V. sup., p
encore la nuit au chant, à la danse et à écouter la lecture des Purânas. Le matin il prend congé du Doleçvara, en lui annonçant son intention de poursuivre le pradaksina entrepris, et se remet en route. Il voit d'abord Sûrya-Vinâyaka, puis TAnanta-linga, se baigne dans Tétang voisin, présente dans l'eau une offrande aux Pères, distribue des cadeaux aux brahmanes (comme à toutes ses étapes, du reste) ; il visite Vajra-Vâràhî dans sa ville de Phirping, monte sur une montagne élevée pour adorer Ganeca qui réside dans une grotte accessible par une fente étroite ; qu'il se garde d'y entrer, et qu'il jette les yeux seulement sur le Bhàrabhûteçvara! De là il se rend au Manah-çiras tîrtha où il adore Hari-Hara, puis au Mâtr-tîrtha (Màtâtîrtha), où les offrandes funéraires sont si efficaces, et « où l'on voit encore aujourd'hui des poissons d'or ». Halte de nuit à Gopâleça (Çesa-Nàrâyana?). Le pèlerin passe encore cette nuit, la troisième du voyage, au chant et à la danse ; et le quatrième matin, rafraîchi par un bain, prenant congé de (îopàleça, il se rend h Pàndukeçvara, se baigne danslaPànclunadî, passe la montagne, va à Caturvaklreçvara, àlndreçvara, franchit encore une fois la montagne et rentre dans la vallée du Népal par le Nord-Ouest. Il se rend alors auprès du Nàràyana de l'Ouest (Icangu**) et y passe la quatrième nuit à écouter des légendes qui ont trait à Visnu. A Taube du cinquième et dernier jour, il se baigne, prend congé du dieu et se rend au séjour du Bouddha (Buddhasthàna, la colline de Svayambhû). C'est là qu'en arrivant de Chine (Mahà-Cîna) le dieu Bouddha s'arrêta volontairement ; c'est là qu'habitent des moines (bhiksus) qui ont abandonné fils et famille, par désir de voir le Bouddha, tout pénétrés de science et de béatitude. Il honore Bouddha d'un pradaksina spécial, descend se baigner dans la Visçumatl où il fait des offrandes aux Pères, et se rend à Luntikeça(Budhâ- Nîlakantha, Jalaçayana) où Hari-Visiiu est couché sur le
serpent Ananla. Il se dirige ensuite au Nord jusqu'au pied des montagnes de façon à rejoindre Torigine du circuit, redescend alors au Sud vers Jaya-Vcigîçvarî (à Deo Palan) et a tout en pensant à Visnu » il se présente devant Paçupati. Il répand sur le linga les cinq ambroisies : lait, petitlail, beurre, urine et bouse, il lui offre des parfums, de Tencens, nourrit des brahmanes, leur paie un digne salaire, et informe Paçupati que le pradaksina est achevé. Pour clore son vœu, il descend se baigner dans la Bagmati, y fait des offrandes funéraires, retourne saluer VatsalA, puis Vàsuki le Nàga à la porte du Sud, Vinâyaka à la porte de TEst, et rentre alors chez lui, libéré de tous ses péchés.
Je ne connais pas le Guide du pèlerin bouddhiste autour de la vallée ; mais il n'est pas douteux que ce chapitre du Nepàla-màhâtmya ait eu sa contre-partie bouddhique. Un grand nombre des sites énumérés sont également sacrés, à des titres divers, au regard des deux religions ; chacune des montagnes mêmes a pour la consacrer le souvenir d'un saint bouddhiste : Vipaçyin a demeuré sur le Nagarjun (Jàt Màtroccha), Çikhin sur le (^hampadevi (Dhyànoccha), Krakucchanda sur le Manichur (Çankhagiri), Manjuçrî sur le Svayambhû (Goçrnga), Çàkyamuni sur le Pucchàgra, en arrière de Svayambhû. Le territoire sacré empiète également sur les alentours de la vallée et embrasse la vallée de Banepa ; c'est en dehors du Népal même, a trois lieues Est de Bhatgaon que sont situés le village de Panàvatî et le mont Namobuddha, témoins de la charité sublime de Çàkyamuni ; c'est là que, pris de compassion pour une tigresse affamée qui allaitait ses petits, il lui offrit généreusement son corps à manger *.
Il serait puéril, autant qu'oiseux, de prétendre énumérer
1. C'est le sujet du Vyàghrl-jàtaka, si fameux dans la légende bouddhique.
les 2 500 OU 2 733 temples compris à l'intérieur du circuit sacré. Je me bornerai donc ù décrire les types généraux des monuments sacrés (|iion rencontre au Népal et à signaler, s'il y a lieu, les principaux représentants de chaque espèce.
Aultl de Krsna.
DRA NATHA