Rdjalarangini, 111, v
3. Epigr. Ind., vi, 294: a janmana eva Parupati-samârraya-parah.
4. A. Bergaigne, Inscriptions sanscrites du Campa et du Cambodge^ Paris, 1893, p. 242. inscrip. Gj, v. 6 et 7 :
çaivapâçupatâcâryau pQjyau viprâd anantaram | tayoç ca vaiyâkaranali pùjânïyo 'dhikam bhavet || çaivapâçupatajnânaçabdaçâstravidâm varah | âcâryo 'dhyâpakaç çresiham atra mânyo varâçrame ||
5. Cf. l'arUcle de M. Fleet, Inscriptions at Ablur, dans Epigr. Ind., V, 226 sqq. M. Fleet y fixe par des documents épigraphiques l'activité de Lakuliça Pandi ta entre 1019 et 1035 J.-C.
de rinde. Plus nombreux que jamais, les yogis prennent le chemin de T Himalaya, cher à Çiva. Derrière les yogis marchent les conquérants. C'est le moment où Nànya Deva du Karnâtaka part h la tête de ses soldats Nàyeras pour aller fonder une dynastie au Népal (1097). Les princes du Dekkhan, Someçvara III Bhûloka Malla, Bijjana*, Jaitugi, se ilatlent tour à tour au cours du xn"" siècle d'avoir réduit le Népal en vasselage, par Taction des confréries religieuses sans doute plus que par la violence des armes. Les traditions qui relient le Népal à Tlnde du Sud sont alors inventées ou remises en circulation ^ : on raconte qu*un des premiers rois du Népal mythique, Dharmadatta, venait de Conjeveram {Kdficî) et y avait régné d'abord; on insiste sur la communauté d'origine du linga adoré à Façupati, et du linga adoré à Gokarna, sur la côte septentrionale du Canara ; on découvre au Népal un épanchement lointain de la Godàvarî; il n'est pas jusqu'au bois consacré par la métamorphose de Paçupati qui ne rappelle une forêt illustre du Dekkhan, le Çlesmàtaka-vana, où Pulastya, le père du démon Ràvana, se mortiOait par de sévères pénitences. Les souvenirs el les personnages du Hàmàyana se localisent à l'envi au Népal ; le Népal finit même par fraterniser avec Lanka. Les Bouddhistes se piquent au jeu et introduisent dans l'histoire du Népal le marchand Simhala, éponyme de Ceylan, et célèbre parmi toutes les existences antérieures du Bouddha. Après la restauration des jMallas, Paçupati devient un véritable fief des religieux çivaïtes du Dekkhan.
1. Rijjana, qui d'après le témoignage de Tépigraphie a rendu le Népal a sans stabililé » (slhili-hinam Nepâlam) est mêlé à Thistoire de Kàmayya Ekàntada, fondateur de l'ordre des Vlra<;aivas ou LiàgayaU. /6.,239.
2. J'ai dôjà rapporté la légende (jui veut tirer les Névars (Nevâra) des Nairs (Nàycra) du Malabar; je rappelle aussi les analogies déjà signalées par Fergusson (East. Archilect., p. 305) <r entre rarchiteclure du Canara et le style qu'on trouve dans les vallées himalayennes ». Cf. aussi ib., 271 275.
Yaksa Malla « nomme des brahmanes Bhattas, originaires du Sud de Tlnde, comme prêtres de Paçupali-Nâtha » pour se conformer aux règlements élaborés jadis par Çankara âcàrya quand il était venu au Népal, au cours de sa tournée triomphante de controverses contre les hérésies : il avait alors chassé les bhiksus de Paçupali et avait institué à leur place des brahmanes du Dekkhan. Sous Ratna Malla, fils de Yaksa Malla, « un svàmin du nom de Somaçekhara Ànanda, originaire du Dekkhan, et versé dans le rituel tantrique du Khodhâ-nyàsa, vint au Népal et fut nommé prêtre de Paçupati. On lui donna le titre de guru. Cependant deux Névars, en quahté de Bhàndâris, devaient lui servir d'assistants dans les cérémonies; deux autres Névars furent chargés de gérer les biens et les trésors du temple ». Un siècle plus tard, vers 1600, un nouveau svàmin, également versé dans le Khodhà-nyàsa, vint encore du Sud de rinde ; il s'appelait Nitya Ànanda. Gaiïgâ Rànî le nomma prêtre de Paçupati. De même, au cours du xvir siècle, « le svâmi Jnâna Ananda, expert en Khodhà-nyâsa, vint du Sud de l'hide à Paçupali. Pralâpa Malla l'examina et le nomma prêtre du temple ».
L'histoire positive du Paçupati népalais en laisse entrevoir Torigine probable. Paçupati, tout comme Matsyendra Nâtha, est Tœuvre de ces yogis vagabonds, philosophes, charlatans, prestidigitateurs, illuminés, qui ont fait et maintenu à travers les temps, en dépit des accidents de surface, Tunité profonde de Tlnde. Attirés vers THimalaya que remphssait la présence de leur dieu, en route vers la cime inaccessible du Kailâsa ou vers le lac glacé de (iosain-than qui montre sans la laisser atteindre une image naturelle de Çiva, les yogis substituèrent leur dieu à une divinité indigène. Peut-être ce nom de Paçupati rappellet-il encore par transparence un génie protecteur des troupeaux, contemporain des tribus pastorales qui peuplèrent
jadis la vallée, comme elles peuplent encore les districts montagneux du voisinage. La mélamorphose du dieu en bête [mrga) traduit peut-être à la manière brahmanique rincorporation au çivaisme d'un culte local rendu à des animaux ; les éléments de ce culte ancien se seraient répartis par différenciation entre le dieu Çiva et le taureau Nandi qui lui sert de monture, de compagnon et de gardi.en vigilant. Peut-être ce nom commémore-t-il seulement, comme une empreinte résistante, l'œuvre propre des yogis Pûçupatas. Toujours est-il qu'il atteste et qu'il montre en œuvre les procédés d'expansion de l'Inde ancienne et la continuité des efforts des missionnaires brahmaniques.
Narayana. — Visnu, le concurrent et Tégal de Çiva dans la mythologie classique de l'Inde, n'a pas réussi à prendre une personnalité aussi vigoureuse et aussi saillante au Népal. Au lieu de se condenser dans une figure de choix, son culte et sa légende se sont éparpillés. Sous le vocable de Nàràyana, il est populaire dans toute la vallée, et parmi toutes les classes de la population. Mais quatre de ces Nàràyanas l'emportent en sainteté et en réputation sur tous les autres : Caiïgu-Nàràvana, Çesa-Nâràyana, Irangu-Nàràyana, et Cayaju-.Nàràyana. Cangu-Nâràyana est sans contestation le premier de tous. Le temple qui lui est consacré s'élève sur le Dolàgiri, à l'extrémité orientale de la vallée, entre Bhatgaon et Sankou. Visnu y est associé à la déesse Chinna-mastà « Tête-Coupée » Le Nepî\la-mî\h<\tmya raconte qu'en effet Visnu y eut la tête coupée par un brahmane irrité, en apphcation de la loi du talion : le dieu, dans un mouvement de colère, avait coupé la tête d'un démon (Daitya) de caste brahmanique, qui était disciple de Çukra; etÇukra, froissé, avait maudit le meurtrier, (laruda, qui sert de monture à Visnu et qui lui est toujours associé comme Nandi l'est à Çiva, a par un traité <»n bonne et due forme avec les serpents, ses enne-
mis séculaires, assuré à la colline le privilège de posséder des serpents sans venin. Les Bouddhistes du Népal ont adopté Cangu-Nârâyana comme ils ont adopté Paçupati ; Visnu ne sert qu'à y manifester la puissance d'Avalokileçvara. Un jour que Garuda luttait avec le Nàga Taksaka, comme il était sur le point de triompher, grâce à l'aide de Visnu, le Lokeçvara compatissant intervint, conclut un accord entre les adversaires, passa Taksaka au cou de Garuda; Visnu, porté sur sa monture, prit sur ses épaules, en signe d'humiliation, le Lokeçvara ; et soudain un griffon apparut, qui souleva les trois divinités superposées et s'en alla les déposer au sommet du Dolâgiri. Un groupe sculpté atteste encore aux fidèles la réalité de l'événement. Le pilier à inscription du roi Mâna deva, dressé devant le temple, atteste d'autre part aux esprits critiques l'antiquité du culte local.
Une inscription d'Amçuvarman, qui stipule une donation à Jala-çayana, garantit aussi le long passé de Visnu sous ce vocable. Pour la tradition indigène, l'origine du Jalaçayana remonte bien plus haut : c'est sous Dharma dalta de Kàncî, roi mythique de l'imaginaire Viçàla-nagara, qu'un yogi édifia le premier sanctuaire de Jala-çayana, au pied du mont Sivapuri. Le roi Vikramajit, autre héros de contes, fit un étang avec une image de pierre à quatre bras ; son successeur Vikramakesari vit l'étang se dessécher tout d'un coup; inquiet, il consulta les sages, apprit que le dieu réclamait un sacrifice humain, et se dévoua comme victime. L'histoire réelle semble commencer avec le roi Haridatta varma, de la dynastie Sûryavamçi, qui se distingua par son zèle pour Nàrâyana. Une nuit Jalaçayana lui apparut en rêve, et lui révéla la place où il gisait sous les décombres ; le roi ordonna de déblayer, et la statue reparut au jour. Par malheur un coup de pioche maladroit avait brisé le nez; on se garda de réparer l'acci-
dent, et le Jalaçayana d'à présent a toujours le nez cassé. Haridatla donna à Timage le nom de Nîlakantha, nom inattendu, puisqu'il s'applique exclusivement à Çiva ; mais le syncrétisme religieux du Népal apparaît encore à ce trait : avec ses quatre bras et les attributs ordinaires de Visnu, la statue étendue au milieu d'un étang n'en rappelle pas moins le Nîlakantha authentique qu'on adore au lac du Gosain-than. Jala-çayana n'est plus connu que comme « le Vieux Nîlakantha » (Budhâ-Nîlakantha)\ depuis qu'au x\if siècle le roi Pratàpa Malla a installé « le Nouveau Nîlakantha » (Bàla-Nîlakantha ou Bâlajî). Pratâpa Malla avait fait sculpter dans la cour de son palais de Katmandou, au milieu d'un bassin, une réduction du Nîlakantha*; puis il y avait amené, au prix d'un labeur obstiné, l'eau de l'étang sacré. Le Vieux Nîlakantha lui apparut alors en songe et Tavertit que si jamais un roi du Népal venait le visiter, ce roi mourrait fatalement d'une mort prompte. Depuis lors, c'est le Nouveau Nîlakantha, Bàlajî, qui reçoit aux jours prescrits la visite des rois.
C'est sous l'aspect de Krsna que Visnu est le plus intimement mêlé h Thisloire légendaire du Népal. Krsça, et surtout Pradyumna son fils, sont les héros d'un roman épique et galant, comme il sied au cycle krichnaite, et si
1. Bhagvanlal (p. 6, n. 18) écrit: Budda Nilkaçth et entend; « Çiva submergé » . Gomme le ruisseau qui sort de Tétang porte le nom de RudramaU, te pandit suppose que Timage primitivement adorée était un linga, et que c'est un roi vichnouite qui y substitua une statue de Vi§ou. Le nom du village voisin, Çivapuri, lui semble corroborer cette hypothèse.
2. a On voit à Cathmàndoù, sur un des côtés du jardin du prince, une grande fontaine où est placée une des idoles du pays appelée Nârâyan. Cette idole est de pierre bleue; elle a une couronne sur la tête et repose sur un oreiller de la même pierre : Tidole et Toreiller ont l'air de flotter sur l'eau. Cette composition est très grande; je la crois longue de dix-huit à vingt pieds, et d'une largeur proportionnée : du reste, elle est bien travaillée et en bon état. » Descripl, du Roy, de yépal, dans les Recherches asiatiques, H, 354.
populaire qu'il sert de noyau aux deux grandes compilations religieuses du brahmanisme népalais : il occupe huit chants (VI-XIII) dans le Paçupali-Purâna, et six chants (VII-XIIj dans le Nepàla-mâhâlmya. Sûrya kelu, roi de Çvelakà dans le Campakâranya (Champaran), et fervent adorateur de Visnu, est assiégé par Hamsadhvaja, roi de Milhilà (Tirhout); dans sa détresse, il invoque le ciel. Nârada, l'infatigable messager, accourt du paradis, et lui conseille de se retirer à la source de la très sainte Bagmati, sur le mont de la Cime-au-Lion (Mrgendra-çikhara), consacré jadis par la présence de Visnu, dans son avatar d'Homme-Lion (Narasimha); déjà Prahlàda, la pieuse progéniture du démon Hiranya kaçipu, a éprouvé la sainteté du lieu; les mortifications qu'il y a pratiquées ont arraché à Çiva un éclat de rire joyeux, qui a fait jaillir la Bagmati. Sûrya ketu obéit; il s'enfuit de sa capitale avec la belle Candrâvatî, sa fille.
Dans la vallée du Népal que domine la Cime-au-Lion régnait alors un démon puissant, maintes fois vainqueur des dieux, Mahendra damana ; sa capitale était Suprabhà,
au pied du Candragiri, là où s'élève aujourd'hui Thankot. La sœur de ce démon, Prabhàvatî, était une princesse d'incomparable beauté. Par une de ces sympathies mystérieuses où se plaît le roman hindou, elle s'était éprise sans l'avoir jamais vu de Pradyumna, le fils de Krsna. Pour distraire sa sœur, consumée d'un amour qu'il ignore, Mahendra damana arrête le cours de la Bagmati et transforme la vallée submergée en lac de plaisance. A son tour, instruit par un entremetteur complaisant des charmes de Candrâvatî, il tombe amoureux de la princesse et prétend obtenir sa main. Sûrya ketu, qui répugne à une pareille alliance, invoque encore une fois Nàrada. Nàrada le rassure, lui promet que Pradyumna seul sera son gendre ; puis il se rend auprès de Prabhàvatî et lui prédit aussi le
succès de sa passion. Une guerre éclate. Sous la conduite de Pradyumna, les dieux triomphent enfin. Krsna vient de Dvàrakà féliciter son fils. La Bagmati lui adresse une prière : « Tu peux h ta volonté, ô Hrsîkeça, ou réunir, ou séparer les terres. Ouvre-moi un chemin que je rejoigne la Gangà. » Krsna d'un coup de son disque disjoint les montagnes et la Bagmati s'écoule. Un démon, Kacchapa, prétend jeter le Dolàgiri dans l'espace; Krsna plante un linga, comme un clou, dans la montagne et l'affermit : telle est Torigine du Kîleçvara. Il dresse encore d'autres lingas commémoratifs (le Svarneçvara, le Gopàleçvara), adopte comme territoire sacré la portion méridionale du Mrgagrnga h Paçupati, pour être associé avec Ci va dans un culte commun. Nemi, comme le symbole même du Népal qui a pris son nom, s'écrie : « Qui voit Hari (Visnu) sous la forme de Hara (Çiva), et Ilara sous la forme de Hari, il est vichnouite et il est (;ivaïte. Quiconque distingue entre Hari et Hara est un misérable, un mécréant, un hérétique ; l'enfer est sa voie! » Et Paçupati en personne approuve ce langage. Le séduisant Pradyumna épouse ensuite les deux i)rincesses ; Krsna ramène Sûrya ketu h Çvetakâ, et Harnsadhvaja retourne h Mithilà.
Le cadre est sans doute banal; les Purànas et les Mâhàtmyas annexes regorgent de pareilles aventures. Ce n'en est pas moins une surprise que de rencontrer les mêmes personnages groupés dans un récit analogue, mais consacré à la glorification d'une région lointaine, dès une époque assez reculée. L'auteur d'une biographie de Vasubandhu ' traduite en chinois par un disciple immédiat de ce docteur entre 557 ol 569, rapporte les amours de Visnu avec Prabhûvatî, sœur de (Mahà) Indra damana, comme
1. Nanjio, n® li63; éd. japon. ^ XXIV, vol. 9; Wassiuef, trad. alL, p. 235 sqq. et Takakusu, The life of Vasubandhu, dans Toung-Pao, 190'», p. 269.
LES DIVINITÉS LOCALES 37 i
Torigine du nom de Purusapura, la moderne Pechaver, aux confins Nord-Ouest de Tlnde. L'antiquité du matériel pouranique se trouve ainsi brillamment démontrée, et subsidiairement aussi le sans-gêne des brahmanes à transporter les mômes légendes d'un pointa Tautre. Le nom sanscrit de Prabliîlvatî, donné à un petit ruisseau au Sud de Patan, le Nakku Kliola, a pu suggérer l'application locale d'un roman connu.
Visnu vient d'apparaître associé et même confondu avec Çiva; plus fréquemment encore, il entre en rapports également étroits avec le Bouddha. La légende de Cangu Nàràyana a déjà montré le dieu brahmanique aux prises avec une divinité du panthéon bouddhique, et qui sort humilié de Taventure ; mais l'aventure remonte trop haut pour imposer la conviction aux esprits indécis. Un épisode plus récent est venu prouver aux bouddhistes hésitants la supériorité de leur personnel divin. Vers le début du xiV siècle, un peu avant l'invasion de Harisimha deva (1324), un couple de braves gens qui vivait à Katmandou trouva un beau jour sa provision de combustibles transformée par miracle en lingots d'or. Ils voulurent témoigner leur gratitude aux dieux, auteurs de ce miracle ; mais là cessa leur accord. Le mari penchait pour le Bouddha, la femme pour Nârûyana. 11 fallait choisir. On décida de soumettre les deux divinités à une sorte d'ordalie: le mari planta une graine de bhîmpàtî; la femme, une graine de tulsî ; chaque dieu n'avait qu'à manifester sa puissance à J'aide de sa plante favorite. La bhîmpàtî, chère au Bouddha, germa la première. La preuve était irréfragable; la femme céda sans s'obstiner davantage, et une grande fête célébra le triomphe de Bouddha sur son rival.
L'épreuve était indispensable: fidèles à leur tactique, les brahmanes avaient dessiné à l'entour du Bouddha un
mouvement enveloppant; impuissants à renverser leur adversaire, ils s'étaient résignés à Taccepter afin de Tabsorber. Le système commode des avatars leur permettait de représenter le Bouddha comme une incarnation de Visnu. Le Nepâla-mâhâtmya (I) montre parmi la foule des dieux accourue pour saluer Paçupati « Janàrdana (Krsna) qui était arrivé du Sauràstra (Katliiawar) sous la forme du Bouddha (Buddha-rftpî)*. » L'adaptation brahmanique de rhistoire du Bouddha h Tusage du Népal était exposée dans un Purâna spécial qui n'a été retrouvé que pour être aussitôt perdu ; le manuscrit de « cet ouvrage rare et précieux » que Kirkpatrick avait pu se procurer au Népal ^ n'est entré dans la collection des manuscrits de Fort-William^ que pour y disparaître. Heureusement, à défaut du texte, nous en avons tout au moins une analyse partielle due au P. Marco délia Tomba*. D'après lui, « le Buddha-Purâna est le treizième des Purânas ; il traite de la neuvième incarnation de Visnu en Bouddha, divinité muette. Il rapporte comment un certain roi appelé Surghdan [Çuddhodana) avait une femme nommée Mahâdevî, ce qui veut dire la Grande Bhavànî, laquelle fut la femme de Mahâdeva dès le principe de la création. Or il vint à cette Mahâdevî sous le bras une chose, qu'elle ne savait pas elle-même ce que c'était. Un jour, en élevant le bras pour cueiUir un fruit à un arbre, il lui tomba de sous le