‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 50 sur 81 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le double V. — Les habitants du Niger. — Sortie du Kouarra et entrée dans rissa-Ber. — Le deuxième convoi passe les rapides de Boussa. — Le Nil français. — Apparences de pauvreté, produits et richesses. — Les Courtébés. — Rapides du Nord. — Les greniers de Sinder. — La butte de Kendadji. — Noël à Dounzou.

LE double V. — Lorsqu'au delà de Boumba le navigateur poursuit la montée du fleuve pour arriver à Say, il trouve une section d'environ 180 kilomètres de parcours, que nous appellerons le double V (W), en raison de sa forme sinueuse et tourmentée.

A quelques kilomètres de Boumba, en amont de Bikini, village pauvre et presque désert où végètent quelques misérables Djermas, les collines se rapprochent et longent les rives, presque partout à pic. Nous déjeunons au seuil d'une porte formée de deux grosses masses rocheuses, qui plongent dans le fleuve.

Toute cette partie du Niger offre une solitude sauvage et grandiose; de toutes parts, sur les rives, des lignes ininterrompues de granitoïdes et de grès roses, superposés en couches horizontales, surplombent le fleuve à 30 et 'iO mètres de hauteur. Les fissures verticales de ces murs sont tellement régulières qu'elles donnent de loin l'illusion d'un travail cyclopéen. Des arbres, des baobabs énormes, des herbes très vertes poussent et croissent dans les interstices; tout ce paysage s'illumine de tons multicolores sous le ciel bleu, au-dessus de l'eau verdâtre qui coule tranquille et silencieuse; pas un

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