‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 60 sur 72 · ACTE m. — SCENE VI. loi · texte numérisé non relu

ACTE m. — SCENE VI. loi

Soit un effort toujours nouveau de Tâme entière Vers la paix, la science et le rayonnement.

ANGOULIMATA

Maître, je t'ai compris : je veux, dès ce moment. Parcourir les pays lointains, sans or, sans armes. En annonçant la fin prochaine de nos larmes.

J'irai crier ton nom chez les Aparantas.

GAUTAMA

Prends-y garde, ce peuple a des instincts très bas; Ces gens-là sont cruels, insolents et colères. S'ils t'accueillent avec des paroles grossières, Que feras-tu?

ANGOULIMATA

Je me dirai : « ces gens sont doux; Ils ne m'ont pas compris et malgré leur courroux. Au lieu de me frapper, de me jeter des pierres. Ils se sont contentés de paroles grossières. »

GAUTAMA

Songes-y, pauvre enfant! le peuple Aparanta Est le plus violent que la terre enfanta.

Il pourrait bien, au lieu de paroles grossières. Te frapper de la main ou te jeter des pierres.

ANGOULIMATA

Je dirai qu ils sont bons malgré tout, en pensant Qu'il dépendait d'eux seuls de répandre mon sang, Et que, malgré la nuit qui trouble leurs paupières, Ils se sont contentés de me jeter des pierres.

GAUTAMA

Tu sais bien que ce peuple est cruel et têtu; S'il t'enlève la vie, alors que diras-tu?

ANGOULIMATA

Bien loin d'avoir contre eux un sentiment de haine.

Mon cœur les bénira d'avoir brisé ma chaîne.

Et de m'avoir soustrait à la terrestre loi

Avant vous qui, pourtant, valez tous mieux que moi.

GAUTAMA

Ils pourraient t'infliger quelque longue torture

ANGOULIMATA

N aimerai-je pas mieux encor la paix future.

S'ils me révèlent, en m'infligeant plusieurs morts. Quel infernal foyer de douleur est le corps?

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