LES CELLULES DU GANGLION DE SCARPA
De plus, il y a chez les mammifères d'autres dispositions morphologiques qui viennent à rencontre de cette double loi de l'économie du temps et de 1 économie de la matière.' Nous savons, en effet, que le glomérule initial du prolongement unique des cellules des ganglions cérébro-spinaux est surtout développé chez les mammifères D'autre part, les recherches de DoGiEL et de Cajal ont établi qu'un grand nombre de fibres viennent se terminer dans les ganglions cérébro-spinaux autour du corps de la cellule nerveuse. Ces ramifications terminales doivent amener à ces cellules nerveuses des excitations centripètes, que ces cellules à leur tour doivent transmettre au prolongement unique et par là, sans aucun doute, au prolongement centripète. Si ces considérations sont justifiées, la formation du glomérule initial est un fait qui vient bouleverser complètement la loi de 1 économie du temps et la loi de l'économie de la matière, d'autant plus que ce glomérule initial n'existe pas chez les vertébrés inférieurs, de même que l'on ne l'observe pas pendant la période de transformation des cellules bipolaires en cellules unipolaires. Le glomérule initial est donc une disposition acquise, qui devrait obéir plus que toutes les autres à la double loi de l'économie de la matière et de l'économie du temps.
En réfléchissant à la raison d'être de cette curieuse transformation que les cellules des ganglions cérébro-spinaux subissent pendant le développement phylogénétique et ontogénétique, il y a un fait qui nous a vivement frappé. On sait que, chez les mammifères, la forme bipolaire persiste pour les cellules olfactives, les cellules optiques et les cellules des deux ganglions (de Scarpa et de Corti) que Ton rencontre sur les deux branches du nerf de la huitième paire ; tandis que la cellule bipolaire se transforme en cellule unipolaire dans tous les autres ganglions cérébro-spinaux. Si l'on se demande maintenant si, entre ces deux groupes de ganglions, il n'existe pas d'autre différence, on trouve que les corps des cellules olfactives, optiques, vestibulaires et acoustiques ne viennent pas en contact avec des ramifications cylindraxilcs, tandis que dans les autres ganglions cérébro-spinaux, Dogiel,Cajal et d'autres ont
Cajal : Leyes de la morfologiay dinamismo it les câUulas nerviosas. Revista trimestral micrografica, 1897.
A. VAN GEHUCHTEN.
décrit de nombreuses ramifications cylindraxiles venant envelopper le corps des cellules nerveuses. Ainsi donc d'une part les cellules restent bipolaires : ce sont celles qui ne doivent transmettre que les excitations recueillies par le prolongement périphérique ; d'autre part les cellules deviennent unipolaires : ce sont celles qui doivent transmettre non seulement les excitations recueillies par le prolongement périphérique, mais encore celles amenées au corps cellulaire lui-même par les ramifications qui se terminent dans les ganglions eux-mêmes. Dans ces conditions on peut se demander si la transformation de la cellule unipolaire en cellule bipolaire n'est pas due à cette dernière circonstance, celle de permettre un contact plus intime entre les ramifications cylindraxiles intraganglionnaires et le corps des cellules nerveuses, fig. 8. On peut se demander
FiG. 8.
Cellule bipolaire devenant unipolaire pour mieux se mettre en connexion avec d*autres neurones.
aussi si cette transformation ne se fait pas à l'époque précise à laquelle des ramifications cylindraxiles viennent se mettre en connexion avec les cellules des ganglions cérébro-spinaux.
Cette raison de la transformation de la cellule bipolaire en cellule unipolaire nous semblait préférable à celle invoquée