YADARA, GAUTAMA, LE JEUNE BRAHME
(Yadara se tient d'abord à Técart.) LE JEUNE BRAHME
Tu poursuis trop un rêve impossible en ce monde. La souflfrance, il en faut! Seule, elle rend féconde L'âme et ce ne sont pas les plaisirs, mais les pleurs Qui nous ont affranchis des corps inférieurs, Et nous ont, par degré, menés de caste en caste, Toi jusqu'au trône et moi jusqu'au brahmisme chaste.
GAUTAMA
Et tu ne souffres plus?
LE JEUNE BRAHME
Je suis homme. Mon sort, Quoiqu'heureux, ne saurait m'affranchir de l'effort. Mais la route est moins âpre et le pas est plus ferme Quand le but s'ennoblit, quand on connaît le terme.
GAUTAMA
Mais quel est-il ce but.?
i6 LE NIRVANA.
LE JEUNE BRAHME
C'est le séjour des dieux!
Or, les dieux, comme nous, ont le front soucieux; Ils luttent, comme nous, pour garder leur puissance: Ce sont des hommes, moins la mort et la naissaace !
LE JEUNE BRAHME
Ils sont heureux!
GAUTAMA
Eh! c'est le pire des affronts Que de les croire heureux tandis que nous souffrons !
LE JEUNE BRAHME
Pourquoi toujours sonder l'insondable mystère ?
GAUTAMA, à lui-même.
Leur ciel n'est pas exempt des maux de notre terre!
LE JEUNE BRAHME
Sois bon! et mets ton sort dans les mains de Vishnou !