‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 21 sur 72 · ACTE I. — SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCENE VII

LE VIEILLARD

Oui ! c'était lui !

YADARA

Sa fuite Fit toujours le mystère et Ton ne put savoir Quel rang son maître avait, quel âge, quel avoir!

LE VIEILLARD

Mon fils n'avait ni rang, ni maître, ni fortune!

YADARA

C'est donc lui qui m'aimait?

LE VIEILLARD

Sans espérance aucune!

Mais il lui suffisait, pour renaître joyeux.

De sentir son image un instant dans tes yeux; Il se disait que lentement, sans qu'on s'en doute. Un objet que l'on voit, un son que l'on écoute. Quand on le voit souvent, qu'on l'écoute souvent, Pénètre chaque fois dans l'âme plus avant, Et que peut-être, en toi, son persistant hommage Près du parfum des fleurs graverait son image.

YADARA

Pourquoi, si cet espoir lui suffisait...

LE VIEILLARD

Un jour, Il sut que tu partais sans songer au retour; Il connut ta retraite et comprit que sa plainte Ne franchirait jamais cette royale enceinte; Je devinai, dès lors, son sinistre projet.

Dernière épave où lespérance s'accrochait :

Mourir près dTadara, pour qu Yadara le sache. Il est mort et je vis! je vis!... oh! lâche! lâche!

Toi comme moi, vieillard, pourquoi nous maudis-tu?

LE VIEILLARD

Je ne te maudis plus, toi! tu Tas reconnu.

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