‹ Le Néoplasme Rectal Chez les JeunesChapitre 33 sur 36 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic après l'Opération

Tout cancer opéré et « complètement » enlevé sans qu’il reste dans l’organisme une seule cellule néoplasique ne récidive pas : telle est la règle.

Mais combien cette règle, si facile à énoncer, est difficile à mettre en pratique. Combien difficile sera l’ex-

tirpation complète de tous les éléments néoplasiques

d'une tumeur rectale, sans en oubliér qui seraient le germe d’une récidive, sans laisser le plus petit ganglion infiltré.

Aussi, à la fameuse question posée par tout malade : « Docteur, est-ce grave ? » sera-t-on assez gêné pour répondre. Si le cancer est inopérable, l’opinion du médecin sera immédiatement faite, et il mentira sciemment. Il avertira, bien entendu, sa famille et lui dira la vérité. Mais si le néoplasme semble opérable, relativement jeune, peu étendu, assez mobile, pourrat-il sans crainte rassurer son malade ? La tumeur est extirpable, c’est entendu. Mais sera-t-il possible d’enlever tous les éléments infiltrés ; et même si le chirur-

gien eroit en avoir fait une exérèse complète, ne restera-t-il pas, peut-être, quelques celluiles néoplasiques complètement invisibles et insoupçonnables dans des organes sains en apparence. De plus, la mortalité opératoire est considérable : 37 % d’après Hartmann. Nous eitons le cas d’un malade qui mourut le jour même de l’opération (Observ. VII) et celui d’un second qui mourut eing jours après (Observ. XI). 7 Et même si, après l'intervention chirurgicale, le malade semble guéri, ne souffrant plus, reprenant du poids, sentant ses forces lui revenir, pourra-t-il croire à une guérison définitive, à une délivrance complète ? Combien souvent, au bout de six mois, un an, dixhuit mois il sentira les mêmes symptômes Le reprendre qui, cette fois, le mèneront rapidement au tombeau. Il restera peut-être même plus longtemps dans une santé complète, se croira guéri, suivant cette vieille opinion qui voulait qu’un cancer opéré depuis plus de trois ans sans récidive ait disparu à jamais, puis il en éprouvera à nouveau les atteintes. Certes, il ne faut pas noircir un pronostic déjà bien chargé. Nous ne prétendons pas qu’on ne puisse, par une opération précoce et une exérèse large, guérir d’un cancer du rectum et qu’on ait d'autant plus de chances d’en être débarrassé à jamais qu’il y aura plus longtemps qu’on en aura été opéré. Nous affirmons seulement que, quel que soit le cas, le pronostic doit toujours rester réservé, même lorsque la guérison semble depuis quelque temps complète. Deux des malades dont nous parlons (Observ. IV et VI) moururent trois et six mois après l’opération. Deux autres (Observ. V

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