‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 65 sur 72 · Scène I · texte numérisé non relu

Scène I

GAUTAMA, KACYAPA, ANANDA

PUIS LES DISCIPLES, UN A UN ou PAR GROUPES

(Gautama, couché sur une couverture, entre deux arbres,

semble dormir.)

h sublime Bouddha, le grand vainqueur sans armes, Va nous abandonner! Comment tarir nos larmes ?

Pourquoi rester si calme au milieu de nos pleurs, Divin mois de Tchétra, mois des forêts en fleurs ? Ne sens-tu pas que, si le Maître nous délaisse, La Terre perd le peu qu'on lui voit de noblesse?

iio LE NIRVANA.

Divin mois de Tchétra, mois des forêts en fleurs, Peux-tu rester si calme au milieu de nos pleurs?

KACYAPA, fixant l'horizon.

Du levant au couchant, de lune à l'autre rive, La foule des croyants pieusement arrive, Car le libérateur de lesclave et des rois Désire leur parler une dernière fois.

ANANDA

Mon âme, hélas ! n est pas encor tout affranchie Et je vais me trouver sans guide dans la vie.

(De nombreux disciples ont déjà envahi la scène, ils se rangent

autour d'Ananda.)

YADARA, vieille et brisée, au groupe des religieuses.

Du calme Nirvana le Maître atteint le seuil; L'éternité rayonne et la Terre est en deuil.

O mes sœurs ! bénissons les douces destinées Auxquelles nous devons ce bonheur d être nées Dans des jours entre tous sublimes, où nos yeux Auront pu contempler le Bouddha radieux.

Nos cœurs s'ouvrir à son approche; où notre oreille Aura su la splendeur de sa voix sans pareille. O mes sœurs! je revois le temps, lointain déjà.

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