‹ Le Néo-Syndicalisme et Le Mythe de La Grève GénéraleChapitre 6 sur 29 · LA E · texte numérisé non relu

LA E

tianisme lui rappellent toujours que la vie est brève. Il veut agir immédiatement, et il se hâte d'acquérir un principe directeur. Il se précipite alors vers les doctrines générales, vers les résultats, vers les dernières solutions que donnent les maîtres. Mais un simple défaut de logique dans ces solulions les lui fait abandonner. S'il avait pris le temps de suivre en détail les multiples considérations qui ont amené de telles conclusions, il aurait peut-être vu qu'elles cadraient assez bien avec ses tendances et ses aspirations, et le résultat rationnel, avec la raideur inévitable de sa forme synthétique, se ferait accepter. Seulement, on n'est patient que pour légilimer ce que l’on croit déjà.

On pourra s'étonner que j'ai choisi un sujet aussi difficile que celui de cette étude et qui aurait demandé, pour être bien traité, une vaste érudition et une réflexion pénétrante dont les années seules nous accordent Ia progressive possession. Il m'a semblé, cependant, qu'il convient de profiter du temps de la jeunesse qui permet plus que tout autre d’être sincère et désintéressé. Tant qu’on est jeune, qu'on ne sent pas peser sur son esprit les influences plus ou moins altérantes d’une profession que l'on embrasse et d’une classe où l’on se fige, on doit se hâter d'aborder l'étude d’un système comme celui de M. Sorel. C’est le meilleur moyen d’en retenir ce qu’il a peut-être de vrai et, grâce à l’enthousiasme qu'on est encore capable d’avoir pour les idées les plus étrangères à nos premières et inconsistantes habitudes, d'en accepter, s’il y a lieu, les conclusions les plus justes et les plus amères.

Ponte

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