de temps tout le substratum. Lorsque le mycélium se prépare à former des asques, il offre des caractères très particuliers: il est formé d'hyphes allongés, très minces, à articles courts, pourvus foujours d’un petit nombre de noyaux, un à trois, généralement un seul. Les rameaux partant des troncs principaux se terminent soil par une cellule à contenu très dense, aux dépens de laquelle se constituera un oogone, soit par un article très mince, très contourné, à contenu hyalin, qui fournira une anthéridie.
La cellule mère de l’oogone apparait assez allongée, renflée dans son tiers supérieur, avec deux ou trois noyaux. Au moment où vase produire la conjugaison, la partie renflée de cette cellule se recourbe en crosse, comme pour essayer de rejoindre un filament anthéridial voisin.
A ce stade, la partie recourbée ne renferme qu'un seul noyau, situé à la pointe de la cellule; le reste de celle-ci est occupé par de grosses vacuoles limitées par quelques brides cytoplasmiques et renferme un ou deux noyaux logés dans le liers inférieur.
Ludwig
La branche anthéridiale est surmontée d’une cellule ordinairement très allongée, un peu enroulée en hélice et formée d'un cytoplasme très pauvre et très vacuolisé avec deux ou trois noyaux régulièrement espacés : c'est la cellule mère de l'anthéridie.
Dans un assez grand nombre de cas, l’oogone se transforme directement en asque, sans le concours d'auéune conjugaison.
Mais, le plus souvent, la cellule mère de l’oogone rencontre une branche anthéridiale avec laquelle elle entre en communication. La fusion s'effectue toujours de très bonne heure et généralement avant la différenciation de l’oogone et de l’anthéridie. La pointe de la cellule mère de l’anthéridie s'applique contre l'extrémité de la cellule mère de l’oogone et se sépare du reste de la branche anthéridiale par une cloison transversale, délimitant ainsi une cellule très courte à cytoplasme dense et à un seul noyau, qui représente l’anthéridie. Dans la suite, la cloison qui sépare l’anthéridie de l’oogone ne tarde pas à se résorber, les deux masses protoplasmiques n’en font plus qu'une, et les deux noyaux, le noyau mâle et le noyau femelle, se rapprochent l'un de l’autre. Ce n’est que lorsque l’anthéridie et la cellule mère de l'oogone ont accompli leur anastomose que l’oogone se sépare du pédicelle par une cloison transversale. L'œuf ainsi formé et délimité contient deux noyaux, le noyau mâle et le noyau femelle, qui bientôt se confondent en un seul.
La fusion nucléaire opérée, l'œuf subit une augmentation de volume considérable ; son noyau émigre au milieu de la cellule. A ce moment, le noyau est très gros. A un stade plus avancé, il subit ses deux divisions successives.
Le processus de ces divisions est difficile à suivre; cependant certaines figures semblent indiquer qu'il se rattache à la caryokinèse. Les deux divisions étant terminées, le cytoplasme se concentre autour de chacun des noyaux-fils et constitue bientôt quatre spores ; celles-ci se revêtent d'une membrane cellulosique, À sa maturité, l’asque finit par se déchirer à son extrémité supérieure, et les spores sont expulsées à l’extérieur.
De l'orientation chez les Patelles. Note de M. G. Bonn, présentée par M. Enmoxn PERRIER.
C’est un fait devenu banal, que les Patelles, après avoir erré sur un rocher du littoral à la recherche de la nourriture, reviennent aux places qu'elles occupaient. C’est là un cas très intéressant de retour au gite chez un arimal inférieur, et qu'on a classé sous la rubrique trop vague de mémoire.
Depuis août 1903, l’auteur a entrepris chaque année des observations et expériences pour analyser les mécanismes en jeu, et cela en divers points du littoral : Saint-Jacut-de-la-Mer (1903), Concarneau (1905), Saint-Vaast-la-Hougue (1906, 1907), Wimereux (1904, 1906, 1908), Arcachon (1907, 1908). Dans toutes ceslocalités, les Patelles se trouvent fixées sur de la pierre dure (granite, grès) et occupent le plus souvent des loges qui interrompent le revêtement de Balanes. s
L'instinct du retour au gîte chez les Patelles n’est pas si merveilleux qu’on l’a prétendu ; il peut être en défaut.
Ce Mollusque est guidé surtout par l’une des forces générales du milieu extérieur : la pesanteur. Il a nécessairement des sensations qui le renseignent sur sa position dans l'espace. L'arrêt a lieu toujours pour une position déterminée: les déplacements se font sur des surfaces ayant certaines inclinaisons.
Bien entendu, il y a lieu de tenir compte des sensations de contact qui s'associent avec les précédentes. Un arrêt durable ne se produit pas sur une surface couverte d’aspérités.
Les lois de la sensibilité différentielle indiquent que sur la surface du rocher il y a des lignes de moindre résistance pour l'animal qui se déplace; ces lignes sont les chemins les plus habituellement suivis par celui-ci. Dans une forêt, nous suivons les sentiers tracés, et l’on n’invoquerait pas alors une mémoire musculaire des chemins, une mémoire visuelle ou olfactive de certains points de repère. C’est cependant ce qu'on à fait au sujét des Patelles.
Chez celles-ci, il y a tout au plus une sorte de mémoire de la position dans l’espace, qu’on rencontre d’ailleurs beaucoup plus bas dans la série animale, comme cela résulte des observations si intéressantes de M. Van der Ghinst sur les Actinies.
Les centres manostatiques et le traitement physiologique de l’artérioselérose. Note de M. P. Boxer, présentée par M. Yves DELAGE.
L'oreille est, plus que tout autre appareil sensitif, l'organe informateur par excellence des variations de la pression extérieure. Ce rôle, déjà révélé par les rapports de cet appareil avec
| la vessie natatoire de certains poissons, est rendu manifeste par
la clinique et par des expériences sur l’homme, dans la régie réflexe du rythme respiratoire et cardiaque et de la pression artérielle.
L'auteur à donné le nom de centres manoslatiques aux noyaux bulbaires qui utilisent cette information périphérique pour la régulation de la pression intérieure par voie vasculaire. L’activité du muscle cardiaque et des parois artérielles assure concurremment l'équilibre frophostatique, hygrostatique et manostalique de tous les éléments cellulaires de l'organisme.
Dans la vie sédentaire que nous menons, l'élaslicité de nos parois arlérielles n’est sollicitée que par l'effort professionnel ou sportif, c'est-à-dire par la nécessité de s'adapter et, presque passivement, de résister au jeu de nos muscles, c'est-à-dire aux excès de la pression sanguine elle-même. Or, la nutrition d’un tissu est en raison de son activité propre, commandée par ses centres. Beaucoup de personnes, tympanoscléreuses ou artérioscléreuses, souffrent de ne pouvoir s'adapter rapidement aux plus légères variations atmosphériques, et sentent le temps.
Il semble qu'un entrainement méthodique et prudent, exerçant l'organisme à équilibrer rapidement sa pression intérieure aux variations de la pression extérieure, chose facile à réaliser sous forme de cure, dans les pays à funiculaires comme la Suisse, serait une excellente gymnastique des parois artérielles, un massage dans lequel les centres moteurs et trophiques joueraient un rôle direct, très apte à réveiller, à activer la nutrition de ces tissus et à combattre directement et physiologiquement r'artériosclérose.
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EX POSITION PREILISTORIQUE, PROTOISTORIQUE, ETHNOGRAPHIQUE
et D'ART CÉRAMIQUE, à Beauvais
À l’occasion du Ve Congrès Préhistorique de France, le Comité Local organise, à Beauvais, une Exposition Préhistorique, à laquelle il annexe une Exposition de Céramique locale, qui doit rassembler les spécimens des Anciennes Fabriques du Beauvaisis et du Département de l’Oise et faire connaître au Public les belles productions des Artistes Modernes de la Région.
Le but de cette Exposition est de vulgariser la Science Préhistorique, encore si peu connue, et d'attirer à Beauvais un grand nombre de visiteurs, Français et Etrangers.
Cette Exposition aura lieu du 4 juillet au 10 août.
La partie Préhistorique comportera trois Sections :
1° Une Exposition Générale;
20 Une Exposition Départementale;
30 Une Exposition Ethnographique.
La partie Céramique comprendra :
10 La Céramique Ancienne de Beauvais et du Déparment:
20 La Céramique Moderne de Beauvais et du Départetement. L
L'Exposition Générale comprendra toutes les Epoques de la Préhistoire, depuis les temps tertiaires, jusqu’à, et non comprise, l'Epoque Gallo-Romaine.
Des spécimens de la Faune et de la Flore pourront être joints aux envois, spécialement pour les Epoques tertiaires et quaternaires inférieures.
Dans cette Exposition sera comprise l'Exposition Préhistorique Etrangère.
L'Exposition Départementale comprendra les mêmes périodes ; mais elle s’étendra aux Epoques Gallo-Romaine et Mérovingienne. à
L'Exposition Ethnographique renfermera surtout les objets susceptibles d'offrir une valeur de comparaison avec les Objets Préhistoriques.
Le Gérant : PAUL GROULT. :
Paris. — Imp. Levé, rue Cassette, 11.
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