OBSERVATIONS
Nous allons résumer ici douze Observations de cancer du rectum chez des sujets jeunes. Nous transcrirons d’abord les observations inédites que nous possédons, puis nous leur ferons suivre les observations que nous avons recueilies dans la littérature.
Voici d’abord deux Observations prises dans le ser- | vice de M. le Professeur agrégé Cade :
OBSERVATION I (inédite)
Esther N.., ménagère.
Entre dans le service de M. le Professeur agrégé Cade pour troubles de la défécation. Père mort d’appendicite. Est sans nouvelle du reste de sa famille restée en Russie pendant la guerre, Pas d’antécédents néoplasiques connus.
En fait de maladies de jeunesse, n’a eu que la rougeole. Rien d’autre à signaler.
La malade a eu cinq enfants : l’un mort-né, le second prématuré, et trois autres actuellement vivants et bien portants, dont le dernier vient seulement d’être sevré sur le conseil du médecin qui examinait la malade.
La malade a toujours été constipée, mais ce n’est que depuis
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la naissance de son dernier né (7 mois) qu’elle a commencé à souffrir au moment de la défécation. Elle a des alternatives de diarrhée et de constipation, et ses matières contiennent des glaires muco-sanguinolentes mélangées avec quelques caillots noirs.
Au moment où elle va à la selle, la malade ressent des douleurs extrêmement vives, qui diminuent ensuite progressivement pour ne reprendre qu’à la selle suivante.
Faux besoins sans épreintes. Pendant les périodes de constipation, véritables boules fécales, extrêmement dures.
L'état général n’est pas très affecté. Amaigrissement de deux kilogs en deux mois. Affaiblissement et perte des forces. Mais l’appétit est conservé pour tout. Pas de troubles digestifs.
A l’entrée, l’état général est passable. La température oscille entre 36° et 39%.
Toucher rectal (M. Cade). — Petites hémorroïdes. Végétations dures depuis, un peu au-dessus de l’anus jusqu’à bout de doigt. Végétations de volume varié. Tout le rectum est envahi, cartonné. Depuis que la malade avait été touchée pour la première fois, un mois auparavant, les lésions ont plus que doublé.
Le ventre est un peu ballonné. On sent le colon ilio-pelvien rempli de matières fécales.
On fait passer la malade dans le service de M. le Professeur Bérard.
Le Docteur Santy lui fait une laparotomie exploratrice sous rachianesthésie. L’S iliaque est très long et très mobilisable. Il n’y a pas de ganglions dans le méso illiaque. Le néoplasme rectal ne dépasse pas le plan du périnée. Il lui fait un anus iliaque par le procédé du pont de crins.
Vingt-trois jours après, nouvelle intervention. Hystérectomie totale large. Libération de VS iliaque et du rectum de haut en bas. Section de VS iliaque et repli des deux bouts au ras de l’anus iliaque. Péritonisation facile au-dessus de VS iliaque refoulé dans la cavité pelvienne et fermeture du ventre. Par le périnée, ablation large de tout le rectum et d’une partie de la paroi postérieure du vagin. Bourrage de la cavité avec des compresses de gaze.
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L’examen d’un frägment prélevé sur la pièce opératoire montre qu’il s’agit d’un épithélioma cylindrique métalypique. Les couches musculaires sont complètement envahies par des boyaux pseudo-glandulaires très serrés, très nombreux, et présentant des cellules fréquemment monstrueuses.
La malade, opérée il y a un mois, va maintenant bien,