‹ Le Niger, voie ouverte à notre empire africainChapitre 74 sur 81 · LE M(}ER · texte numérisé non relu

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douces et réconfortantes joies du retour; un de nous, hélas! ne les goûta que bien courtes. Le lieutenant Anthoine, qui m'accompagna pendant cent dix- neuf jours au deuxième convoi, ne put supporter nos excès de fatigue. Miné par la fièvre, terrassé par la dysenterie, il dut regagner la France, où la mort vint le frapper quelques jours après son débarquement.

C'est donc au prix de ce sacrifice douloureux, de périls et de dangers sans nombre, que la voie du Niger est ouverte à notre empire africain. La vallée du Nil français est pleine de promesses : elle attend pour révéler ses richesses cachées et offrir ses produits nombreux et variés, que nous venions les recueillir sur le parcours des voies de communication qui nous restent à organiser; que nos vapeurs marchent en pleine activité sur le fleuve; que s'élèvent les gares et les dépôts. L,a France ne connaît pas encore tout ce qu'elle peut demander à ces terres lointaines. Si le Soudan n'est pas un pays fertile en tous ses points, la vallée du Niger, ce que nous appellerons le Nil français (Issa- Ber et Djoliba), la plaine de Djenné, le Bélédougou, le Ouassoulou, le Mossi, le Macina, sont des régions riches et productives sur de vastes étendues. Nos colonies d'Afrique sont aujourd'hui des possessions que les guerres intestines laissent en repos depuis deux ans à peine. Les voilà pacifiées, se prêtant à la pénétration libre et laborieuse, à l'exploitation que vont favoriser les routes et les voies d'accès. La date de l'occupation est encore trop récente pour que nous osions dès maintenant entrevoir le Soudan de l'avenir, en commurication rapide et directe avec la Métropole, ne formant plus qu'un bloc avec nos territoires de l'Algérie et le protectorat Tunisien ; c'est à nos fils que revient la tâche honorable et laborieuse d'imposer à notre empire africain un caractère homogène, d'imprimer l'unité à cet ensemble de territoires, qui s'étendent depuis le Bénin jusqu'à la Méditerranée.

Notre domaine colonial en Afrique est immense, mais il est trop jeune, trop récemment conquis pour que nos contemporains aient pu se faire couramment à l'idée de lui prodiguer des

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