‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 46 sur 85 · Mânava-dhçrma-çâstraj X · texte numérisé non relu

Mânava-dhçrma-çâstraj X

hindoues. Il ^Vlabora ainsi au Ni^pal une double société: l'iino î»ou« le contrôle des brahmanes, répartie tout entière f*n ra^(e<^ p^ffulièrp^*. l'nrartt'Tis^éer* par le* lois intransi- «/pîfinte-* de Ih fable ♦>[ du \\\\ pas de maria^re léîritime en dfrhor-i de la i^'iste; inlerdirJiun. sous peine de déchéance fl d>xclusion irrém*^diable. de manj^er en commun avec daulren chApi^, L aulre. hérétique, hostile en principe au '^y^tem^ des rasle^^. mais déjà enfamée par la conta^on: i\ sa tAfe. une ari-atocratie religieuse et une aristocratie mililairf^ orjranisées à limage des brahm<ines et des ksa- Iriyas hindous. La puissance de l'exemple donné par les classes supérifîures. la mode, l'esprit dlmitation assurai^>nt dès lors le triomphe de l'organisation brahmanique; de prochfî f;n proche, chaque classe de la société bouddhique s'fîuffîrma dans des barrières infranchissables.

La conquête du Népal par Harisimha deva en 1324 précipiU IV'Iaboralion du système des castes. Elle amena pour la prfîmièrf; friis h demeure dans la vallée un roi hindou, de sang et d'origine irréprochablement authentiques, et consciencieux observateur des lois de pureté brahmanique. Il passe pour avoir amené à sa suite sept castes: Brahmanes, Hhadelas (Handyas ?), Àrâryas, Jaisis, Vaidyas, Hajukas et Khadgis. L'énumération est expressive; Harisir|iha, expulsé par les Musulmans des régions du Téraï où il régnait, avait eu soin d'amener, dans Tasile suspect qui lui restait seul ouvert, les auxiliaires indispensables de la vie sainte: les maîtres de la science sacrée, les prêtres des divinités locales pour le service de Tâme, et pour le service du corps les médecins, les blanchisseurs et les bouchers ; les uns n'étaient pas moins nécessaires que les autres. Confier ses membres, son linge, sa viande à des serviteurs que la loi n'autorise pas à ces divers emplois, n'expose pas à de moindres risques que la négligence des devoirs les plus solennels. Harisimha deva ne voulait ni

perdre son âme, ni perdre son rang. Ses blanchisseurs et ses bouchers hindous, introduits dans la société népalaise, y portèrent la même morgue intransigeante que les brahmanes et les ksatriyas ; relégués par la loi brahmanique à un rang infâme, ils savouraient cependant Thonneur d'y être classés; et leur exemple influa sur les couches inférieures de la population au profil de la formation des castes, comme celui des brahmanes agissait au sommet de Téchelle sociale.

La conquête de Harisimha hâta encore par ses résultats politiques Téclosion du nouveau régime. Survenue à la suite d'une longue crise d'anarchie féodale, elle courba sous un joug commun les partis et les clans rivaux, et rétablit Tordre; bientôt après, la restauration des Mallas rendit au pays une monarchie nationale, apte à comprendre et à satisfaire les intérêts locaux. Le règne de Jaya Sthiti Malla tombe dans cette période de recueillement fécond qui suit les convulsions violentes et qui en dégage les résultats durables. Justement Harisimha deva et sa dynastie avaient introduit au Népal les préoccupations sociales qui agitaient Tlnde à cette époque. Le triomphe écrasant de rislam, la ruine des derniers empires brahmaniques menaçaient d'un écroulement brusque les institutions que le génie sacerdotal avait patiemment édifiées. Pour parer à une catastrophe aussi formidable, les rares princes qui gardaient avec Tindépendance le culte du passé attirèrent à leur cour des jurisconsultes éminents et les chargèrent de rédiger des « Sommes » destinées à compléter la loi écrite, depuis longtemps immuable, à l'aide de la loi orale, constamment rajeunie pour s'accommoder au présent. La famille de Harisimha deva se distingua par son zèle. Le ministre de Harisimha, le Thakkura Candeçvara, composa ou fit composer sous son nom deux encyclopédies de jurisprudence religieuse : le Smrti-Ratnâkara et le Krtya-

Cintâmani ; parmi les princes de la branche qui régna sur le Tirhout, à la frontière méridionale du Népal, Narasimha deva patronna Vidyâpati, auteur de la Dâna-Vâkyâvalî; Madanasimha deva fît écrire le Madana-Ratna-Pradîpa ; (>andrasimha deva protégea Miçara Miçra, auteur du Vivâda- Candra, etHari Nârâyana favorisa Vâcaspati Miçra, auteur du Vivâda-Cintâmani\ Jaya Sthiti Malla se piqua d'accomplir la même œuvre au Népal. Il appela à son aide cinq pandits de l'Inde: Kîrli Nàtha Upâdhyâya Kânyakubja, Raghunâtha Jhâ Maithilî, Çrî Nâtha Bhatta, Mahî Nâlha Bhatta et Ràma Nâlha Jhâ, qui compilèrent les Castras et en tirèrent une série de lois sur les castes, les funérailles, les maisons, les champs. « 11 y en avait déjà bien eu de pareilles dans le temps passé, ajoute le chroniqueur, mais elles s'étaient perdues faute d'emploi. »

La besogne était délicate ; il s'agissait d'adapter les institutions sociales du brahmanisme à une population parlagée en deux communautés autonomes, et où dominait le bouddhisme. Il était donc essentiel de ménageries sentiments et les traditions de la majorité, si on voulait faire une œuvre durable. La question des bandyas se posa dès l'abord ; la solution adoptée devait exercer son influence sur tous les autres problèmes. Les pandits s'en tirèrent galamment. Ils admirent sur la foi des traditions que les bandyas étaient les descendants authentiques des brahmanes et des ksatriyas convertis par le Bouddha Krakucchanda pendant l'âge Tretâ ; le malheur des temps et Tintervention de Çankara âcârya les avait obligés à déserter la vie monacale, à vivre en famille et à exercer des pro-

1. Sur ces divers personnages, v Jolly, Recht und Sitte (Grundriss d. I. A. Phil.), p. 36 sqq; et Grierson, Vidyâpati and his cotc7nporaries, ind. Ântiq., XiV, 182-196; Alkrecht, Cat. Mss. Oœon.y p. 296, n® 718; fiHANDARKAR, Rep., 1883/4, p. 52 et 352; Eggeling, Cat, Ind, Off., part, m, n''« 1387, 1390, 1398, 1621.

fessions ; mais les « quatre castes » ne les en honoraient pas moins. On décida de les classer, d'après leur généalogie,

comme brahmanes ou comme Itsatriyas, mais sans établir de subdivisions. « Les Bandyas sont pareils aux Samnyâsis qui sont tous d'une seule classe, sansaucune distinction de caste. "L'égalité des deux cultes se trouvait aiosi reconnue

en principe ; mais elle se réalisait au profit du brahmanisme, qui fournissait le point de départ du classement. La population fut répartie au total en 64 castes :

1) Brahmane, ou Dvija, ou Vipra : caste sacerdotale.

Ils appartenaient aux deux grandes familles brahmaniques : Panca-Gauda, brahmanes de THindoustan, montés des plaines voisines au Népal ; Paîica Dravida, brahmanes du Dekkhan, amenés et installés par Çankara âcârya, d'après la tradition, mais renouvelés ou multipliés en fait par les fréquentes relations politiques ou religieuses du Népal avec le Sud de l'Inde.

2) Bhûpay Râja, Narendra, ou Ksatriya: caste militaire.

3) Lekhaka : écrivain.

4) Kâyastha : scribe.

L'exaltation des castes de l'écriture était un signe des temps ; elle consacrait le triomphe de l'administration régulière, ou, comme nous dirions, des bureaux. Leur puissance était récente, mais elle n'a fait que grandir depuis, et les Kâyasthas du Bengale disputent aujourd'hui le premier rang aux brahmanes.

5) Mantrin : conseiller.

6) Sauva : camarade.

7) Amâtya : ministre.

Ces trois castes comprenaient le haut personnel de la cour.

8) Pûjita \ Ces trois castes comprenaient proba-

9) D^yflcm/a [blement les prêtres de rang divers qui 10) Âcârya ) s'employaient au culte des dieux locaux

ou à des fonctions tenues pour compromettantes. Le Pûjita est sans doute le pûjârî qui officie dans les temples de Ci va et desÇaktis; l'Acàryaestle brahmane des Névarshindouisés, auxquels il sert d'instituteur spirituel et de prêtre à certaines cérémonies. Le Devacinta est une variété du même genre.

\l) Grahacintaka: astronome. \ Quatre castes de pro-

12) Jyotisa : astronome . rfession analogue, mais

1 3) Ganika : calculateur. ( classées à des rangs dif-

14) Daivajfia: devin. /férents de Téchelle sociale, d'après la nature de leur spécialité et de leur clientèle.

L'abondance des classes d'astrologues répond au goût passionné des Népalais pour l'astrologie ; les Chinois onl constaté ce goût aussi bien que les Européens. Névar ou Gourkha, le Népalais consultera l'astrologue en toute circonstance, qu'il s'agisse de prendre médecine, de prendre femme ou de livrer bataille ; l'horoscope règle tous les détails de la vie.

1 5) Âlama : ?

16) Snchânte\1

1 7) Sajakâra : ?

1 8) Sûpika : ?

19) Cfchaka:?

20) Marîkâra : ?

21) ÇUpikâra: artisan.

22) Bhârika: porteur?

23) Nâpika: barbier. Un des personnages considérables de la société hindoue, qui a constamment recours à ses soins; il est le digne pendant du Figaro occidental, avec la même variété d'emplois accessoires : chirurgien, entremetteur, etc.

24) Lepika : stuqueur, plâtrier.

23) Dârukâra : ouvrier en bois.

26) Taksaka : charpentier.

27) Srmkharî:?

28) Ksetrakâra : arpenteur. La réforme des poids et mesures opérée par Jaya Sthiti Malla rendait sa tâche, déjà fort compliquée, plus difficile encore. L'évaluation d'uue surface ou d'un poids n'était pas une médiocre affaire,

car l'unité de mesure variait avec la qualité de l'objet à mesurer. (V. inf. p. 299).

29) Kumbhakâra: potier. Encore un des éléments les plus indispensables d'une communauté hindoue, les lois de pureté religieuse exigeant une consommation formidable de pots de terre. L'accumulation des débris de poterie et la masse des pots d'argile qui cuisent au soleil signalent l'entrée d'un village hindou.

Tulâdhara : peseur. (Cf.

sup. 28.

Karnika: tisserand?

Kâmsyakâra\ fondeur d'alliages

de métaux com-

muns

et fabricant de cloches.

Suvarnakâra : orfèvre.

Tâmrnkâra: bronzier.

Gopâla : berger.

Bhâyalacafïcu :?

Kamjiknra : ?

Tayoruia : ?

Tahkâdhâri : ?

Vimâri : ?

Sûrpakâra : ?

Natebanida : ?

Bâthahom : ?

Gâyana : chanteur.

Citrakâra : peintre.

Surâbija : ?

Natijîva: acteur qui prostitue sa

femme.

» Mândhura : ?

Vyanjanakâra: faiseur de brouet

, cuisinier ?

Mali : jardinier.

Mâmsavikrl : boucher.

Kirâta: chasseur?

► Dadi : ?

1 Dhanyamâri : ?

55) Tandukâra: tisserand?

56) Nadîchedï: coupeur de cordon ombilical?

57) Kundakâra: tourneur d'ivoire.

58) Lohakâra: forgeron, ferronier.

59) Kmtrïkâra : ?

60) Bhobï : blanchisseur.

61) Rajaka\ teinlurier-neltoyeur.

62) Nïxjog'i : ?

63) Mâtahnï ] .

; V , , corroveurs et peaussiers.

64) Carmakara )

Il fallut en outre pourvoir à la situation légale d'un groupe déjà considérable, et qui réclamait un traitement spécial. Les brahmanes montés des plaines s'étaient souventlaissé séduire, sans essayer de résistance, aux charmes peu farouches des montagnardes ; mais les populations qui les avaient accueillis et qui vénéraient leur prestige n'étaient pas disposées à accepter pour les enfants issus de ces unions irrégulières la condition dégradée que leur imposait l'orlhodoxie des codes. Le brahmane, toujours accommodant avec le ciel, imagina des transactions diverses : dans le pays des Gourkhas, il ressuscita, comme nous verrons, la caste disparue des Khas à l'usage de sa progéniture illégitime. Au Népal, chez les Névars, il inventa le groupe des Jaisis, classe indéterminée qui prétendit s'élever même au rang des Bandyas. Au moment où les Bandyas étaient assimilés aux brahmanes, il fallut écarter les prétentions des Jaisis. On les répartit donc, d'après la condition sociale de leur mère, en quatre catégories: Acârya, Daivajna, Vaidya, Çrestha. Les Jaisis Âcâryas, nés d'une mère de la classe Àcârya,N devaient remplir les fonctions de l'Àcârya pour le groupe des Jaisis; les Jaisis Daivajnas devaient être leurs astrologues. Les Çresthas représentaient les ksatriyas dans cette communauté particulière. Les Jaisis Acâryas furent encore subdivisés en trois classes,

les Jaisis Daivajfias en quatre, les Çresthas en un grand nombre ; le cordon brahmanique, la marque d'honneur enviée, fut concédée à tous les Jaisis Àcâryas et Daivajfias, et aux dix premières classes des Çresthas. La variété d'occupation des Çresthas expliquait cette inégalité de traitement : les uns étaient soldats, d'autres marchands, d'autres encore, porteurs ou cultivateurs. Les règlements des Pandits réservèrent en outre aux Jaisis l'exercice de la médecine, et groupèrent en une caste avec quatre subdivisions ceux d'entre eux qui s\ livraient.

Les paysans, Jyapûs ou Jaffus, qui forment la moitié de la population indigène, furent rangés parmi les Çûdras et formèrent 32 divisions ; les Kumhâl(Kumbhakâra), potiers, formèrent quatre autres divisions de la même classe. La caste ou plutôt l'extra-caste des Po^hyas, qui réunissait les professions les plus viles : exécuteurs, tueurs de chiens, ramasseurs d'ordure, etc. fut répartie en quatre divisions.

L'eau, dans la société hindoue, marque la frontière de la pureté ; une caste est honorable si les castes supérieures peuvent, sans déchoir, accepter de ses mains l'eau à boire. Les Po^hyas, les Carmakâras et les trois castes qui les précèdent furent exclues de l'eau ; cependant au début du xvn® siècle, le roi Laksmî Narasimha Malla de Katmandou, en paiement de services personnels et intimes qui lui avaient été rendus par un blanchisseur de la caste Hajaka et par ses filles, s'engagea à « faire passer l'eau de la main des Hajakas », c'est-à-dire k les introduire de sa propre autorité dans le groupe des castes pures.

Le système des castes exige, comme condition préalable, la fidélité scrupuleuse des femmes; l'adultère, entre individus dont la loi n'autorise pas l'union, est une souillure qui risque par contagion de s'étendre aux plus innocents. Les Gourkhas, scrupuleux orthodoxes, ont édicté contre une pareille faute des peines terribles. Les Névars

avaient hérilé de leurs ancêtres mongoliques une indifférence de philosophes à la vertu des femmes. Les conseillers de Jaya Sthili Malla se contentèrent de décider que si une femme avait des relations avec un homme de caste inférieure, elle serait dégradée et prendrait rang dans la caste de son séducteur.

Le célèbre « Chapitre des chapeaux » a sa place marquée dans les codes de Tlnde; toutes les manifestations extérieures, tous les insignes de la caste ont le précieux avantage de prévenir des confusions cuisantes. LesPodhyas, les parias du Népal, n'eurent pas le droit de porter la calotte nationale; la veste, les souliers, les ornements d'or leur furent aussi interdits. Les Kasâis (bouchers) furent obligés à porter des vêtements sans manches. Les toitures de tuiles furent prohibées sur les maisons des Podhyas, des Kullus (corroyeurs) et des Kasâis.

Les « quatre castes » y compris les Çûdras furent tenues d'observer les règles du Vâstu-prakarana et de TAsta-varga sur la construction des maisons. Les Brahmanes et lesKsatriyas devaient employer des brahmanes aux cérémonies de fondation ; les Vaiçyas et les Çûdras ne pouvaient y employer que des Daivajnas.

Les rites funéraires furent traités avec autant de détails : ainsi la mélodie du Dîpaka-râga fut réservée à la cérémonie de crémation des rois ; certaines castes eurent le privilège de remploi des Kâhalas (longues trompettes) pendant la crémation de leurs morts.

La savante construction des Pandits de Jaya Sthiti Malla n'a pas résisté aux siècles ; le temps sans en modifier le fond en a altéré la façade. C'est que la caste, aussi bien dans l'Inde qu'au Népal, est en dépit de ses airs immuables soumise à la loi commune des organismes vivants : elle se développe, elle se multiphe, elle meurt. Un travail continu de reproduction par scission, sous l'influence du temps,

des lieux, des hommes, des événements, tire sans cesse de chaque caste actuelle des castes secondaires qui prolongent leur caste d'origine, Tenveloppent et finissent par Tétouffer. Les Névars d'aujourd'hui, isolés de la société Gourkha, sont divisés en deux grandes communautés, correspondant aux deux confessions rivales: les Buddhamârgis ou Bouddhistes, les Çiva-mârgis ou ÇivaitesV

Les Çiva-mârgis, appartenant à une des religions de Thindouisme, entrent naturellement dans le cadre général de classification brahmanique ; les quatre castes régulières : Brahmanes, Ksatriyas, Vaiçyas et Çûdras, y sont représentés chacun par plusieurs groupes, enfermés dans une bar-

1. J'emprunte les deux tableaux qui suivent à Oldfield, 1, 177 sqq. en les complétant par Hamilton, 29 sqq. Leurs indications sont plus d'une fois en désaccord, en particulier pour les castes Buddha-m&rgis ou bien mixtes : Ainsi Hamilton range les Jopu (=^ JalTus) avant les Uda, tandis qu'Oldfield renverse cet ordre; à leur suite il place les Bhat, les bardes et panégyristes de l'Inde qu'Oldfield ne mentionne pas ; puis les Got (jardiniers = Garhtho), les Km^mi (charpentiers = Siharmi), les Nau (barbiers = iVâpi^a) qui sont loin de se suivre dans Oldfield (n° 33) 13) et 27). Viennent ensuite les iSon^ra/ (blanchisseurs = Sanghar), en deçà de la limite de l'eau, tandis que Oldfield les classe au dernier rang des castes impures; puis les /apw (? potiers), les Hial ou Sial (vachers, sans doute les Nanda-gaowah, 43)), les Dhui ou Putaul (= Duân ou Putvâr, 39)). Au delà commencent les castes impures, avec les Salim (huiliers = Sarmi^ 28)), placé en deçà par Oldfield, peut-être parce que leur situation sociale s'est modifiée dans l'intervalle ; puis les Kasulia (musiciens = /o^/ii ou Dhunt), les C hipi (ieïniurïers = Chippah, 25) et les Koïc, (forgerons = Kaua, 26), placés cote à côte à un rang bien plus élevé dans Oldfield, les Goloo (ouvriers de cuivre = Thamhat 14)), puis deux tribus militaires : les Kosai*, qui étaient jadis des brigands à ce qu'on dit, et les Tepai^ qui peuvent épouser ou prendre pour concubines les femmes hindoues qui ont perdu leur caste en mangeant des choses impures; et en dernier lieu les Puria et les Chamkal Q=Puriya [Po4hiya] et Chamakallak d'Oldfield, au môme rang) et les Bakiy ramasseurs d'ordures.

Je n'ai pas eu le temps de procéder pendant mon séjour à une recherche personnelle sur les castes ; dans les cas douteux, j'ai suivi de préférence Oldfield, plus récent et plus complet ; mais je l'ai naturellement corrigé ou complété chaque fois que mes données me l'ont permis.

rière commune, et de plus séparés entre eux par les lois fondamentales de la table et du lit.

A. Les castes brahmaniques sont :

1) Upâdhyâya, la plus haute classe de brahmanes. Us ont droit d'entrer dans les temples de Talejû, la déesse tutélaire du Népal, divinité mystérieuse introduite par Harisimha deva. Us remplissent les fonctions de maîtres spirituels (gurus) et de chapelains (purohitas) à l'usage des Brahmanes et des Rajpoutes (ou Ksatriyas).

2) Lawar-jUy de rang inférieur, servent de gurus et de purohitas aux classes inférieures.

3) Bha-ju; on leur demande, en cas de maladie, des conseils religieux ; mais ils ne donnent jamais un avis médical.

B. Les castes ksatriyas :

4) Thâkur ou MallUy descendants des anciennes familles royales ; ils sont admis à ce titre dans l'armée Gourkha, et n'entrent jamais dans le commerce ni dans le service privé.

5) NikhUy peintres d'articles religieux exclusivement ; ils ont un rôle assez important dans la procession de Matsyendra Nâtha, l'antique divinité patronale du Népal.

n\ Qh ' V ^^^ Çresthasde l'organisation antérieure.

Les deux groupes ne forment qu'une seule caste, hée par la commensaHté et la connubialité ; ils fournissent à l'armée anglo-indienne des recrues excellentes; plusieurs y ont gagné la médaille militaire.

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