CHAPITRE PREMIER
Etiologie
De manière générale, les cancers se développent le plus souvent dans les organes exposés aux traumatis- - mes ou aux irritations, en particulier aux irritations chroniques arrivant à créer l'inflammation. Aussi, les cancers intestinaux ont-ils une prédilection marquée pour les endroits où stagnent les matières féca!es.
Point n’est besoin d’en dire plus pour comprendre la fréquence des cancers du rectum : Nous l'avons d’ailleurs évaluée plus haut à 5 p. 100 des cancers en général. Et cela nous explique le nombre de ces néoplasmes rencontrés chez les jeunes sujets. étant donné que, d’après les statistiques, ils sont porteurs, triste privilège, de 7 à 8 p. 100 du nombre total des cancers du rectum.
Si nous faisons la moyenne des âges de nos jeunes malades, nous voyons que c’est vers vingt-sept ou vingt-huit ans que les hommes en sont atteints, tandis que les femmes attendent trente ans. Mais cela ne les en préserve pas, car 57 p. 100 seulement des
malades sont des hommes : un peu plus de la moitié des cas.
Si nous recherchons dans les antécédents de ces malades les causes prédisposantes ou efficientes de leur affection, nous ne trouvons aucun renseignement. Dans aucun cas, nous ne voyons d’hérédité cancéreuse, hérédité dont l’absence est spécialement affirmée dans deux de -nos observations (I et X).
Cela d’ailleurs ne peut surprendre. En effet, Suter n’accuse que 14,2 p. 100 de cas où il a rencontré l’hérédité, et c’est lui qui donne le chiffre le plus fort de tous les auteurs. Or, comme les cancers du rectum chez les jeunes ne représentent que 0,35 p. 100 du chiffre total des cancers, il n’y aurait guère qu’une demi-chance sur cent au maximum, de découvrir chez un jeune malade une hérédité néoplasique.
Quant aux antécédents personnels, aux maladies locales antérieures, leur influence sur le néoplasme rectal paraît beaucoup plus certaine.
On a incriminé les hémorroïdes et Lowinska, Zinner et Christen ont réuni des statistiques réellement impressionnantes. Chez les jeunes, faut-il les accuser de même ?
Deux de nos malades (Obs. III et XITD) étaient porteurs d’hémorroïdes. L’un entre à l'hôpital pour se les faire soigner, leur attribuant sa constipation opiniâtre d’abord, puis les écoulements sanguinolents et séro-purulents qui l’incommodent. L'autre, qui s’en est fait opérer, présente depuis lors des douleurs dont il finit par comprendre la cause en constatant l’apparition, sur la cicatrice même de l’opération, d’une