‹ Le Nirvâna: poème dramatique en quatre actesChapitre 7 sur 72 · UNE CHANTEUSE · texte numérisé non relu

UNE CHANTEUSE

ANSEUSES, venez par essaims En faisant vibrer vos seins; Que vos torses, que vos reins, Que vos bras aux cadences lentes, Moulent aux yeux des amants Les plus subtils mouvements De vos âmes roucoulantes!

Rampez, tordez-vous, languissez!

Et qua l'appel clair des baisers,

Vos petites ^mes troublantes, Se haussant tout le long de vos nerfs anxieux,

Montent s'exhaler dans vos yeux, Ainsi que monte, dans les fleurs, lame des plantes!

GAUTAMA, à part.

Ne plus penser!... Comme une épave au gré des mers,

Abandonner son âme au clapotis des nerfs;

Être calme ou troublé, selon le vain caprice

D'un flot qui, tour à tour, s'endort ou se hérisse;

Enclos dans le Présent comme en une prison.

Interdire à ses yeux de sonder Thorizon!...

Le bonheur n'échoit-il qu a celui qui végète ?

Le bonheur, se peut-il vraiment qu'on ne l'achète

Q uen renonçant au droit de penser?...

YADARA, contemplant Gautama.

C'est en vain Que mon œil mendiant le poursuit!...

GAUTAMA, toujours à part.

Car enfin, Ne suis-je pas le seul que la vie importune.^ Je ne vois que des gens heureux de leur fortune, Heureux de respirer et d'aimer; l'air, les champs,

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