‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 80 sur 85 · Qli Scritti..,, p. 117 sqq · texte numérisé non relu

Qli Scritti..,, p. 117 sqq

bras un fils qu'on appela Bouddha, parce qu'il naquit mnet et qu'à partir de la naissance de cet enfant toutes les statues des idoles devinrent muettes. Cependant, dans l'Iiis-

Iniit ù BtialgnoD par BbûputliKlra Jtalla e

toiro, on le fiiil parler en d»'*pit de son nom. Ce Bouddha une fois né, son père (ptitiitif, je pense) devint fort riche, (juiuid l'enfant fut arrivé ù douze ans od lui chercha une

femme ; mais il s'obstinail à déclarer qu'il ne voulait pas d'autre femme que la fille d'un certain géant, nommée Parameçvarî. A la fin le père du Bouddha fut obligé de demander au géant sa fille en mariage pour son propre fils. Le géant la refusa ; le Bouddha voulut l'avoir de force. Il se livra une bataille et le Bouddha d'un seul coup de pied jeta l'éléphant du géant à 1 6 milles ; et il fit de même avec tous les autres géants. Le géant, voyant qu'il ne pouvait pas triompher par la force, proposa une bataille d'argumentations théologiques, pour laquelle il présenta ses docteurs ; mais ceux-ci furent vite vaincus par le Bouddha, et à la fin le Bouddha enleva la fille des mains du géant son père. Les deux (dieux?) jaloux essayèrent par tous les moyens d'enlever au Bouddha sa femme, mais ils ne le purent. Le Boudha s'en alla ensuite faire pénitence en diverses parties du monde ; dans un endroit il resta 37 037 600 années pénitent. Et pourtant ce Bouddha a existé après Krsna, depuis lequel on compte 4 830 ans! Habitude de Gentils de grossir le nombre des zéros à leur fantaisie ! La pénitence du Bouddha était si recueillie que toute chose en était comme dans l'extase : si bien qu'il ne tombait plus de pluie sur la terre. Les dieux voulurent à tout prix l'interrompre: le dieu Indra lança une pluie de feu, mais elle se convertit en fieurs ; il décocha fièches et foudres, mais sans réussir h l'atteindre, sauf à un doigt de pied; la gangrène se mit à la plaie, et la volaille venait becqueter la vermine. C'est pourquoi les Gentils ne mangent pas de poulet. Quelques jeunes personnes allèrent pour le séduire, mais en approchant elles se changèrent en vieilles betes. Les géants voulaient le transporter avec le terrain tout entier, mais ils échouèrent. Ils envoyèrent une grande armée ; mais arrivée là, elle tomba, qui d'un côté, qui (le l'autre. A la lin, les dieux, voyant que toute tentative était inutile, y allèrent tous ensemble: Brahma

pour rhonorer lui servait de balayeur, Visnu de sonneur de trompe, Mahâdeva de porteur d'ombrelle (et pourtant le Bouddha n'était autre que ce même Visnu incarné) ; les autres dieux, qui de chanteur et qui de danseur. Ainsi ils purent le distraire et remirent toutes choses en leur cours naturel. Les Bouddhistes, c'est-à-dire ceux qui suivent ce Bouddha avec une particulière dévotion, comme les Tibétains et les montagnards, vénèrent encore un certain Maccndrnak (iMatsyendra Nâlha)'... » Voilà ce qu'est devenue la biographie du sage de Kapilavastu, accommodée par les Brahmanes et résumée par un Père Capucin ! Un ramassis de contes banals et de merveilles puériles.

Ainsi Visnu, qui avait été déclaré identique à Çiva, est encore devenu idenli(|ue au Bouddha. Mais la fièvre d'idenlih's qui tourmente le génie hindou exigeait une troisième équation, entre Çiva et le Bouddha. Cette équation, le Nepàla-màhAlmya (1) la proclame par la bouche de Pârvatî. (( Satisfaite des autorités du Bouddha, la fille d'Himalaya lui dit: Tes prati(iues sont bonnes ; demande une faveur à ton choix. Le saint répondit: Que les gens de ce pays-ci se conforment à ma loi! La Bienheureuse qui chérit ses dévots (lit alors au Bouddha: « Ce territoire sacré d'ici, c'est Civa (|ui Ta créé; toi, tu y as pratiqué Tascélisme. Donc, sur ce sol incomparable, les dévots de Çiva seront les dévots du Bouddha. Point de doute ! » Celte fois, le c\c\o est achevé : Visnu, Çiva, le Bouddha se rapprochent, se |)éiiètrenl, se confondent sous le patronage auguste de lii (Irandc Déesse que tous les cultes honorent.

ih:vî. — La Déesse, IJevi^ doit sans doute à son sexe le |»rivili*ge d'une po^)ularité universelle dans l'Inde; vierge el mère, elle a la grâce et la dignité. Epouse de Çiva, elle ra('eoin|)ngiie fidèlement sans lui être enchaînée, et consent

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