AFFECTIONS MÉDULLAIRES SPASMODIQUES
puisqu'on devait avoir accès sur le renflement lombaire. L'intervention, ainsi modifiée, exigerait, une fois les méninges ouvertes, moins de manœuvres délicates et exposerait moins à traumatiser la moelle ou les filets nerveux.
En présence de M. Van Gehuchten, je pratiquai donc l'opération le lo septembre 1910, selon la technique suivante :
La malade est placée dans le décubitus ventral, le dos arqué par un coussin de sable placé sous le ventre. Une aiguillerepère est enfoncée au niveau de la onzième vertèbre dorsale, qu on a recherchée en partant de l'apophyse épineuse de la septième cervicale et aussi de la quatrième lombaire sur la ligne bisiliaque. Une incision médiane de 12 centimètres est alors tracée, qui a comme centre les apophyses des douzième dorsale, première et deuxième lombaires. Les masses musculaires sont désinsérées à la rugine, et un tamponnement hémostatique est placé temporairement dans les gouttières vertébrales. Les apophyses épineuses des trois vertèbres susdites sont réséquées à la pince coupante, leurs arcs enlevés à la pince-gouge jusqu'aux apophyses articulaires. Tamponnement de la tranche osseuse qui saigne peu.
La dure-mère est alors ouverte dans toute l'étendue où elle est accessible ; chacune des deux lèvres est repérée par trois fils, qui permettent, en soulevant la dure-mère, de rechercher plus aisément les filets radiculaires.
Le cône terminal est reconnu à sa naissance ; les filets radiculaires postérieurs, tassés les uns sur les autres de chaque côté de la ligne médiane, sont alors relevés par groupe de trois ou quatre, sectionnés et réséqués sur une longueur de quelques centimètres. Entre deux groupes de filets réséqués, je laisse un groupe intact. Je sectionne ainsi de chaque côté trois groupes de filets radiculaires.
A aucun moment de l'opération, ni la moelle ni aucun des filets radiculaires respectés n'ont été contusionnés ou saisis par une pince. Deux fois une artériole, accompagnant des filets nerveux, a été sectionnée avec eux, déterminant une petite hémorragie qui s'est rapidement tarie. L'écoulement de liquide céphalo-rachidien a été peu considérable, sauf au moment d'une menace de vomissement.
Suture de la dure-mère par un surjet à la soie très fine ;