‹ Le neveu d'un lord (volume 2)Chapitre 1 sur 18 · IH .\ LORD · texte numérisé non relu

IH .\ LORD

rendu I escalier qui menait à la porte extérieure dune cour, par laquelle sir William devait sintroduire. Enveloppée d'une grande pelisse noire, appartenant à sa maîtresse , miss Nelly avait ouvert la porte , et fait monter sans flambeau le eolonel Humbers dans le boudoir qui suivait la chambre à coucher de lady Felton.

Dans la seconde lettre que sir William avait reçue le jour même, lady Felton, en avançant l'heure du rendez-vous , lui recommandait encore la prudence, et le suppliait de ne pas dire un mot, de garder uu silence absolu, tant qu'elle ne parlerait pas elle-même. Cette mesure de précaution lui semblait très-nécessaire , à cause du voisinage de miss Nelly qui couchait dans une chambre contiguë au boudoir : le sommeil de cette jeune fille était fort léger.

A peine sir William , tout frémissant d a-

roour, avait-il pénétré dans le boudoir, où les volets fermés ne laissaient venir aucun rayon de lumière , qu'il saisit avec une étrange émotion la main de sa conductrice , et pressa vivement contre ses lèvres cette main douce et tremblante.

Enfin ce bonheur suprême, indicible, auquel il n'avait jamais encore osé croire que dans ses rêves de flamme , ce bonheur enfin n'était plus un songe , un perfide et délicieux fantôme que ses bras convulsifs essayaient vainement d'étreindre , au milieu de ses nuits dévorantes ! Elle était là devant lui \ cette femme adorable et belle , cette vertu si noble et si fière , cette charmante créature , presque idéale , qu'il avait si longtemps aimée en silence, dans le fond de son âme, et qu'il n'abordait qu'en frissonnant d'amour et de crainte.

Et son cœur était si gonflé de joie et d'ivresse,

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le sang bouillonnait dans ses artères avec tant de violence, qu'il était comme fou, et craignait de mourir à chaque palpitation qui semblait vouloir rompre sa poitrine.

— Henriette! Henriette! murmurait-il

dune voix étouffée.

Mais la femme qu'il nommait ainsi demeurait immobile et muette, et cherchait à dégager sa main des mains brûlantes de sir William. Il entendait à son oreille une respiration brève et saccadée, il sentait frémir dans son étreinte amoureuse une petite main fine et déliée, qui devenait tour à tour moite et sèche , froide et ardente.

•—Henriette, au nom du Ciel ! un flambeau!.. . Que je te voie!...

Et sir William venait de tomber à genoux, en

pressant toujours avec délire les mains de celle qu'il appelait Henriette.

— Un flambeau!... Je tW conjure!... reprenait-il avec une intonation basse et tremblante.

— William!... répondit une voix émue, si faible, si indistincte qu'il eut peine à l'entendre; William ! vous êtes un bomme dbonneur !... rappelez-vous nos conventions!... plus un mot ! . . .

Sir William, qui serait mort plutôt cent fois que de manquer à sa parole, n'insista point davantage et garda le silence. Mais, à défaut du langage , les bonds précipités de son cœur , l'étreinte de ses mains convulsives, ses lèvres de feu , et ses longs soupirs qui soulevaient sa poitrine, tout cela valait bien les paroles, et peignait mieux l'orage intérieur qui bouleversait le fond de son ame. Ce langage même devint si ardem-

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