‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 28 sur 81 · LE PETIT BRAS D'OUROU A SEC · texte numérisé non relu

LE PETIT BRAS D'OUROU A SEC

Michel. De grands pieux inclinés que les riverains enfoncent entre les rochers tous les ans au mois de juin, lorsque le petit bras est à sec, servent à tendre des cordes et des filets d'une rive à l'autre. Il nous faut quatre heures pour franchir le rapide, les vagues sautent par-dessus le chaland que garantit son pontage; quelquefois la cordelle dérape et nous partons en dérive au risque de nous briser sur quelque tête de granit; mais les Bambaras se jettent à l'eau avec un entrain admirable pour nous remettre en route, et Tonié, qui tient la barre, nous dirige avec une adresse surprenante. Soudain, nous passons dans une dernière trombe entre deux roches, la vitesse de l'eau qui déferle nous étourdit et nous fascine. Enfin, nous voilà tirés d'affaire.

L'expérience que nous venons de faire avec notre chaland nous apprend qu'il faut alléger les autres embarcations de la moitié de leurs caisses, si nous voulons que tout puisse passera

1. CcUo premicTc tentative avait lieu presque aux plus basses eaux.

Ll- MGER.

Nous rentrons au village. Tonié reçoit l'ordre de faire avancer les chalands par groupes de trois. Les riverains nous aident à débarquer et à transborder neuf cents colis par voie de terrf

jusqu'à hauteur du sommet de l'obstacle.

C'est alors seulement que

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mes inquiétudes s'évanouirent, car, bien que je n'en aie rien laissé apercevoir, je craignais l'échec que l'on m'avait prédit avant mon départ. Je le redoutais d'autant plus que la nécessité de notre passage des rapides s'imposait impérieusement, vu la disette de vivres où se trouvait le colonel Péroz. Il comptait absolument sur nous pour le ravitailler.il fallait passera tout pri.\! Les impressions que l'on éprouve dans les rapides sont variées. Outre celle du « vertige de la vitesse », il y a l'appréhension constante de prendre un bain. Or le fleuve est infesté de caïmans et, chaque fois qu'un homme tombe à l'eau, on voit surgir un de ces horribles habitants du Niger, prêt à le saisir. Mais en admettant que l'on ne se noie pas ou qu'on échappe à la gueule d'un caïman, on doit être fort endommagé par les

Le brae de droite rejoint la, pointe Nord de l ils d.

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