CHAPITRE IV
Passage du rniùJe J"Ouroii. — Garba, roi de Oua-Oua. — Légende des rapides. — Le Rite indigène. — Patassi. — Garafiri. — Int-idents de route. — Peuplades riveraines. — Le roi de Boussa. — Fatigues et privations. — Séjour à Boussa.
LE 6 avril au soir, je fais appeler Tonié qui, depuis le départ de Suleyman, est devenu chef piroguier de la flottille. Nous allons voir le rapide d'Ourou : je considère longtemps l'obstacle qu'il dresse devant nous. Et certes, ce n'est pas un spectacle rassurant. Tonié ne s'étonne de rien et surtout ne parle pas à la légère : « Y en a beaucoup mauvais, dit-il, mais moi y a connaisse » ; puis il redevient silencieux. Il est convenu avec lui que notre chaland passera seul d'abord et que, de l'expérience, nous tirerons la meilleure manière de procéder à la montée du convoi jusqu'au sommet du rapide.
Le 7 avril, de bon matin, nous nous embarquons pour tenter le passage : notre chaland est amené au pied du petit bras à l'abri des remous et des contre-courants qui favorisent notre marche. Les rochers sont découverts, le lit du fleuve est hérissé d'aiguilles sur lesquelles l'eau bondit avec violence; de chaque côté du rapide, d'énormes lignes de granit longent les rives. En raison de la baisse des eaux, les indigènes peuvent s'y glisser et grimper sur ces appuis pour saisir les cordelles et tirer l'embarcation. L'obstacle paraît plus impressionnant encore, lorsqu'on plein fleuve, on le contemple debout sur le pont d'un bateau; on a devant soi une grande route mouvante, dont la pente est aussi prononcée que celle du boulevard S^'ut-
A DUS ruAycuissoy^ ouaou.