‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 60 sur 85 · V. sup., p · texte numérisé non relu

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2. Hue, II, 262 sqq. « Parmi les étrangers qui constituent la population fîxe de Lha-Ssa, les Pé-boun sont les plus nombreux. Ce sont des Indiens venus du côté du Boutan par delà les monts Himalaya. Ils sont petits, vigoureux, et d'une allure pleine de vivacité ; ils ont la figure plus arrondie que les Thibélains; leur teint est fortement basané, leurs yeux sont petits, noirs et malins ; ils portent au front une tache de rouge ponceau qu'ils renouvellent tous les matins. Ils sont toujoure vêtus d'une robe ^npoiilou violet et coiffés d'un petit bonnet en feutre, de la même couleur, mais un peu plus foncée. Quand ils sortent, ils ajoutent à leur costume une longue écharpe rouge qui fait deux fois le tour du cou, comme un grand collier, et dont les deux extrémités sont rejetées par-dessus les épaules.

Les Pé-boun sont les seuls ouvriers métallurgistes de Lha-Ssa. C'est dans leur quartier qu'il faut aller chercher les forgerons, les chaudronniers, les plombiers, les étameurs, les fondeurs, les orfèvres, les bijoutiers, les mécaniciens, même les physiciens et les chimistes. Leurs ateliers et leurs laboratoires sont un peu souterrains. On y entre par une ouverture basse et étroite, et avant d'y arriver il faut descendre trois ou quatre marches. Sur toutes les portes de leurs maisons, on voit une peinture représentant un globe rouge, et au-dessous un croissant blanc. Évidemment cela signifie le soleil et la lune. Mais à quoi cela fait-il encore allusion? C'est ce dont nous avons oublié de nous informer.

On rencontre, parmi les Pé-boun, des artistes très distingués en fait de métallurgie. Ils fabriquent des vases en or et en argent pour l'usage des lamaseries, et des bijoux de tout genre qui certainement ne feraient pas déshonneur à des artistes européens. Ce sont eux qui font aux temples bouddhiques ces belles toitures en lames dorées qui résistent à toutes les intempéries des saisons, et conservent toujours une fraîcheur et un éclat merveilleux. Ils sont si habiles en ce genre d'ouvrages qu'on vient les chercher du fond de la Tartarie pour orner les grandes lamaseries. Les Pé-boun sont encore les teinturiers de Lha-Ssa. Leurs cou-

Népal. Târanâlha, dans sa classification des écoles hindoues, distingue une école népalaise de peinture et de fonderie. L'ancienne école se rattachait à Fart du Nord-Ouest de rinde ; Fécole suivante ressemblait plutôt à Técole de TEst. Les écoles postérieures n'ont pas de caractère spéciar. M. Foucher a confirmé par l'analyse délicate des miniatures de deux manuscrits népalais la justesse des appréciations de Târanâtha*.

Le papier qui porte le nom de népalais, et qui a pour principal marché Katmandou, n'est pas une production de la vallée même ; il se fabrique dans la région plus septentrionale du royaume, au milieu des forêts oti se rencontrent les arbustes (daphne) dont l'écorce sert à sa manufacture ^

Le commerce du Népal ne doit pas son importance au marché local, très restreint, mais à la situation géographique du pays qui se trouve sur la seule voie directe des échanges entre l'Inde d'une part, le Tibet et la Chine de

leurs sont vives et persistantes, leurs étofîes peuvent s'user, mais jamais se décolorer. Il ne leur est permis de teindre que \g^ pou Ion. Les étofFes qui viennent des pays étrangers doivent être employées telles qu'elles sont; le gouvernement s'oppose absolument à ce que les teinturiers exercent sur elles leur industrie. Il est probable que cette prohibition a pour but de favoriser le débit des élolTes fabriquées à LhaSsa.

Les Pë-boun ont le caractère extrêmement jovial et enfantin; aux moments de repos, on les voit toujours rire et folâtrer; pendant les heures de travail ils ne cessent jamais de chanter. Leur religion est le bouddhisme indien. Quoiqu'ils ne suivent pas la réforme de Tsong- Kaba, ils sont pleins de respect pour les cérémonies et les pratiques lamanesques. Ils ne manquent jamais, aux jours de grande solennité, d'aller se prosterner aux pieds du Bouddha-La et d'offrir leurs adorations au Talé-Lama. »

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