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AFFECTIONS MÉDULLAIRES SPASMODIQUES ^^QQ

été opérée, elle parvient, pour la première fois, à se tenir seule debout et à faire seule quelques pas.

Pendant les suites opératoires, jamais la moindre douleur n'est survenue dans les membres ; en outre, depuis l'intervention, les troubles sphinctériens ont disparu. La miction et la défécation sont devenues normales et volontaires, avec perception nette du besoin.

L'état, un mois après l'opération, est le suivant : Aucune perturbation de la sensibilité ; réflexes rotuliens, demi-tendineux et demi-membraneux normaux, Babinski léger, pas de clonus du pied. Toutes les contractures spasmodiques ont disparu. Avec un point d'appui, si minime soit-il, le doigt par exemple, l'enfant peut lever les genoux en marchant jusqu'à l'angle droit ; dans la position de repos et notamment lorsqu'elle se tient sur une seule jambe, elle étend le genou dans la rectitude complète- Elle marche seule, longtemps, les bras pendants ou les poings sur les hanches, en détachant tout à fait les pieds du sol ; mais elle se dandine encore, et les genoux sont d'habitude en flexion légère. Elle peut s'accroupir et se relever seule sans perdre l'équilibre ; elle arrive, sans aucun soutien, à se tenir quelques secondes sur une seule jambe.

Grâce à l'éducation et aux exercices journaliers, ces résultats se sont encore améliorés : l'enfant marche maintenant facilement en portant une lourde chaise.

Observation IL — Bertha N.., 3i ans, sclérose en plaques.

La malade a été atteinte, il y a quatre ans, de fracture compliquée des deux os de la jambe gauche au tiers moyen ; cette fracture s'est consolidée avec un peu de raccourcissement. C'est depuis cette époque que la malade se plaint de raideur et de douleurs dans les membres inférieurs.

C'est une femme obèse, au teint peu coloré, aux chairs molles et flasques ; elle a séjourné deux fois dans le service de médecine interne du docteur Maroy, à l'hôpital Sainte-Elisabeth, la seconde fois à partir du 3i mars igio. Les ssmiptômes observés sont les suivants (M. Maroy) : tremblement léger de la langue ; nystagmus ; les réactions pupillaires sont normales, mais il existe un début d'atrophie de la pupille gauche.

La malade présente un peu de tremblement des membres

ioO p. LERAt

supérieurs, ayant surtout les caractères de tremblement intentionnel des doigts, plus marqué à gauche qu'à droite. Elle ne peut ni coudre, ni crocheter, ni écrire à la plume ; l'écriture au crayon est légèrement tremblée.

Les membres inférieurs sont toujours raides et les mouvements spastiques ; la malade a des périodes de fortes contractures, durant de quelques jours à quelques semaines; en dehors de ces périodes, elle ne peut se mouvoir que très diffiment en s'aidant d'une chaise qu'elle pousse devant elle ; après chaque examen les spasmes augmentent, il n'y a pas de troubles de la sensibilité, mais la malade traverse des périodes pendant lesquelles surviennent des paroxysmes douloureux dans les membres inférieurs. Les réflexes rotuliens sont fortement exagérés des deux côtés ; on trouve la trépidation épileptoïde aux deux pieds.

La malade présente souvent de l'incontinence ou de la rétention d'urine pendant plusieurs jours. La constipation est habituelle ; la défécation n'est provoquée que par des lavements.

Le traitement a été symptomatique : aspirine et pyramidon contre les douleurs ; arséniate de soude, nitrate d'argent, frictions, massage, électrisation qui semble avoir eu temporairement au début un heureux eflfet.

L'opération de Foerster est proposée contre la spasticité des membres inférieurs. Je l'exécute le 22 septembre, modifiée selon M. Van Gehuchten et en suivant la technique décrite plus haut.

L'extrême adiposité de la malade et la profondeur de la plaie obligent à réséquer les lames de quatre vertèbres, deuxième et première lombaires, douzième et onzième dorsales. Bien que la laminectomie ait été particulièrement laborieuse, l'intervention se fait sans incidents.

Lors de ma première opération, il y avait un tait qui nous avait paru quelque peu déroutant, c'est que, après section d'un groupe de filets radiculaires, les deux bouts se perdaient entre les filets voisins, de telle sorte qu'il devenait difiicile, à un moment donné, déjuger du nombre exact de filets réséqués. Pour parer à cet inconvénient, nous avons pensé, M. Van Gehuchten et moi, chacun de son côté, d'introduire sous les filets radiculaires postérieurs un instrument quelconque qui

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permit d'étaler en quelque sorte les racines pour mieux juger du nombre des filets réséqués et du nombre de ceux laissés en place. J'avais même fait construire à cet effet un crochet mousse double que j'ai glissé de bas en haut sous les racines (fig. 2).

J*ai pu ainsi couper aux ciseaux, de chaque côté, entre les deux branches du crochet, une quinzaine de filets radiculaires. Ayant, à un moment donné, chargé ^par erreur des filets moteurs, j'en suis aussitôt averti par des mouvements dans la jambe correspondante. L'écoulement de liquide céphalo-rachidien a été modéré, l'hémorragie des masses musculaires et de tranche osseuse notable. Fermeture sans drainage. Durée : une heure trente-cinq minutes.

Suites. — Le soir, la malade doit être sondée. La rétention persistant les jours suivants est traitée par la sonde à demeure. La sensibilité des membres inférieurs est intacte.

Dès le lendemain dé l'intervention, l'opérée fait les mouvements qu'on lui commande. Les réflexes rotuliens sont à peine marqués : ni Babinski, ni clonus du pied.

Pendant les six premiers jours qui suivent l'opération (fig. 3), la température s'élève progressivement jusqu'à 3902 ; elle s'accompagne alors de céphalalgie et de vomissements; ces phénomènes cèdent à Tentéroclyse ; la température, qui est remontée à d^op au onzième jour, retombe aux environs de la normale et se maintient telle jusqu'au dix-huitième jour.

Les fils sont enlevés du huitième au treizième jour. Toute la ligne de suture est réunie per primam. Il n'y a eu aucun écoulement de liquide céphalo-rachidien,

La malade est gardée comme opératoirement guérie depuis quelques jours et autorisée à se lever, quand brusquement le

Fig. 2.

p. LERAT

II octobre, vingt jours après rintervention, survient une broncho-pneumonie qui s'étend d'emblée à la totalité des deux poumons et à laquelle la malade succombe dans le collapsus au bout de trente-six heures.

FiG. 3.

A l'autopsie, on trouve dans les parties molles un peu de sérosité purulente. La couche graisseuse péri méningée est tout entièrement régénérée, la suture de la dure-mère, qu'on ne peut distinguer qu'à un léger épaississement, parfaitement étanche, aseptique. Il n'y a nulle part de fistule.

La moelle épinière, au niveau du renflement lombaire, présente un peu d'hypervascularisation et est unie aux méninges par de légers tractus.

Il y a donc eu un certain degré d'infection dans les parties molles au-devant des méninges.

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