‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 29 sur 85 · iô · texte numérisé non relu

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leur retraite, les missionnaires suivaient inutilement les révolutions de palais qui se succédaient à Katmandou. L'occasion souhaitée persistait à se dérober. Un jour pourtant les Pères crurent Tavoir trouvée. Bàhâdur Sâh, qui faisait fonction de régent pendant la minorité de son neveu Rana Bahâdur Sâh, petit-fils de Prithi Narayan, fut renversé par une intrigue de cour et se retira en exil à Bettia. Il s'intéressait à la minéralogie et à la métallurgie, à cause des avantages pratiques qu'il en espérait tirer. Les Pères s'offrirent à l'instruire s'il se faisait chrétien, il répondit, avec une bonhomie narquoise, que son rang l'empêchait absolument d'accepter celle condition, mais qu'il était tout prêt à donner en compensation deux ou trois hommes qui feraient, après tout, d'aussi bons chrétiens que lui. Les Pères, à leur tour, n'acceptèrent pas l'échange ; et le régent en conclut qu'ils avaient voulu le duper en se targuant d'une science qu'ils ne possédaient pas *.

Vingt-quatre ans s'écoulèrent sans qu'un seul Européen fût admis à visiter le Népal. Cependant, la Compagnie Britannique des Indes Orientales, déjà maîtresse d'un immense domaine et souveraine dans l'Hindoustan depuis la ruine de sa rivale française, se préoccupait du royaume mystérieux qui commandait les passes entre l'Inde et le Tibet, et que sur de vagues rumeurs on tenait pour « un nouvel ElDorado* ». Déjà une première tentative d'intervention avait échoué ; en 1768 les trois rois du Népal, menacés par les Gourkhas, avaient sollicité le secours des Anglais; mais le détachement envoyé à leur aide sous les ordres du capitaine Kinloch, décimé par la malaria du Téraï, errant

1. KiRKPATRicK, 120. — Cependant, en 1802, Hamillon à son arrivée trouva « Téglise réduite à un Padre italien et à un indigène portugais, qui avait été attiré de Patna par de belles promesses, promesses qui n'avaient pas été tenues, et qui aurait été bien heureux d'être autorisé à quitter le pays » (Account of Népal, p. 38). — Et cf. inf. p. 149, note.

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