‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 14 sur 72 · YADARA, GAUTAMA, LE JEUNE BRAHME · texte numérisé non relu

YADARA, GAUTAMA, LE JEUNE BRAHME

(Yadara se tient d'abord à Técart.) LE JEUNE BRAHME

Tu poursuis trop un rêve impossible en ce monde. La souflfrance, il en faut! Seule, elle rend féconde L'âme et ce ne sont pas les plaisirs, mais les pleurs Qui nous ont affranchis des corps inférieurs, Et nous ont, par degré, menés de caste en caste, Toi jusqu'au trône et moi jusqu'au brahmisme chaste.

GAUTAMA

Et tu ne souffres plus?

LE JEUNE BRAHME

Je suis homme. Mon sort, Quoiqu'heureux, ne saurait m'affranchir de l'effort. Mais la route est moins âpre et le pas est plus ferme Quand le but s'ennoblit, quand on connaît le terme.

GAUTAMA

Mais quel est-il ce but.?

i6 LE NIRVANA.

LE JEUNE BRAHME

C'est le séjour des dieux!

Or, les dieux, comme nous, ont le front soucieux; Ils luttent, comme nous, pour garder leur puissance: Ce sont des hommes, moins la mort et la naissaace !

LE JEUNE BRAHME

Ils sont heureux!

GAUTAMA

Eh! c'est le pire des affronts Que de les croire heureux tandis que nous souffrons !

LE JEUNE BRAHME

Pourquoi toujours sonder l'insondable mystère ?

GAUTAMA, à lui-même.

Leur ciel n'est pas exempt des maux de notre terre!

LE JEUNE BRAHME

Sois bon! et mets ton sort dans les mains de Vishnou !

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