‹ Le Néoplasme Rectal Chez les JeunesChapitre 6 sur 36 · MEL · texte numérisé non relu

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cent trente-huit cancers du rectum.

1 malade n'avait pas 10 ans,

5 malades avaient de 20 à 30 ans

11 — — 30 à 40 ans 38 — — 40 à 50 ans 36 — — plus de 50 ans

Même proportion d'hommes et de femmes que dans la statistique de Von Bergmann.

Jonnesco dit avoir opéré de cancers du rectum des malades n’ayant pas plus de vingt-sept ans.

Kocher, de Berne, a observé cent vingt-trois néoplasmes du rectum, jusqu’en 1904.

3 malades avaient de 25 à 30 ans

9 — . 30 à 40 ans 24 — — 40 à 50 ans 43 — — 50 à 60 ans 28 — — plus de 60 ans

Parmi eux, il y avait soixante-quinze pour cent d'hommes.

Küster, de Maburg, accuse, lui, cent vingt-six cas de 1885 à 1899.

2 malades n’avaient pas 20 ans, 1 malade n’avait pas 30 ans, 16 malades avaient de 30 à 40 ans

19 = —- 40 à 50 ans 34 — —— 50 à 60 ans 54 — — plus de 60 ans

Poppert, de Giessen, sur soixante-quatre cas, a opéré une femme n’ayant pas trente ans.

Rotter, de Berlin, sur cent-dix malades, en a opéré

trois qui avaient le même âge et Scheede, de Bonn, en a vu deux sur soixante et un cas.

Ces statistiques nous montrent donc que, si c’est de cinquante à soixante ans que l’on rencontre le plus souvent le néoplasme du rectum et qu’il n’est plus rare à partir de la trentaine, on a vu dans tous les services des malades beaucoup plus jeunes qui en étaient atteints.

La proportion en est même relativement forte. Gristen prétend que 8 p. 100*des cas de cancer rectal se

rencontrent entre treize et vingt ans. D’après Von

Bergmann, 4,50 p. 100 des néoplasiques rectaux ont moins de trente ans. Il y en a 2,50 p. 100 dans le service de Czerny, 2,75 p. 100 chez Kocher, Küster et Rotter, 3,75 p. 100 enfin dans le service de Bonn. Et nous avons choisi à dessein de relativement anciennes statistiques pour insister sur ce fait que le néoplasme rectal chez le jeune a toujours été observé, mais sans qu’on lui ait porté l’attention qu’il méritait.

Les résultats des statistiques plus récentes sont absolument concordants avec celles-ci.

Jaboulay a opéré de néoplasmes rectaux, de 1897 à 1909 trois hommes de 23, 24 et 27 ans et deux femmes de 27 et 30 ans.

Le Professeur Tixier a vu un malade de 21 ans, trois de moins de 30 ans et trois autres de moins de 39 ans. à

Le Professeur Bérard a opéré trois malades de 27 ans. Godin a vu un néoplasme rectal chez un garçon de 15 ans, Mayo et Gowland chez des enfants de 12 et 13 ans. Philip a réuni douze cas de cancers du

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rectum entre 11 et 15 ans et Bernouilli en a trouvé vingt et un avant 20 ans.

… Nous ne pouvons citer ici toutes les statistiques, mais, de tous les documents que nous avons pu nous procurer, il ressort, en en faisant la moyenne, que dans 3,50 p. 100 du nombre total des cas, il s’agit de malades n’ayant pas plus de 30 ans.

Toujours d’après les statistiques citées plus haut, nous voyons que 70 p. 100 environ des malades sont des hommes. C’est d’ailleurs l’opinion de Quénu et Hartmann et la conclusion des travaux de Hencke, Bryant, Stierlin et Hildebrandt. Et cela ne peut étonner. Les cancers du tube digestif, en effet, affectionnent tout spécialement l’homme. D’après Zenker, le cancer de la langue n'est-il pas six fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme et celui de l’œsophage n’atteint-il pas sept hommes pour une femme.

Mais il nous faut maintenant, sans plus attendre, indiquer quel est l’âge auquel nous limiterons les sujets que nous appelons « jeunes » et, par conséquent, les observations dont nous nous servirons. Certes, il n’est pas de limite bien tranchée, de barrière nette entre les deux catégories de malades que nous cherchons à distinguer. Il n’est pas un âge en deça duquel on est jeune et au delà duquel on est vieux. Nous avons résolu d’adopter comme limite d'âge trente-cinq ans; non que l’on puisse taxer de prime jeunesse les malades ayant dépassé la trentaine, mais parce que s’acheminant par gradations insensibles vers la quarantaine, époque à laquelle ils ne sont plus « jeunes » (médicalement parlant, du

moins!) il nous fallait choisir, dans cet acheminement une limite, arbitraire, nous le voulons bien, mais qui soit pour nous un repère et une borne en l'absence de laquelle il n’y aurait pas eu de raison de ne pas prolonger la jeunesse de nos malades. De plus, comme il a été trop longtemps admis que le cancer du rectum n’était guère observé avant quarante ans et que tout au contraire nous voulons insister sur sa fréquente précocité, nous pouvons bien aussi, pour cette raison, choisir l’âge de trente-cinq ans pour séparer l’une de l’autre l’ancienne opinion erronée, de celle qui doit prévaloir aujourd’hui.

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