LE NOM
ET
de Gap
Il y a quinze ans, M. Joseph Roman écrivait ce que l'on pouvait savoir de Gap aux époques primitive^ et galloromaine*. L*auteur, dans un intéressant chapitre, groupait les résultats auxquels il parvenait en ce qui concerne la topographie urbaine de cette cité. Manifestement, à ce point de vue, les documents, mis en œuvre par lui, ne remontent pas au-delà de l'époque médiévale.
Aujourd'hui, par l'observation attentive du réseau de la voirie urbaine où quelques traces de murs anciens se retrouvent, on voudrait déterminer quelle aide la topograghie actuelle peut encore offrir à l'histoire quand celleci veut préciser le cadre où se sont déroulés les premiers siècles de Texistence d'une cité moderne, grande ou petite, d'origine, gallo-romaine et telle que Gap '.
C'est le plan, officiellement levé à l'échelle du millième
* J. Roman. Histoire de la Ville de Gap^ Gap, J.-C. Richaud, 189a, pp. 1-4.
* ibid., pp. 5-9. Cette œuvre, imprimée en 1892, avait été composée du II mai au i5 août 1889. \lbid., p. xiv).
* Ibid,. pp. 279-311.
en 1841 par M. Garnier, qui servira de base aux présentes recherches *.
Elles porteront sur Tenceinte polygonale, puis sur l'enceinte rectangulaire primitive. Quelques mots sur lorigine et la signification du nom de Gap serviront de conclusion.
I. L*encelnte polygonale. — g i. Restitution du tracé réel sur le terrain^, — La place Saint-Arnoux s'étant trouvée agrandie, au printemps de i8g8, par la démolition de rédifice qui avait servi, en dernier lieu, à Gap de cathédrale provisoire, il fut facile à quelques personnes de constater, dans Tangle sud-ouest de cet édifice disparu et au ras du sol de la place, l'affleurement d'un vieux mur
I Voici la description des légendes de ce plan manuscrit, dont Toriginal, conservé à la mairie de Gap, a pu être consulté grâce à la communication fort obligeante de M. F. Peyrot, architecte-voyer municipal. [En haut et à dextre:] Plan Général / de la Ville de Gap / Levé / Sous la Direction de M. Truchy, / Ingénieur Géomètre en chef du Cadastre. / Par M. Garnier, / Géomètre de première classe. / [Et, immédiatement au-dessous de ce titre, le visa municipal, STec seing autographe :] Vu par Nous Maire de la Ville de Gap, / Gap, le 21 septembre 1841 / E. Roubaud [avec paraphe] /. [Puis, toujours à dextre, mais à mi-hauteur, le visa préfectoral :] Vu par le Préfet des Hautes-Alpes, / Pour le Préfet empêché, / Le Conseiller de Préfecture chargé de l'administration / Gautier [avec paraphe] /. [Enfin, à senestre et en bas, le visa ministériel, avec seing autographe du Sous- Secrétaire d'Etat et le sceau frappé à sec du Ministère de l'Intérieur:] Vu pour être annexé à l'Ordonnance Royale / du 24 juin 1846 Enregistrée sous le N' 2843 / le Ministre de l'Intérieur / signé : T. Duchâtel. / Pour copie conforme / Le Sous-Secrétaire d'Etat / au département de l'Intérieur, / A. Passy / [Sceau portant Técu de la charte, timbré de la couronne royale, entouré de la main de justice, du sceptre et de drapeaux. Légende: ministère de l'intérieur.] [En haut, à senestre, l'étoile à huit rais des points cardinaux'. [En bas, à senestre.] Echelle de 1 à 1000. [Cette échelle est établie de 1 à 3oo mètres).
La feuille mesure dans son cadre i"25 de long et 0*82 de haut. Pour chacun des 28 quartiers qui figurent sur ce plan général, existe un
plan de détail au .
* Suivre le développement suivant sur la planche I hors texte et
le tracé noir de la planche hors texte n' II ci-après.
remarquable par son épaisseur et sa dureté *. Ce mur se prolongeait du sud au nord, à partir de cet angle et exactement dans la direction du chevet occidental de la bâtisse démolie. Sa facture empêchait de le confondre avec celui, plus étroit et moins solide, auquel il avait servi de point d'appui. Il convenait de dégager autant que possible son parcours sur la place Saint-Arnoux. Il convenait aussi de voir s'il se prolongeait également et en sens contraire, à partir de l'angle sud-ouest de l'église provisoire, dans la direction nord-sud. En suivant cette direction, on constate qu'elle coïncide avec la façade occidentale, côté jardin, d'une vieille et importante maison dont la cour donne d'autre part, vers l'est, dans la rue de l'Odéon.
M. Joseph Roman connaît l'histoire de cette maison *. D'après lui, elle appartenait aux Fredulphi, jurisconsultes italiens, originaires de Parme, qui en i345 achetèrent du dauphin Humbert 11 la terre d*Aspremont. Des Fredulphi, elle passa aux Sauret, des Sauret aux Baile^ des Baile aux Colombet, des Colombet aux Rochon La Motte La Pérouse ; de ceux-ci aux Vallier, La Pérouse, puis aux La Forgue de Bellegarde qui la vendirent aux Chérias et de ceux-ci, en dernier lieu, elle est venue à M. l'abbé Dupont*. Cette succession de propriétaires revient à dire que la vieille maison entre cour et jardin, représente dans Gap la demeure des seigneurs d'Aspremont * : or, au début de l'ère féodale, Aspremont relevait des comtes de Diois de la race des vicomtes de Gap. En dernière analyse, le sol de cette
* M. Paul Guillaume, archiviste des Hautes-Alpes, observa l'existence de ce mur et voulut bien, au mois d'août 1898, le signaler à Tattention d'un compatriote de passage. D'autre part, M. E. Sibour écrivait dès le 12 mars 1898 dans sa description de l'édifice récemment abattu : « ... ses débris jonchent le sol et laissent apercevoir d'antiques substructions. 9 (E. Sibour. Notice sur l'ancien édifice de la place St-Arnoux. Bulletin de la Société d' Études ^ 2* série, n* 25, p. 78).
* C'est la maison qui, sur le plan de 1841, dans le XI* quartier, porte, sur la rue de l'Odéon, le n' 4.
* Lettre de M. Joseph Roman (16 octobre 1898).
^ J. Roman. Tableau historique du département des Hautes^Alpes, première partie, Grenoble, F. Allier, 1887, pp. m- 112.
maison dépendait sans doute, au XI« siècle, des vicomtes de Gap ; à en juger par la proximité de l'église cathédrale, il en dépendait sous la suzeraineté de Tévêque plutôt que sous celle des comtes de Provence. En 1898, M. Charles Olive occupait le rez-de-chaussée de la maison d'Aspremont. Il s*cmpressa de consentir à ce que des fouilles rapides fussent pratiquées dans le jardin : M. F. Peyrot, architecte-voyer municipal, voulut bien les surveiller et les faire effectuer par deux ouvriers, les journaliers Pierre André et Faure. Ces fouilles, soit sur la place Saint- Arnoux, soit dans le jardin de la maison d'Aspremont, ont duré quatorze jours, depuis le 21 septembre jusqu'au 7 octobre 1898.
L'amorce visible du mur, à l'angle sud-est de la cathédrale provisoire, se compose de galets d'une épaisseur moyenne, tels qu'il s'en trouve dans le lit de la Bonne et de la Luyc, et ces galets sont noyés dans une masse compacte de mortier grisâtre. Tout d'abord, les 21 et 22 septembre, il est facile d'en situer la face occidentale sur un premier point, par un sondage ne dépassant pas vingt-cinq centimètres de profondeur et fait un peu en avant de l'angle en question. Ce premier point de la face étant connu, une légère tranchée menée du sud au nord suffit à en dégager la direction, en s'éloignant de l'angle vers la maison de M. Courtil pendant une dizaine de mètres. Cette opération permet de contrôler que le mur suivait à peu près la direction du chevet de la cathédrale provisoire, dans le prolongement de la façade occidentale de la maison d'Asprcmont. Elle permet aussi de voir que la face occidentale du mur est une paroi verticale. Le parement extérieur de cette paroi ne se distingue pas, comme facture, du blocage intérieur et il fait corps avec lui. 11 se compose également de galets ; mais, de galets choisis, se présentant sous une forme plus ou moins rectangulaire. Ces galets ont leur face tétuée quand elle n'était pas naturellement assez plate ; ils sont rangés en assises plus ou moins régulières entre deux lits de mortiers. Ce parement, en bien des endroits, est d'ailleurs détérioré plus ou moins profondément.
La face extérieure du mur vers l'occident est désormais connue, comme facture et comme direction ; en tàtant le terrain perpendiculairement à cette direction, à peu de distance deTangle sud-ouest de Tédifice démoli, les ouvriers n*ont pas de peine à joindre la paroi intérieure ou orientale du mur. En cet endroit', il mesure 3™8o dëpaisseur. Répétant ce tâtonnement à l'extrémité la plus éloignée du même angle, qui ait été découverte de la paroi extérieure vers le nord, Tépaisscur du mur y atteint 4 mètres. Se contentant pour le moment des résultats obtenus sur le terrain de la place St-Arnoux où les fouilles ne peuvent être poussées davantage à cause de la circulation, les ouvriers se transportent, à partir du 23 septembre, dans le jardin de la maison d'Aspremont. La façade occidentale de cette maison, qui prolonge la direction du mur découvert sur la place Saint-Arnoux, se termine au sud-ouest par un angle assez aigu, de manière à ménager en retrait une petite cour, limitée au nord par cette maison et au sud par le mur septentrional de la maison Bosse *, Cette maison, par sa façade méridionale, donne sur la rue de Provence : mais, par derrière, elle limite le jardin et la petite cour en retrait d'Aspremont. En face de langle aigu de la maison d'Aspremont, qui au sud-est du jardin détermine cette petite cour, le mur Bosse forme lui-même un angle qui détermine un retrait de 3"^5o, également au sud-est du jardin. Il est facile de voir que cet angle du mur Bosse dans le jardin porte sur une amorce de mur ancien toute pareille à celle déjà constatée à Tanglc sud-ouest de la cathédrale provisoire. Mais cet angle du mur Bosse dans le jardin correspond à la direction nord-ouest et sud-est du mur qui sépare, sur la rue de Provence, la maison Bosse de sa voisine •. Cette nouvelle direction, déterminée par les confronts de la maison Bosse à l'occident, est différente de la direction suivie par le mur sur la place Saint-Arnoux et
* Cette maison, sur le plan de 1841, dans le quartier XI, porte le n* 62 sur la rue de Provence.
* N* 64, au coin de la rue des Vieilles Prisons et de la rue de Provence,
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6 [loj
continuée par la façade occidentale de la maison d*Aspremont. Le mur d'enceinte devait changer de direction entre Tangle sud-ouest de la maison d'Aspremont et l'angle oord de la maison Bosse ; il doit donc exister une tour correspondant à ce changement de direction sur l'emplacement de la petite cour en retrait.
Précisément, à l'entrée de cet emplacement et à peu de distance de l'angle sud-ouest du jardin d'Aspremont, se trouve une petite corbeille ovale ou circulaire contenant des rosiers en pleine terre. Pour ne pas détériorer ces arbustes, les ouvriers reçoivent Tordre d'ouvrir tout autour de la corbeille, dans le chemin, une tranchée. Il était impossible de tomber plus juste : en suivant la courbure du chemin, la pioche dégage, à fort peu de profondeur, les pourtours d'un massif en maçonnerie qui se présente de forme circulaire, malgré que la paroi verticale en soit fort détériorée. Cette maçonnerie est pleine : le mortier en est le même que celui du mur affleurant sur la place Saint-Arnoux. C'est sans contredit le bloc compact de soubassement d'une tour et l'angle sud-ouest de la maison d'Aspremont empiète légèrement sur elle : au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la périphérie et que l'on approche du centre, la masse des galets noyés dans le mortier augmente de volume. Le diamètre du bloc est environ de 8™5o. Cherchant à rencontrer le point de jonction de la tour avec la nouvelle direction de la courtine vers la maison Bosse, la pioche contourne la périphérie en s'éloignant de la maison d'Aspremont. Le point de jonction cherché se rencontre à 3™io du mur Bosse, c'est-à-dire à 3™25 de l'angle de cette maison sur le retrait : la paroi extérieure de la courtine doit ainsi pénétrer sous le mur Bosse, à i"™35 vers l'ouest et au-delà de l'angle où se trouve encore l'amorce restée visible de cette courtine. L'endroit se trouvant propice à une fouille profonde, les ouvriers creusent une tranchée destinée à mettre à nu la paroi extérieure de la tour et de la courtine jusqu'au niveau de sa base, vers la maison Bosse.
Dans les terres rejetées de cette tranchée se rencontrent, le 23 septembre, l'un après l'autre, les trois débris suivants :
i^ Un fragment de vase/ fait au tour, d*une pâte gris noirâtre assez fine, avec de très petits grains à faces brillantes: la surface du vase est mate, non lustrée.
Ce fragment représente une partie de lorifice circulaire et, aussi, l'attache d*une anse qui s'applique par en haut, tout à fait au sommet de lorifice. Le vase est bombé.
L'épaisseur de la tranche est de 7™™ au bourrelet de Torifîce, de 5™™ à l'étranglement sur lequel il s'ouvre, de 3mm au renflement le plus accentué et de 4™™ au bas du fragment.
Le diamètre de lorifice devait être de 134°^™ en comptant le bourrelet, ce qui donne 120™™ pour le diamètre de l'ouverture. Au niveau de l'étranglement, le diamètre de l'ouverture se réduisait à io5™™; au niveau du renflement, ce diamètre pouvait s'élever à 134™™, ce qui, en tenant compte d'une épaisseur de 3*"™ à cette hauteur, donnerait un diamètre maximum de 140'°'". L'étranglement est placé 12 ou i^mm au-dessous de l'orifice et le plus grand renflement à ^gmm au-dessous du même niveau.
Le type de ce fragment rappelle les vases barbares que dans la région on attribue volontiers à l'époque burgonde. M. Joseph Roman le compare, avec plus de précision, à toute une série de vases analogues trouvés, en 1866, dans les démolitions de la cathédrale de Gap ; on y rencontra un atelier de potier gapençais qui, selon lui, pourrait remonter à l'époque gallo-romaine.
2^ Un fragment fort réduit ayant formé l'angle d'une grande tuile gallo-romaine à rebords ; la terre est jaune clair. L'épaisseur de cette tuile était de 3o"™; la hauteur du rebord à l'extérieur, de 45™"». A l'intérieur, le rebord légèrement renflé mesure 3o™"» de haut sur le sommet du plat qui, un petit peu moins épais à ses bords, n'y mesure que 25™™ d'épaisseur. L'épaisseur du rebord est de 3o™™ comme celle du plat.
Dans la région du Dauphiné, plusieurs personnes pensent que les grandes tuiles à rebord ont cessé d'être fabriquées à la fin de l'époque mérovingienne, parce que ces
8 lia]
tuiles ne se rencontrent plus, dès lors, dans les sépultures qu'il leur a été donné d'observer '.
3^ Un fragment de vase en verre blanc. Ce fragment, qui représente une partie du fond circulaire et à peu près plat de ce vase, est recouvert d'une patine noirâtre. Cette patine masque la surface très irisée du verre dont la pâte elle-même est incolore. L'épaisseur du fond en son milieu est de 4™™ ; sur les bords, elle se réduit à 2™"». Le diamètre du fond devait mesurer 5i™".
Le 24 septembre, la tranchée, à 3"^55 de profondeur sous le niveau du jardin, parvient à la base de la paroi verticale de la tour. Cette base repose, semble-t-il, sur une masse de béton légèrement débordante, destinée à l'asseoir solidement au-dessus du sol, rendu humide par la nappe des eaux souterraines. On dégage peu à peu toute la surface circulaire de la pardi au bas de laquelle la pioche est parvenue. Ceci permet de constater que le bloc de la tour a dû subir l'approche de machines de siège ou de projectiles assez puissants. En effet, la paroi extérieure présente des concavités qui ont pénétré plus ou moins profondément et où les surfaces, plus ou moins concaves, paraissent dominer sur les éclats à arctes vives.
Au pied de la paroi se rencontre un objet en terre cuite, tirant sur le jaune grisâtre. Dans la pâte de cette terre, analogue à celle des briques et très résistante, se trouvent de petites alvéoles où figurent des débris pulvérulents, roussâtres et noirâtres ; il s'y trouve également quelques gros grains de sable lavés soigneusement. La forme de cet objet est assez complexe. Elle approche de celle d'un cylindre dont la base, au lieu d*étrc circulaire, serait ovale. De plus, à placer cette base dans un plan vertical, son ovale peut engendrer la masse de l'objet, si elle se meut par révolution autour d'un point fixe, pris comme centre du mouvement hors de la courbe la plus étroite de Tovale. La tranche ovale engendre ainsi dans sa révolution com-
• Ccst l'opinion de M. Hippolylc Millier, bibliothécaire de TEcole de Médecine de Grenoble.
Il3] 9
plète un anneau et l'objet figure exactement un segment de cet anneau, pris entre deux rayons venant du centre du mouvement. Cette forme complexe maïs définie empêche de voir dans cet objet la base pointue et cassée d'une grand« amphore. On serait poné à y voir une balle de fronde: cependant, son prolîl est assez lourd.
En Sicile, on trouve des balles de fronde également en terre cuite : mais leur lorme, qui est celle dune olive, est beaucoup mieux adaptée à la résistance de l'air.
La tranche ovale de l'objet mesure 55™"" de largeur et 65°"" de hauteur. La longueur de l'objet, du côté légèrement convexe qui représente l'extérieur de l'anneau, est de ôo"". La longueur est de So""™ seulement, du côté l^ërement concave qui représente l'intérieur de l'anneau.
Le poids de l'objet est de s6i gr.
Le a6 septembre, toujours à S'^So Je profondeur et dans l'angle constitué par la saillie de la tour sur la courtine, du côté de la maison Bosse, on remarque une pierre en mollasse blanche taillée, qui a dû tomber là du sommet du rempart et qui provient, peut-être, des créneaux. Tout près. la corne gauche d'une chèvre avec le fragment d'os frontal du crâne qui en est la base. Cette corne a été utilisée assez longtemps comme outil de perforation. \ l'usage, elle s'est étimée et la pointe s'est cassée. Telle quelle la corne, légèrement recourbée, mesure encore i25""° de long. La base mesure Sa™" de large et aS™"" de haut.
Dans cet angle, moins sujet aux atteintes du dehors que le devant de la tour, subsiste encore le parement primitifdu mur. M. Peyroi en prolîie pourcojistaier que l'angle mesure MÛ" environ. Ceci fait, il ne reste plus qu'ù recombler la tranchée. Auparavant, on constate que le jardin de la maison d'Aspremoni donne de plein pied avec le rez-de-chaussée de cène maison et avec l'entrée de la cour, du côté de la rue de l'Odéon ; mais il forme un terre-plein en terrasse sur les tues des Vieilles Prisons et de la Préfecture. l!ne petite porte de sortie, de ce côté, indique que le niveau du jardin est environ à ||"6o au-dessus du niveau de la rue où elle débouche par un escalier. Par conséquent, la base du
mur d'enceinte et de la tour, en contre-bas de 3™55 sous le sol du jardin et deTintérieur de la cité, est encore à i^çSen contre-bas sous le niveau de la rue où débouche la porte de dégagement du jardin.
La fouille du jardin d'Aspremont terminée, il importait de revenir à la place Saint-Arnoux pour chercher à voir si la courtine déjà partiellement dégagée aboutit à une autre tour circulaire du type de la tour d'Aspremont.
Depuis la tour d'Aspremont jusqu'à l'angle sud-ouest de la cathédrale provisoire disparue, la courtine mesure déjà 28°>6o.
Les ouvriers recommencent à dégager superficiellement la paroi extérieure du mur d'enceinte, à partir de cet angle sud-ouest et en remontant vers le nord. Arrivés à i i™8o de cet angle, à peu près à l'endroit où se terminait le chevet de l'édifice moderne, ils rencontrent le point où commence la saillie d'une tour. Ainsi le développement de la courtine, entre la tour d'Aspremont et la tour de la place Saint- Arnoux est de 28™6o -f- i i™8o = 40^40.
Successivement, autant qu'il en peut juger, étant donné le mauvais état de conservation des parements, M. Peyrot vérifie que le diamètre de la tour Saint-Arnoux est de 8™5o, que la corde de son arc en saillie mesure 8™io et que l'angle formé par la saillie sur la courtine mesure, des deux côtés, environ 1 10*».
Perpendiculairement à la saillie de la tour, du côté intérieur de la ville, se détache un mur d'apparence ancienne mesurant o'"8o de largeur.
Au delà de la tour, la courtine reprend exactement dans la même direction que celle suivie depuis la tour d'Aspremont. On en dégage encore la paroi pendant la^^ôo: puis là, en face de la porte de l'évêché, elle devient moins distincte. Comme on est oblige, sur la place publique, de se borner à une fouille superficielle, il est impossible d'aller plus loin. Sans doute le mur d'enceinte a été coupé en cet endroit par des canalisations modernes destinées à l'adduction du gaz ou par d'autres travaux de voirie municipale. L'essentiel est de constater que la direction de la courtine
[i5] II
ne varie pas. De suite au delà de la tour, elle mesure 4™ d'épaisseur. Dix mètres environ plus loin, elle mesure 3™5o ou à peu près. Ainsi, la courtine normale parait osciller aux environs de 3"8o. Aux approches des tours, elle se renforce.
Puisque la courtine, entre la tour d*Aspremont et la tour de la place, mesure 40™, si on mesure la même distance dans la même direction, au delà de la tour* de la place, on aboutit à la maison Courtil ^ Il est donc évident que Tangle rentrant de cette maison, vers le sud-ouest, correspond à une tour de lenceinte et que la courtine, au delà, doit changer de direction en se rabattant vers le nord-est, comme le mur mitoyen de la maison.
Le 4 octobre, se sont rencontrés deux objets. D'abord, dans la tranchée qu'on allait refermer devant la tour d'Aspremont, une brique pétrie de terre fine, couleur jaune blanchâtre. Ebréchée à l'une de ses extrémités, cette brique mesure 65™" de haut, 140"»™ de large et 3 10"»™ de long. Sa longueur ne devait pas être beaucoup plus grande '. Dans
* Exactement au mur mitoyen entre les maisons n* 11 et i3 dans le quartier X*.
* En fait de briques antiques, Middleton a donné quelques points de comparaison pour les trois premiers siècles :
CoBSIrait llofeoneépaif Mofeiweépaii' en déf briqaet des Joints
Rostres de Jules César .... 44 av. J.C. 38"" 6"*3
Panthéon d'Agrippa 27 av. J.C. 38"" 9""5 k i2""7
Camp prétorien de Tibère. 23 ap. J.C. 32 k 44"" 6""3 k i2""7
Aqueduc de Néron (Aqua Claudia) vers 62 25 à 32"" 9""5 à i2""7
Bains de Titus 80 38"" i2""7
Palais de Domitien vers 90 38"" i2""7
Temple de Vénus et Rome. vers i25 38"" 25""4
Palais de Sévère vers 200 25""4 19""
.Murs d'Aurélien à Rome... vers 271 3i à 44"" 3i"" k 38""
(J.-Henry Middleton. The remains of ancient Rome, vol. 1, p. 61. London and Edinburgh Adam and Charles Black, 1892). M. Middleton donne ses évaluations en pouces : on les traduit en millimètres, en prenant le pouce de o"0254.
Pour une période plus récente, quelques mesures prises k Ravenne
i^Xit.
12 fi6]
la tranchée sur la place Saint-Arnoux, un fragment de grande tuile à rebord, d'un blanc rosé, représentant l'extrémité d'un angle. Le rebord a 40™™ d'épaisseur : il s'élève de 25™"» au-dessus du plat, à l'intérieur.
Telles sont les fouilles sommaires exécutées du 21 septembre au 7 octobre 1898. Malgré leur insuffisance, elles permettent cependant de restituer le plan de l'enceinte à laquelle répondent les restes apparents sur la place Saint- Arnoux et dans le jardin d'Aspremont. En effet, on sait que chaque courtine ne peut guère dépasser 40™ de développement : on sait aussi qu'à chaque changement de direction de la courtine doit répondre très vraisemblablement une tour circulaire.
A partir de la tour d*Aspremont, la courtine dans sa nouvelle direction vient couper perpendiculairement l'ancienne voie romaine, qui est la rue de Provence actuelle, en
au mois de novembre 1H98, permettront de continuer cette série Baptistère des orthodoxes, construit en 430 : moyenne épaisseur des briques à l'intérieur, 66"". On trouve des longueurs de 28a, 402, 415. 420"". A l'extérieur, refait en très grande partie récemment avec des briques fabriquées exprès, on trouve des longueurs de 420, 420, 270, 375, 280, 41 5"".
Tombeau de Galla Placidia : à l'intérieur trois briques ont une épaisseur de 100, io5, 90"". Les mêmes briques ont, de longueur, Sgo"", 3 18"", 355"". La dernière a 160"" de largeur. Dans un angle, deux autres briques ont 290"" et 3o5"" de long ; 95 et 95"" de haut ; 290"" et 225"" de largeur.
St-Apoll inaire in Classe, commencé en 534 ^^ consacré en 549. Dans la chapelle Santa-Croce, À l'intérieur cinq briques mesurent 485"" de long x 45"" de haut ; 490 x 46 ; 5oo x 46 ; 480 X 45 ; 23o X 45. Cette dernière se présente problablement par la largeur au lieu de se présenter par la longueur.
Entre les rangs de brique, il y a des couches de mortier blanc de 20, 25, 3o, 35"".
EnBn À Serres, la citerne de l'ancien chAteau médiéval, élevé en 1340, est construite en briques, d'une terre rouge violet très dure, dont deux spécimens prélevés en 1889 donnent 327"" de long x i65"" de •argc X 68"" de haut. Les lits, de 20"" au moins, sont en mortier gris fort résistant. Aux grains, quelquefois gros, du sable gris lavé se mêlent quelques grains blancs de chaux non fusée.
coïncidant avec le mur mitoyen entre les maisons 62 et 64 du quartier Xl«.
Par un fait bien remarquable, dans le prolongement de ce mur mitoyen et de la direction de la courtine, se trouve exactement, de l'autre côté de la rue, un mur mitoyen perpendiculaire à la rue, entre les maisons 49 et 5i. Suivant toujours cette direction, on arrive à un angle marqué, comme sur la place Saint-Arnoux et dans le jardin d*Aspremont, par une amorce qui d'une manière très visible subsiste de Tenceinte. Il s'agit du mur arrondi, figuré sur le plan de 1841 au-dessus de l'emplacement 52 et de la maison 5o qui donnent sur la rue Neuve. Si l'on mesure la distance existant, pour la courtine venant en droite ligne de la tour d'Aspremont, jusqu'à ce nouvel angle L, où certainement figurait une autre tour, on voit qu'il y a 44"'. C'est exactement la longueur de la courtine existant entre la tour d'Aspremont et la tour de la place Saint-Arnoux, si Ton y ajoute la largeur de la rue de Provence où existait sans contredit une porte.
A partir de l'angle L, auquel on est parvenu, nouveau changement de la courtine qui prend la direction indiquée par le mur exposé au nord de la maison 5o. Ce mur se dirige de l'ouest à Test. Il mesure environ 16"™. C'est insuffisant pour la longueur normale d'une courtine : si l'on poursuit toujours, en traversant la place de la Retrache où aboutissent la rue de l'Odéon et la rue de l'Ecole, on rejoint l'alignement septentrional de la rue Neuve, entre les maisons 48 et 46, en déterminant l'angle K. La courtine aurait ainsi 3i ou 32"*, ce qui est suffisant.
A partir de ce point, il n'y a qu'à suivre l'alignement de la rue Neuve où le mur d'enceinte existe encore dans toute sa hauteur. Jusqu'à Tangle suivant 1, placé au début de la terrasse du Séminaire, laquelle porte le n*' 40, il y a 26 mètres, abstraction faite de la tour d'angle disparue. De l'angle I, placé avant la terrasse du Séminaire, jusqu'à l'angle H, placé devant cette terrasse, de suite après le passage Aubert, il y a 39"' et on retrouve ainsi la longueur normale des courtines observées en premier lieu.
Au delà de l*angle H, la facilité de poursuivre le tracé offre une difficulté. Il semblerait d'abord naturel de continuer jusqu'à l'extrémité de la terrasse du Séminaire et au débouché de la rue de l'Egout. Ce serait cependant une erreur. En effet, une amorce visible de l'enceinte subsiste dans la rue du Grenier d'Abondance sous la façade nordest, actuellement démolie, de la maison numérotée i, entre la Salle d'Asile et la maison 2. Il faut gagner ce point, de l'angle H où l'on en est resté. Si le tracé poursuivait jusqu'à la rue de l'Egout, la courtine serait obligée ensuite de se replier sur la rue du Grenier d'Abondance en décrivant un angle aigu suivi d'un angle concave ; dans un système régulier, ces deux hypothèses sont infiniment peu probables séparément. Leur simultanéité l'est encore moins. Si, d'autre part, la courtine poussait seulement depuis le dernier angle H jusqu'à l'extrémité de la terrasse du Séminaire, elle pourrait se replier par un angle droit sur la rue de la Terrasse et sur la rue du Grenier d'Abondance. Mais la longueur de cette courtine, à partir de l'angle H jusqu'à la fin de la terrasse, n'excéderait pas i5 à 18*», ce qui est absolument insuffisant.
Donc, depuis le dernier angle H, l'enceinte étudiée devait gagner l'alignement occidental de la rue de la Terrasse au point où cet alignement fait précisément un angle, entre les maisons i et 25. De cette manière, entre les deux angles H G de la rue Neuve et de la rue de la Terrasse, la courtine mesure 3g^, c'est une valeur très satisfaisante, par son analogie avec les précédentes.
De cet angle G, la courtine venait traverser la rue de Provence perpendiculairement à sa direction. Comme les tours A et L, du côté opposé, sont également éloignées l'une et l'autre de la rue, de même une disposition analogue doit se retrouver maintenant. El, comme l'angle de la rue de la Terrasse est à environ 17™ au sud-est de la rue de Provence, l'emplacement de la tour suivante doit être à environ 17'» au nord-ouest de la rue de Provence, de manière à avoir une courtine de 40 ou 41"', en tenant compte de la longueur de cette rue.
Ce calcul porte la tour F sur la façade nord-est de la maison 2 du XI« quartier \ juste en face d*un retrait de la maison 2 du XI !< quartier. Après la tour F, la courtine continue sans changer de direction, en englobant Tamorce visible de Tenceinte qui se trouve, comme il a été dit^ sous la façade de la maison i du XI« quartier^. Et, puisque la courtine précédente mesurait 34°» sans compter la largeur de la rue de Provence, ceci porte la tour suivante à Tangle sud-est de la maison 2 du VI I« quartier sur la {^ace Saint- Arnoux, à côté du retrait qui la sépare de la maison 14 de ce même quartier, en face aussi et au nord-ouest de la salle d'asile. La courtine F E a ainsi près de 33"*.
Une distance de 74"» reste à parcourir entre les tours E et C. Si Ton en défalque une tour de 8"5o, cela fait exactement deux courtines de 33™ chacune : c'est-à-dire une valeur identique à la précédente courtine F E. Tout porte à mettre la tour intermédiaire D dans l'entrée de la cour spacieuse qui sépare les maisons i et 3 du X« quartier.
Le périmètre de l'enceinte polygonale est ainsi déterminé assez rigoureusement sur le terrain en tenant compte de toutes les probabilités.
Le front se compose de onze tours dont la corde, correspondant à Tare saillant, est d'environ S^^io pour chacune. Entre les tours se trouvent les courtines B A de 40^40, A L de 44», L K de 3i«n5o, K I de 26°», I H de 39™, H G de 39», G F de 40«5o, F E de 33™, E D de 33™, D C de 33™ et C B de 39™. Le front des courtines est donc de 398™40, ce qui revient à une moyenne de 36™20 pour chacune; en y ajoutant le front des tours qui est de 89™ 10, le développement total du front extérieur est d'environ 487™5o.
Depuis la restitution de ce périmètre en 1898, les faits sont
* En 1692, cette maison, qui couvrait y5 cannes 2 pans 3/4, paraft avoir appartenu k M. de Gandière et à sa sœur M'" Astier qui eurent une indemnité de 1876 1. 9 s. 7 d. pour la rebâtir. (Cabinet Amatj.
* En 1693, cette maison qui couvrait 28 cannes 3 pans, parait avoir appartenu À « M. l'avocat Philibert » qui eut pour la relever une indemnité de i3i4 I. 14 s. 3 d. (Ibid,).
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venus la confirmer et ont fait connaître de nouveaux vestiges de Tenceinte.
Au printemps de 1901, un fragment de la muraille, sans parement bien apparent, fut remarqué dans la cave de la maison de M"»« Gérard et de son gendre M. Courtil, vers Tangle sud de cette maison, c'est-à-dire le plus rapproché de révéché : ce fragment se trouve dans le prolongement de la direction de la courtine découverte sur la place Saint- Arnoux*. Un autre fragment sort de cette maison entraversant la rue Notre-Dame *.
Le 20 septembre 1902, derrière Tabside de la nouvelle cathédrale, on a trouvé des traces de Tenceinte en abaissant le terrain pour le mettre au niveau de ce monument que l'architecte a assis en contre-bas de son quartier lequel domine la ville ancienne. Ces traces étaient exactement situées derrière Tabsidiole septentrionale et à peu de distance de la maison dont on creusait le pied : elles correspondent à peu près exactement à la tour £ et à la courtine qui, de cette tour, se dirigeait vers la rue de la Trésorerie. Le mortier avait cela d'intéressant qu'il était blanc rougeàtre, au lieu d'être blanc grisâtre. Cette teinte venait de ce que les grains de sable lavé étaient remplacés en partie par de tout petits fragments de terre cuite, empruntés à des briques concassées. On a pu
* C'est M. l'abbé Guillaume qui a bien voulu relever la position de ce fragment : « Les vestiges de ces murailles, dans la maison Courtil, sont dans l'angle le plus rapproché de l'Evéché, sous le cabinet à gauche de la porte d'entrée, et se prolongent sous la grande salle qui est vis à vis de l'évéché, vers la maison de M. Euzière. Les matériaux
et le mortier sont identiques Les nouveaux vestiges sont dans le
prolongement de ceux de la place St-Arnoux et de pareilles dimensions autant du moins qu'on peut en juger dans les caves susdites. » (Lettre de M. l'abbé Paul Guillaume, du 2 mai 1901.)
* « Samedi dernier, i" juin, les ouvriers de M. Courtil, en perçant le mur de sa maison du côté de la rue Notre-Dame, pour établir un conduit à environ 5o centimètres au-dessous du niveau de la rue, ont rencontré, je crois, le prolongement des mômes murs; mais, avec cette particularité que, ù ce point, devait s'ouvrir une porte ou une fenêtre dont le cintre supérieur est formé de pierres de taille, à ce qu'il m'a semblé. » {Lettre de M. l'abbé Guillaume, du 3 juin 1901).
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en prélever un échantillon, qui peut servir d'élément de comparaison avec les autres échantillons récollés, soit dans lejardin d'Aspremont. soit sur la place Saint-Arnoux.
Le 19 décembre de ta même année 190a, en recherchant la canalisation de la fonlaine de Chaussières. on a en dernier lieu rencontré rue de Provence, au coin de la maison ponant le n» 19. de nouveaux débris de l'enceinte, à une profondeur de près de 2"". Ce n* ig est porté par la maison sise sur le cùlé sud-ouest de la rue de Provence, entre la rue du « Muzéum ' » et la rue de la Terrasse '. II est regrettable que le plan de ces derniers restes n'ait pu être relevé : on y eilt retrouvé sans doute le dispositif de la porte qui ser\'ait, en cet endroit, à sortir de la cité en suivant la voie romaine, représentée maintenant par la rue de Provence.
Précédemment, en 1900, une fouille faîte dans la rue du Mazel. à l'endroit où la rue de ta Trésorerie débouche en face de ta rue Grenette, avait permis de trouver un gros mur. On s'était demandé si ce n'était pas le prolongement de U courtine montant le long de la rue du Grenier d'Abondance, par les tours F et E. De la rue du Mazel, arrivée ainsi à son point nord-ouest extrême, l'enceinte aurait regagné U maison Counil en traversant la rue Notre- Dame un peu haut. Il faut dire que ta disposition topographique du pâté de maison compris entre la rue du Mazel. au nord, la rue de la Trésorerie, à l'est et au sud. ta rue Noire-Dame, à l'ouest, ne prétait guère de vraisemblance à cette hypothèse. Ce pâté de maisons est coupé, de l'est à l'ouest, dans toute son étendue, par des cours et des murs mitoyens dont la direction parait être le prolongement de la rue Passc-Vite. Cette ligne convexe, constituée par des cours, des murs mitoyens et la rue Passe-Vite, paraît devoir couvrir le front extérieur de l'enceinte et répondre aux fossés qui la protégeaient. La rue du Mazet était, à ce moment, un
* Cette orthographe eu itUc donnée par la plaque iniltcatite de
* Reiuci^nenient dd k Vobligtanct de M. l'abbé Guillaume it^tire iIb 17 ilécembre 190a}.
Ce n' 19 (iKun: dmi le plan de 1B41 ions le n* i5.
bourg et ce bourg n*a pu être protégé à son tour par un mur que postérieurement. Depuis que Tenceinte sest retrouvée dans la rue Notre-Dame, au sortir de la maison Courtil, ces indices topographiques prennent encore plus de force. En effet, si au sortir de la maison Courtil, Tenceinte traverse la rue Notre-Dame à peu près perpendiculairement, de manière à ce qu'on ait pu y ouvrir une poterne, il est impossible que cette enceinte se redresse jusqu'à la rue du Mazel : il faudrait pour cela qu'elle traverse la rue Notre-Dame très en biais, du sud au nord.
§ 2. Restitution du plan théorique de l'architecte. — Le tracé de Tenceinte sur le sol étant ainsi connu, on peut chercher à restituer le plan théorique auquel ce tracé répond.
11 convient de rechercher d'abord suivant quel système les tours se trouvent insérées dans la courtine.
En ce qui concerne la tour placée sur le chevet de la
cathédrale provisoire, les mesures prises par M. Peyrot,
sont • :
E F = 8">io
Quant à l'angle C E S il a paru être peu éloigné de i lo^'.
On pose le diamètre A B = 8™5o.
De plus, comme valeur moyenne de C D et CD', M N = 3™9o pour l'épaisseur de la courtine.
Puis, finalement, la corde EF = S^io, qui coïncide avec le prolongement de C C
D'où, E M = 4"o5 K M « i»95 OA = OB = OE=:OG = 4"25.
Il s'agit de déterminer où s'emplace, sur M N, le centre O du cercle.
Pour cela, il suffit de dégager la valeur du côté M O dans le triangle E M O.
* Se reporter à la figure , i-après. p. 19.
Ce triangle étant rectangle en M, on a :
Soit : jc« = (4'»25)« — (4,o5)«.
jc* = 18,0625 — 16,4025 = 1,6600
D'où : X ^ i"29.
Ainsi, ON=MN — M0 = Si^go — i">29 = 2™6i.
De plus, OK=MK — M0= i«»95 — 1,29 = o"»66.
ir
Figure A*
* La mise au net des ûg. A, B, C, E, F, G, d'après les minutes de Tauteur, est due à Tobligeance de M. Ubaud, commis des Ponts et chaussées k Gap.
Par conséquent le point O, centre du cercle de la tour, a été choisi par Tarchitecte sur la perpendiculaire M N de la Courtine, de la manière suivante. Ce centre est deux fois plus rapproché du point M et, par conséquent, de la paroi extérieure de la courtine C C\ que du point N et de la paroi intérieure D D\ Ce centre O est deux fois plus rapproché du centre K de l'épaisseur M N que du point extérieur M.
Mais, puisque, sensiblement, MO =^ 2 OK, il résulte de là que MK = 3 OK, MN = 6 OR, ON = 4 OK.
11 est évident que la valeur OK, laquelle définit la distance existant entre le centre O de la tour et le centre K de répaisseur de la courtine, a été prise par l'architecte pour multiplicateur dans quelques-uns de ses calculs.
La valeur o™66 se vérifie d'ailleurs comme un peu forte pour exprimer exactement ce multiplicateur par rapport au produit M N et aux subdivisions de M N. C'est o™65 qui convient.
En effet, M N = 3,90 ; c'est-à-dire, 6 X o,65. M K = 1,95 ; c est-à-dire, 3 x o,65.
D'où, définitivement, MO = 2 X o,65 = i,3o.
Il est facile désormais de voir quel système de mesures employait Tarchitecte. Ce ne peut être le pied romain de o»n296: c'est certainement un pied de o"325, car O K =r 2 X o'"325.
Or, le pied de o"325, c'est le pied gaulois de six à la canne, subdivisé en douze pouces et le pouce en douze lignes ^ 11 est plus fort d'un dixième que le pied romain :
* Aug. Aurès, De la iieue gauloise, du pas et du pied gaulois, Paris, P. Dupont i865. (Extrait de la Repue des Sociétés sapantes). — Aurès, Note sur le système métrique des Gaulois, Paris, Didier 1866 (Extrait de la Repue Archéologique). — Aurès, Note sur le pied gau» lois, Paris, 1868 (Mémoires lus À la Sorbonne). — Aurès, Métrologie gauloise : détermination du pied gaulois déduite des mesures prises sur les murailles de Mursens, sur l'inscription de la Chapelle-Blanche et sur le bas-relief de Labige, Nîmes, 1870, in-4'. — Aurès, Encore le pied Gaulois. Restitution d*une inscription antique du musée de Nimes. Nimes, Clavel-Baliivet, 1879, in-8".
o™296 -|- 0,0296 = o"»3256. Dans le sud-ouest des Gaules, il a subsisté, concurremment avec lui, pendant la domination romaine. Puis il a repris le dessus en France et, malgré le nouvel effort de romanisation de Charlemagne, il est resté dénommé pied-de-roi, jusqu'à Tavènement du système métrique. Il valait finalement o°>32484.
11 suffira d'échelonner les premiers multiples du pied de o"325 pour y retrouver toutes les valeurs portées sur l'axe de la tour A B, qui coïncide avec la perpendiculaire de la courtine M N.
2 X 0,325 = o,65o = OK
4 X 0,325 = i,3oo = M O 5X0,325 = 1,625 = N B
6 X 0,325 = 1,950 = KM = KN