‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 15 sur 72 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

GAUTAMA, ,YADARA

YADARA, posant une main sur Tépaule de Gautama.

Le repos?... mais de tous les côtés il t'entoure; Tu n'as qu'à faire un geste, un seul, pour qu'il accoure. T'enveloppe et te berce! Oh! veuille et tu l'auras. Le repos, car il est dans mes yeux, dans mes bras; Le repos! mais c'est lui que ma bouche t'apporte; Pourquoi donc lui fermer obstinément ta porte? Obstinément, pourquoi chercher dans l'au-delà. Mon Maître, ce repos? Pourquoi? puisqu^l est là.

GAUTAMA

Oui! ton pas est léger, léger comme un coup d'aile!

Un clair de lune brille au fond de ta prunelle;

Ton visage a 1 éclat virginal du jasmin !

Mais ton cœur bat plus fort quand on te prend la main !

i8 LE NIRVANA.

YADARA

Tu nas donc pas compris encore que je taime!

GAUTAMA

Voilà bien le repos dont tu te crois lemblème, Pauvre enfant! le repos qu'en tout nouvel amant, Toi-même tu cherchais et cherches vainement!

YADARA

Écoute-moi, malgré que ma voix t'importune!

Un porteur de trésors peut être sans fortune :

Ma poitrine, ma voix, mes baisers, mon regard.

Sont des trésors que je t'apporte de la part

D'un dieu qui veut que tout ce que j'ai t'appartienne

Et que mon seul destin, Maître, soit d'être tienne.

Je suis là! Pourquoi suivre ailleurs un songe vain

Et te laisser, sur un trésor, mourir de faim?

Car le mal qui t etreint, moi j'en connais la cause

Et je te la dirai, puisque personne nose.

On croit ton cœur trop tendre et trop faibles tes nerfs,

Pour te laisser courir libre dans Punivers,

Aimer, chasser, combattre, et l'on craint que le monde

Au lieu de t'apaiser, ne rende plus profonde

La blessure mystérieuse par où fuit

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