ACTE I. -^ SCENE VII
(Avec un cri de joie.)
Le voilà! c'est lui que Ton retire!
(Tombant à genoux.)
O dieux justes! Pardon! j'ai failli vous maudire.
(La jonque revient; on dépose le corps sur la berge. Yadara et Gautama se sont approchés et ont assisté à toute la scène.)
YADARA
Viens, maître, éloignons-nous!
GAUTAMA
Nous éloigner ? Pourquoi ?
Tu veux m'initier au monde, il vient à moi ; N'ai-je pas supplié Vishnou ? Vishnou m'exauce Et m'apprend comme toi que ma vie était fausse.
La colère du roi retombera sur nous; Nous t'avons mal gardé...
GAUTAMA
Ne crains aucun courroux Car le roi défendra lui-même qu'on me plonge Plus longtemps dans la nuit épaisse du mensonge.
LE VIEILLARD, sur le corps de son fils.
Mort! mon fils! il est mort! je n'entends plus son cœur.. Voyez comme il est beau!
(Apercevant Yadara.)
Femelle de malheur.
C'est toi qui m'as tué mon fils, maudite femme! Tu prends son corps après m'avoir volé son âme!
YADARA, reculant.
Pauvre homme ! il devient fou !
LE VIEILLARD
Non ! non ! mille fois non !
Gloire aux dieux s'ils pouvaient m'enlever la raison! Avance un peu! Le reconnais-tu, ce visage ?
Tu trembles ?
Ce sont bien mêmes traits et même âge!
Est-ce lui qui, toujours, quand s'ouvrait un banquet, Au nom d un inconnu m'apportait un bouquet ?
Timide et rougissant, il séloignait ensuite, Refusant toute aumône !