Gli Scritti
2. Cette section do l'itinéraire est traduite par Georgi presque exclu- .vivement de la Relazione du P. Cassien : l'original est un peu plus étendu, mais sans addition importante. V. Riv. Geogr. ItaL, 1901, p 623-627.
OÙ on a gravé la formule ont mani padme hum, et une pagode où une religieuse bouddhiste tourne la roue à prière.
Puis Paldù à VIII M. P. ; le chemin va plus au Nord. Enfin Nesiï [Listi], bangalow, fort et garnison à la limite du Népal, VI M. P.
Puis une campagne habitée par des Tibétains, au pied des roches, II M. P. A deux milles de là, on grimpe et on descend par des échelles très étroites, faites de pierres taillées et mobiles, le long de roches très hautes et constamment au bord d'un afifreux précipice. Au bas, des vallées, des pâturages, des champs marécageux où on cultive le riz. Puis Dunnày bangalow [Dhoogna de Kirkpatrick, Tugunades itinéraires indigènes], XIV M. P. Le chemin va directement au Nord. Les routes sont très étroites, sur des pentes abruptes, et tournent constamment autour de montagnes extrêmement élevées. Souvent des roches écartées sont réunies par des ponts suspendus sans appui latéral. Il faut traverser douze fois par ces petits ponts étroits et tremblants faits de perches et de branchages. La terreur du voyageur s'accroît encore à voir au-dessous de lui d'immenses abîmes à pic et à entendre le fracas des eaux qui dévalent au fond parmi les pierres. Il y a surtout un endroit particulièrement difficile, qui épouvante au plus haut degré les timides ou les novices, tant que la peur de tomber augmente encore pour eux le risque d'une chute. C'est un rocher saillant, en énorme déclivité, ouvrant sur le précipice, long d'environ 16 pieds, et d'autant plus glissant que les eaux découlant du sommet le lavent et le polissent. On y a gratté et excavé de pas en pas des creux où le voyageur peut poser, sinon le pied entier, au moins la plante du pied.
La rivière Nohothà s'élance d'une poussée impétueuse entre deux montagnes. Le lit en est large de 100 pieds et
plus. On traverse sur un pont fait de grandes chaînes très solides. Les gens vont en sécurité sur le tablier en se soutenant, de droite et de gauche, à deux chaînes fortement attachées au rocher des deux parts. Mais le mouvement d'ondulation, surtout s'il se combine avec des secousses fréquentes comme c'est le cas quand plusieurs personnes passent en même temps sans aller du même pas, les unes allant, les autres venant, inspire une terreur à peine supportable.
Kansàj bangalow [Khâsâ, Khangsa], XVI M. P. Le chemin va droit au Nord, aussi étroit que la veille et plus horrible encore. Vingt-neuf passerelles à traverser sur des crevasses énormes de rochers, et les parois à grimper sont aussi vertigineuses et plus nombreuses encore. Ici commencent les montagnes couvertes de neige. [Le traité de 1792, entre la Chine et le Népal, avait fixé la frontière à ce point sur la route de Kuti.]
Sciuscha, ou Chuscha, localité d'environ vingt familles [Chôsyâng]. Région très froide ; elle est baignée par une rivière sur la rive orientale de laquelle est une source jaillissante d'eau chaude ; l'eau chaude est recueillie en plusieurs fosses, comme dans des thermes. Les indigènes s'y tiennent longtemps plongés pour réchaufiTer leurs membres raidis. La route est, comme la veille, abrupte et exposée aux périls, car on monte sans cesse des montagnes presque chauves et neigeuses, avec la rivière Nohothà coulant au fond parmi les roches. Enfin on arrive à Kuti, ou peut-être aussi Kiit, limite et garnison septentrionale du Népal. Elle appartenait autrefois au royaume de NépaP ; mais les trois roitelets l'ont cédée aux Tibétains quand le chemin de l'Hindouslan par le Népal a été ouvert. Car
1. En effet, les Népalais avaient acquis Kuti sous le règne de Laksml Narasiipha MaUa, aux environs de l'an 1600. V. Vamçâv., p. 211, 212 et
auparavant le chemin du Tibet passait par le Bramascion [Sikkim], et cet ancien chemin était plus facile et plus commode. Les gens de l'Hindouslan pouvaient y passer avec des bêtes de somme et porter leurs marchandises au Tibet par une voie plus courte. Mais les voyageurs périssaient en plus grand nombre des atteintes de Voila [aoul, malaria] qui sévissait avec vigueur et constamment par toute saison. La voie ouverte par le Népal permet d'échapper à ce danger quatre mois de Tannée, ou même cinq, de novembre à avril. Les porteurs qui retournent au Népal sont tenus de rapporter une mesure fixe de sel, dans Tintérêt du pays, carie sel y manque *.
A partir de Kuii on chemine sur des bêtes de somme ou à cheval, quoique en approchant de Lhasa les hauteurs aillent toujours en se relevant vers le Nord. La seule diffi-
1. La Relazione iSiVi P. Gassien donne ici, sur le commerce du Népal et du Tibet, des détails précis et importants queGeorgi n'a pas recueillis. « Pour fermer le chemin du Brhamasciô on a créé un droit de douane du 1/10, de sorte que si un marchand passe par Brhamasciô avec dix charges de marchandises, le douanier prend pour droit une des dix charges ad placitum sans pourtant l'ouvrir; un si gros droit, ajouté au danger de mourir par l'Ollà, a définitivement établi le chemin du Tibet par le Népal ; et à l'occasion de ce changement de route les Népalais ont cédé Kuti au roi du Tibet sous de nombreuses conditions avantageuses pour les deux parties, comme par exemple de charger tous les porteurs (barià) qui y vont d'un mandarmeli [la valeur d'un mahendramalla] de sel, lequel ne se trouve pas au Népal ; aussi que les Népalais auront a Kuti, Gigazè, Gianzè et Lhassa un chef de leur religion pour chacun des trois royaumes respectifs du Népal, qui juge les causes civiles des Népalais de leurs royaumes respectifs, cest-à-dire un de Katmandù, un de Batgao, et un de Patan ; que la monnaie du Népal soit l'argent frappé qui aura cours au Tibet; et autres conditions semblables, spécialement que le roi du Népal choisira les chefs des lieux situés entre le Népal et Kuti, quoique les gouverneurs de Kuti aient cherché à usurper ce droit spécialement pour les lieux du côté de Kuti après Nesti. Le roi du Népal se contente de confirmer la nomination du gouverneur de Kuti en le nommant encore pour chef et d'en retirer ce qu'il peut, attendu que la situation des lieux ne rend pas possible l'usage de la force, puisqu'il suffit de lever un pont ou de retirer une passerelle pour empêcher toute communication d'une nation à l'autre. » (Riv. Geogr. Ital., 1902, p. 40- 'il.)
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culte qui subsiste lient à l'extrême altitude qui affecte aussi bien les bêtes que les gens, chaque fois qu'on traverse une chaîne de montagnes ; mais les vallées sont étendues, verdoyantes et peuplées. Un mois de route mène de Knù à Lhasa'.
La description du P. Marc, d'après le P. Tranquille, néglige les indications d'étapes, et insiste sur les dangers du voyage: « Du Népal, pour aller à Lassa, capitale du Grand-Tibet, et où nous avions un hospice, le chemin se
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dirige vers le N.-E. par des montagnes, des rivières et des forêts si difficiles qu*en bien des endroits ni bœufs ni ânes n'y peuvent passer. C'est pourquoi les marchands du Népal, qui ont grande correspondance avec Lassa, n'ont pas d'autre moyen de transporter leurs affaires que sur leurs propres épaules, ou sur certains boucs qui sont très grands et qui portent un poids médiocre. On va en montant et en descendant les montagnes, passant avec difficulté les cours d'eau qui, parmi de telles montagnes, ont une violence très grande, tout pleins de roches et de grosses pierres, particulièrement en deux endroits où il faut passer sur des chaînes qui sont assez mal attachées de part et d'autre, d'un roc à l'autre, tandis que le torrent roule à une profondeur telle que la tête tourne à le regarder. Et bien des voyageurs se bandent les yeux et se font lier sur une planche qu'on assujettit bien aux chaînes, et ils se font ainsi passer par quelque indigène expert. En cheminant ainsi pendant dix jours, en ne trouvant que peu de lieux habités, on arrive à la fin à une ville nommée Cuti^ située sur un mont aride où finit la terre du Népal et commence celle du Tibet, de sorte que la ville même est divisée par le milieu, une moitié faisant partie du Népal, une moitié du Tibet*. A cette ville de Cuti finissent les montagnes ; on sent en cet endroit un changement complet et subit de climat ; on a brusquement des froids très intenses, de la glace et de la neige. De ce lieu cheminant encore un mois, par d'autres montagnes petites et remplies de neige toute l'année, mais avec une route assez facile et habitée, si bien que chaque jour on trouve des endroits habités où on peut avoir tout le nécessaire, et qu'on peut aller à âne ouàcheval, etc., la route est sûre, et à peu de frais on peut faire commodément le voyage.
1. Ainsi, au moment du passage du P. Tranquille, la fronlière du Népal dépassait iVe^^î, indiquée par Georgi comme la limite du royaume, et atteignait Kuti.
Il faut seulement prendre bien garde aux eaux qui causent ordinairement Thydropisie ; c'est pourquoi il faut les bouillir ou les mêler avec quelque liqueur * . »
Outre l'ancienne route de Tlnde au Tibet par le Sikkim, que Georgi mentionne, les missionnaires avaient eu connaissance d'une autre route parle pays des Kirâtas. « Plusieurs des anciens missionnaires y avaient passé plusieurs fois' », au témoignage du P. Marc; u mais ils ont laissé par écrit que c'est une route très difficile, inconnue et périlleuse, et c'est pourquoi depuis bien des années on ne la tente plus. » Il s'agit probablement de la passe de Hatia, par où l'Aran entre dans le Népal, ou de la passe plus orientale de Wallanchun, appelée aussi Tipta-la. Mais les Capucins semblent avoir entièrement ignoré la passe de Kirong (tibétain Kyi-roh « gorge du chien ») qui n'a, du reste, jamais été franchie par aucun explorateur, soit européen, soit indien. Elle est cependant réputée pour la route la plus facile entre Katmandou et Lhasa ; elle ne s'élève qu'à 3 000 mètres et môme elle est praticable aux chevaux. L'ambassade népalaise qui va porter tous les cinq ans le tribut à la cour de Pékin passe au départ par Kuti et revient par Kirong afin de ramener à Katmandou les poneys offerts en cadeau par Tempereur de Chine. C'est aussi parla passe de Kirong que les troupes chinoises, déjà maîtresses de Kuti, pénétrèrent au Népal en 1792. La méfiance réciproque des Népalais et des Tibétains s'est trouvée d'accord pour fermer cette passe, en raison de sa commodité même, afin de parer des deux côtés à des tentatives trop faciles.
La mort de Prilhi Narayan, en 1775, huit ans après l'expulsion des Capucins, ne changea rien à la politique d'isolement rigoureux adoptée par les Gourklias. De Bettia,