‹ Le Naturisme dans Paul CartonChapitre 4 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

| Av ; ER : — ur cu \ ; , d

Nombreux sont en effet les médecins qui pleins d'enthousiasme au début de leur carrière

FAN ont finalement perdu confiance dans leur savoir RE . et leurs prescriptions. Devenus souvent eux-

mêmes les victimes de leur fausse science, incapables de se guérir eux- -mêmes, ils se contentent de souffrir en silence de leur désillusion tout

métier ingrat de distributeur autamatique de LE s ; médicaments.

Paul CARTON.

Lorsqu'on lit les œuvres d’ün grand médecin d’un

siècle passé comme celles d’un Trousseau, d’un Sydenham, on est difficilement épargné par le sentiment de profondeur et de chaleur humaine qui s’en dégage. Quelle que soit notre indifférence, la lecture de ces vieux livres ne manque pas de nous atteindre par la résonnance si proche des sentiments qu’ils expriment. De tous temps, la médecine a été difficile; difficile à cause de dons indispensables, difficile à cause de l’opposition de ceux qui ont voulu la réduire à leurs vues étroites. Le fait qu’il y a eu à travers les siècles comme un jalon-

en continuant d'accomplir sans conviction leur :

He ce METRE dE À, TO RUE PEN TARS POS 2

LA

nent d’ Ne qui se sont reconnus de uns je Fe ER 1e à ANSE se sont reconnus eux-mêmes dans nee écrits d'Hippo- |

__crate suffirait à à nous assurer de là permanence des

forces de l'Esprit, mais il devrait nous. pousser | aussi

à saisir cette même inspiration au travers du fourmillement des faits qui ont envahi la médecine sous la poussée ù 2 de la chimie et de la microbiologie. Or; le besoin & si Pro | fond chez l’homme, de croire en quelque chose. qui le dépasse, de croire qu’il peut dominer ces faits, ,2e génie personnel qui est en chacun, se retrouvent bien mal dans, à cette accumulation de phénomènes et de pathogénies. « Au lit du malade, la valeur de la science est relative; elle dépend toujours du sentiment de l’artiste, ‘de la justesse, du tact avec lesquels il applique à un cas de | “maladie donné les notions que la théorie lui fournit. La science a changé bien des fois depuis Hippocrate ; et pourtant ce grand homme a fondé la médecine sur des vérités premières tellement solides, qu elles sont deve-

; nues le sens commun médical et les règles immuables de l’art ». Aïnsi s’exprimait Trousseau. Or, de nos jours, si la médecine est difficile, e’est moins à cause de cet art personnel, si pénible à immiscer dans la réalité quotidienne, qu’à cause de la subordination de cet art à des théories tant chimiques que bactériologiques. Nous assistons une fois de plus à la séparation de l'esprit d’avec la main, de l’esprit de l’artiste a qui échappe la réalité, de la main du technicien ravi de ses recherches et ne pensant pas au-dessus d’elles. Si la scholastique a persécuté la science, celle-ci le lui rend bien aujour-a d’hui et de cette séparation nous pâtissons tous;'on se : demande où est le moment où l’esprit pourra intégrer - ce scintillement de vérités partielles. Où est le « sens commun » de l’art médical, où sont ces « règles immua-

aire se

ot lim) Ve

Le: Lo

peut. faire dire à à peu près ce que l’on veut? Et 4 “pourtant, dit Planck, €. les temps où la philosophie et les sciences positives se considéraient comme étrangères

défiance, doivent être considérés comme révolus. ». Le temps où la pensée médicale d'Hippocrate se retrouvera dans les recherches des jeunes sciences est peut-être proche Jui aussi, comme l annoncent. des PRG ; “récentes. 64 Do à but de EU né n “ pas dont à He repenser la médecine actuelle à la lumière de cette tra- dition hippocratique, et ce n’est pas pour retrouver celle-ci que nous avons été amené à lire ces vieux 5 auteurs, Les manuels et les traités laissent mal voir la place que ceux-ci ont tenu parce qu’ils laissent derrière eux moins des découvertes et des théories, qu’une ma- # nière de penser. En dehors du signe de Trousseau et de D l’adénie, que sait-on de cet auteur? On ne sait même 5 pas que c’est lui qui pratiquement a introduit la trachéotomie et la thoracentèse ; comment saurait-on qu'il a profondément pressenti le rôle des germes dans la genèse des maladies infectieuses, saluant Pasteur avant ses découvertes. Quant à Sydenham, il est pratiquement inconnu. Certes, on conçoit que derrière une terminologie archaïque, des expressions désuètes, il soit difficile de saisir la pensée de ces auteurs, mais devant ces in-folio poussiéreux aux pages jaunies et piquetées, si nous. sourions au début des balbutiements scientifiques, nous saisissons vite la profondeur et le génie derrière les

1 ae de qu’ à, ceux de Nadine 4

l'une à l’autre et se regardaient mutuellement avec : d

‘5,0 jé # “

\ ok 7

Cu

re ‘à à e a AE & +4 RAR PE f

textes. Nous n’avons jamais lu une introduction aux

études médicales aussi élevée que celle de Trousseau au début de ses cliniques de l'Hôtel- Dieu. Elle soulèverait d’enthousiasme l’ex- bachelier en philosophie qu’est le jeune étudiant; il a fallu des circonstances fortuites et la richesse de la bibliothèque Fontaine, des Hôpitaux de Nîmes, pour que nous la connaissions. Trousseau n’est éloigné de nous ni par le temps, n1 par la langue, mais la même puissance se retrouve dans Sydenhani, l’Hippocrate anglais du xvri° siècle. <

Une grande vie, dit Vigny, est une pensée de la jeunesse réalisée dans l’âge mûr. Cette inspiration de l’adolescence, cette richesse de possibilités bouillonnant dans le cerveau au sortir de l’enfance, sont un thème qui revient souvent dans les romans de l'écrivain contemporain Charles Morgan. Il est probablement peu d'étudiants en médecine qui n’aient senti cette vérité, lorsqu'ils se sont trouvés pour la première fois en face du mystère de la Maladie et de la Mort. Cette rencontre première est importante, parce que la seule, souvent, à la-suite de laquelle une expérience puisse être acquise. Il y à expérience et expérience. L’une qui nous vient en nous heurtant aux angles des réalités quotidiennes, une autre qui est une sorte de révélation. C’est celle-la que le jeune étudiant est mieux à même de faire, que plus tard, quand les désillusions ont fermé ses yeux. Elle est plus précieuse que tout, car elle forme la flamme même de la vie de l’esprit, ce ferment sans lequel celle-ei est peu de chose. Ce sont des réflexions de cette nature qui nous ont poursuivi durant nos études. Ces réflexions se sont retrouvées elles-mêmes dans un auteur à peu près inconnu des milieux médicaux, Paul Carton.

vas qui a A an et ue on el

d’une affection pour laquelle il avait été condamné par les médecins et ce fut le départ d’ ‘observations, de médi-

Paris, on ne peut l’accuser de manquer de la connais-

sance des acquisitions scientifiques modernes. La somme :

de lectures et de documentation que représentent ses écrits empêche, d’autre part, de lui reprocher le manque d’information. C’est le seul auteur moderne qui ait tenté, à notre connaissance, cette prise de conscience

l’on avait été condamné par les médecins », rendrait déjà suspect et certains iraient même jusqu’à le lui

est pathologique parce qu’en dehors de l’autorisation #4 médicale, mais il s’est de plus attaqué à des dogmes 2. 4 comme ceux de la sérothérapie et de la vaccination, ce qui, on le conçoit, le met radicalement en marge de nos È conceptions actuelles. Nous exposerons ses idées en ro laissant juge le lecteur de leur valeur. Nous sommes venus à les connaître par un de ses adeptes, guéri par lui et dont les recherches scientifiques ne permettent pas de le ranger parmi les prosélytes enthousiastes et naïfs. À cet auteur, E. Arnaud, nous sommes redevable - de clartés sur des problèmes qui intéressent le médecin, tel que celui de la position de la science astro-physique devant les révélations des religions diverses et celui du

celui démontré par Einstein. Nous l’en remercions ici.

incidemment au hasard d’une ; conversation, d’une lectu- É re, des adeptes un peu partout. Il s’est guéri lui-même

ee +R qui l’ont conduit à retrouver la source, de la. : doctrine hippocratique. Ancien interne des Hôpitaux de

Page 1