‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 46 sur 72 · ACTE III. — SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III. — SCENE I

Serait un justicier et non un assassin ;

Car, depuis vingt saisons, sa parole perfide.

Autour des saints les plus respectés, fait le vide.

Jusqu'à présent, malgré des milliers d'imposteurs,

Les grands brahmes marchaient escortés d auditeurs

Zélés et généreux ; nous avions tous les nôtres :

Natapoutta, moi-même, et Makali, tant d'autres...

Et Purna... Nous allions de pays en pays.

Partout comblés d'honneurs et partout obéis.

Mais aujourd'hui, c'est Gautama seul qu'on respecte.

Des rois ont enrôlé leur peuple dans sa secte ;

Des rois.'^... des fous plutôt, puisqu'ils n'ont pas compris

Que ce qu'il prêche, leur Bouddha, c'est le mépris

Du faible pour le fort, du pauvre pour le riche.

Les familles sans fils et les terrains en friche.

Et la désertion des camps et des combats !

Non satisfait d'anéantir tout ici-bas.

Il rêve de porter la mort dans l'autre vie.

11 est temps de tarir cette source d'envie,

Cette source de haine et de mort!

MAHANA

C'est pourquoi Il faut nous employer à sauver notre roi.

Gautama va parler; nos voix insidieuses

8o LE NIRVANA.

L'acculeront à des réponses factieuses.

Empêchons-le de se dérober: il faudra

Qu'il nous dise qu un prince est l'égal d'un coudra,

Qu'un tchandala peut être aussi grand qu'un brahmame.

DÉVADAT

De même, parlons-lui de cette courtisane

Qui partout le précède, ou l'escorte, ou le suit.

MAHANA

On me la signalée hier avant la nuit;

La belle Ambâpali dans son palais l'abrite.

DÉVADAT

Dévoilons devant tous sa doctrine hypocrite

Qui, prenant pour appui nos plus lâches instincts.

Interdit le travail et permet les festins.

MAHANA

Nobles et gueux, obtiens que la foule murmure; Je me charge de tout le reste : l'œuvre est mûre.

DÉVADAT

Crois-tu ?

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